Le baiser du banni

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Challenge Thriller de Liliba

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le baiser du banniLe baiser du banni
Cristina Rodriguez

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Résumé de l’éditeur :

« Dalach Cuevas Matamoros, alias « la murena » est un phénomène… Non content d’être un pur hermaphrodite, il est héritier d’une anomalie génétique qui lui permet de contrôler à loisir son émission de phéromones et d’en sélectionner le type (mâle ou femelle). Ce don de séduction fait de « la Murena » un redoutable négociateur souvent mis à contribution par de puissants industriels lorsqu’il s’agit d’influencer un acheteur potentiel. Alors qu’il/elle s’apprête à se rendre à un rendez-vous d’affaires, Dalach découvre à la télévision les images des restes fossilisés d’un humain paré d’une paire d’ailes datant de plusieurs millions d’années. La nouvelle paraît absolument incroyable et pourrait bouleverser l’ordre du monde ainsi que la vie trop paisible de Dalach. »

Quatrième de couverture :

« Dalach Matamoros, hermaphrodite aux grands yeux violets, est à Washington pour un rendez-vous d’affaires quand la nouvelle tombe sur tous les écrans : des « anges fossiles » ont été découverts en Chine ! Pour les Matamoros et les Di Dante, deux clans qui s’affrontent depuis la nuit des temps, la guerre céleste est ouverte… Et Dalach se retrouve confrontée de plein fouet à l’histoire de sa famille en même temps qu’à un combat sans merci pour la résurrection des archanges. Un attentat sanglant à Washington, un faux rabbin à Jérusalem, un manoir ancestral au cœur d’une réserve naturelle de Leon en Espagne, un navire transportant des « antiquités » en provenance de Chine et sur lequel se succèdent d’étranges accidents mortels, la mythique Bible Noire que recèle le Vatican : autant de mystères auxquels Dalach et les siens sont confrontés. Une intrigue sulfureuse sur fond de guerre de religion ultime, des rebondissements en cascade à couper le souffle, une écriture maîtrisée, Le Baiser du banni va vous entraîner très loin, du côté des anges bannis… »
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Pas de résumé personnel pour ce roman. L’histoire que je viens de terminer est trop complexe pour que je m’amuse à balbutier quelques mots.
J’ai découvert l’auteur avec son enquêteur Kaeso, chef de la garde prétorienne sous l’empire de Tibère. Alors que je me renseignais sur une hypothétique suite (qui tarde trop… message subliminal à Cristina), j’ai eu le plaisir de voir qu’elle avait écrit un thriller, édité en octobre 2012.
Aussitôt commandé, reçu, lu dans un après-midi.

Je ferme le livre, le souffle un peu oppressé, avec une sensation mitigée qui me dérange, car j’ai apprécié ma lecture. Je ne cataloguerai pas ce livre de thriller. Je n’ai pas ressenti un frisson d’horreur, j’étais seulement speedée par le rythme haletant de la deuxième partie du roman, le suspense de l’histoire, et légèrement « dégoûtée » par certaines scènes bien détaillées (pour les lecteurs : Marina, le cuistot du cargo et le père Santiago).
L’auteur a une plume alerte et son imagination est fertile ! Elle tisse l’intrigue sur l’histoire des origines que nous livre la Genèse, mettant en scène les archanges Lucifer, Michaël et la rébellion des anges
contée par le livre d’Hénoch. Une trame très intéressante, intelligente, prolixe, ébouriffante dans l’action, avec une dose d’humour et de sarcasmes, irrévérencieuse envers le Vatican (plus précisément le pape), surprenante avec Dalach (le fait qu’elle soit hermaphrodite ajoute à l’histoire, une originalité. Je l’imaginais plus femme que homme), ce livre se lit sans ennui même si on se perd un peu dans les noms des personnages qui foisonnent. Autres que les clans des Matamoros et des Di Dante qui s’opposent et se défient depuis des lustres, beaucoup de personnages interviennent, chacun dans leur quête, leur ordre, leur mystère, leur avidité, leur croyance. Ainsi notre lecture nous emmène en Espagne, en Italie, en Israël, dans les airs, sur les mers… et ce désordre, qui apporte une dynamique au roman, peut entraîner une certaine confusion au début.
J’aurais souhaité ressentir un peu plus de sympathie pour Dalach et Angel, les deux personnages principaux de l’histoire. Leurs sentiments sont discrets et trop sages pour leurs tempéraments pétulants.
L’épilogue du livre nous laisse supposer une suite… je la lirai avec plaisir.
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Des billets chez Lilly,
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archangeraphael 1

L’Archange Raphaël du peintre Hossein Naqqâsh

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Le sang des anges, Le souffle de l’archange, Tomes 1 et 2 – Chasseuse de vampire

le-sang-des-angesChasseuse de vampires 2Chasseuse de vampires

Le sang des anges
Tome 1

Le souffle de l’archange
Tome 2

Nalini Singh

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New-York,

Les Archanges et les anges règnent et se sont attribués des parcelles de territoires. Ils sont les géniteurs des vampires qui sont sous leur autorité, esclaves de leurs maîtres. Ce petit monde cohabite avec les humains, les mortels. Une guilde de chasseurs, des traqueurs, sous le commandement d’une femme, Sara, officie en tant que représentants de l’ordre. Une des meilleurs s’appelle Elena Devereaux. En plus de ses compétences de guerrière, elle a un don. Elle sent l’essence des vampires. Cette caractéristique la différencie de ses collègues et établit sa réputation.

Chasseuse très sollicitée, Elena est demandée par Raphael, l’un des dix Archanges les plus puissants, à la renommée inquiétante et parfois cruelle.
De son appartement, Elena voit leur tour. Du donjon qui se perd dans les cieux, les êtres ailés partent et arrivent dans une luminescence et une chorégraphie parfaite.
Quand elle prend connaissance du message, une sommation, Elena a une première réaction de panique (Hi-hi-hi, elle vomit).

Sur le toit terrasse de la tour, Raphel lui confie la traque d’un être influent qui a rompu tous les principes et trahi les fondements de leur dogme. Pour le compte du Cadre des Dix, Elena va devoir pourchasser Uram, un Archange déchu, qui est possédé par le vice, le sadisme et une force, une folie, diabolique. Il boit le sang de ses victimes, les torture et prélève leurs coeurs pour les offrir à son ancienne amante Michaela.

On ne peut accuser Elena de couardise car elle est très téméraire et hardie, mais lorsque Raphael lui intime l’ordre d’accomplir cette mission, elle s’autorise une réponse négative, déclenchant la fureur de l’Archange. Cette provocation excite Raphael dans une hostilité violente mais aussi dans une attirance charnelle irrésistible.

Après une persuasion sans sophistication, Elena se met en quête d’Uram en se faisant aider par le Clan des sept. Ce groupe est composé de vampires et d’anges dominants prêts au sacrifice de leur vie pour Raphael.

Tome 2 :

Un an s’est écoulé depuis le dénouement explosif du premier tome. Raphael et Elena sont en mauvaise posture. L’Archange Lijuan, la plus ancienne des dix, se rapproche du mystère de la mort… terrorisant l’ordre établit.
Je ne vous en dirai pas plus de peur de vous dévoiler des surprises…

Suite au billet de Cécile, j’ai voulu me plonger dans le monde fantastique des anges et vampires. Je garderai de ces deux lectures un petit plaisir sympathique, métissé de langueur. Les livres totalisent 925 pages, alternant l’action baston, à l’action passion, à l’ennui le plus total. Cécile prévient de la crudité du langage et, en effet, je trouve cette singularité importune.
Elena est un personnage ambigu. Elle se montre invincible, mais ayant subit un traumatisme dans son enfance, elle recherche la solitude et a quelquefois des réactions autodestructrices. Elle est une fille forte et fragile toujours dans une espérance qu’elle se dissimule, l’espoir de retrouver son père, un homme d’affaire froid, distant et haineux. Méfiante à l’égard de la gent masculine, elle devient agressive et condescendante.
Raphael est d’une nature dangereuse, très beau, ardent, il a des pouvoirs puissants. Dans sa relation avec Elena, il se montre possessif, très viril et… vigoureux. Toutefois, il peut aussi se révéler délicat et prévenant.
Autre que ce couple, il y a les sept. Sulfureux, sarcastiques, séducteurs, audacieux et fidèles, ils sont des anges et des vampires. Dans ces deux histoires, ils sont les gardiens attentifs et dévoués de Raphael et s’attachent à Elena au fil des pages. Une complicité les lie à eux, plus forte que le devoir ou la servitude.
Pour conclure, ce fut une lecture agréable qui, cependant, n’a pas l’envergure des « Fièvre », l’ardeur des « Anita Blake » ou le piment des « Chasseuse de la nuit ». Je ne sais pas si je continuerai, sauf si on me dit que les tomes prochains raconteront l’histoire de Dmitri, d’Illium, ou de Venin.

Des billets chez Cécile, SilverLining,

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archangeraphael Peinture de Sassoferrato – Saint-Raphael
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La couleur de l’archange


moore3La couleur de l’Archange
Tome 1
Viviane Moore
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« Ils étaient quatre, quatre garçons armés d’arc et de flèches, qui montaient à cru de vigoureux petits chevaux bretons à la crinière blonde… Ils n’éprouvaient aucune appréhension, nul mauvais pressentiment et ils auraient bien ri, si on leur avait annoncé que trois d’entre eux allaient bientôt mourir. »

L’an 1133, en pays d’Armor, Galeran de Lesnevin, fils cadet d’un seigneur désargenté, chevauche avec ses compagnons, Haimon de Mordreuc, Jakez et Alan, dans les marécages de l’Aber Wrac’h. L’apologue de cette balade mettra fin à leur désinvolture juvénile. Un vieux sanglier charge Jakez et le tue en le fouaillant.

Au château de Lesnevin, l’existence est fastidieuse et soporifique. Galeran n’est pas encore « compos sui », il n’a pas l’envergure d’un chevalier, et sa mère, lui interdisant de tournoyer, l’astreint à l’étude avec son oncle, Frère Benoît. Las de contenir son impétuosité et voulant déchaîner ses ardeurs, Galeran prie ses amis Haimon et Alan d’aller avec lui vers la rivière d’Izel-Guez. Ce cours d’eau, riche d’un gisement de « mulettes », perles baroques, est disputé depuis des lustres par sa famille et les Lochrist, voisins de leurs terres. En arrivant au poste du guet, ils découvrent alors, que le garde a été agressé et que des marauds pillent le lit de la rivière. Galeran et Haimon font prisonnier leur chef et Alan s’élance à la poursuite des fuyards. Hélas, ils ne l’apprendront que plus tard, ce simulacre de vol n’était qu’un traquenard ourdi par le Borgne Lochrist qui les prend en chasse et les traque avec acharnement, jusqu’à la mort.

« Amour a gouverné mon sens ; Si faute y a, Dieu me pardonne ;
Si j’ai bien fait, plus ne m’en sens. Cela ne me toult ni me donne.
Car au trépas de la très bonne tout mon bienfait se trépassa.
La mort m’assit illec la borne qu’oncques puis mon cœur ne passa. »
Alain Chartier, La Belle Dame sans merci, XIVème siècle

Qu’ils sont loin les rêves sur Artus et Lancelot ! Galeran, le bagarreur, le coléreux, l’exalté, l’utopiste, est brisé. Fuyant sa maison, se sentant responsable de la mort de ses amis, il s’enfouit dans une macabre léthargie. Il n’y a pas de pardon à son irresponsabilité.
Que les pies, les mouettes et les corbeaux viennent le crever.

Galeran se trouve alors face à un chevalier, comme sortit d’un songe, qui lui propose de le prendre comme écuyer. Il est son rédempteur.
Tous deux partent vers la Normandie, pour une destination distincte… « une abbaye plantée dans la mer », le Mont-Saint-Michel.
Le chevalier a été mandaté par Bernard du Bec, le père abbé, pour élucider des morts suspectes et comprendre l’antagonisme qui règne entre les villageois du Mont et l’abbaye. Assisté de Galeran, ils confondront les criminels, cloîtrés entre ces murs humides, austères, sombres et silencieux, aux rythmes des matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies.
« Ici, cause que c’est une île, on a pas de léproserie mais j’en ai vu des lépreux, à Avranches. Au début, ils s’aperçoivent de rien, et puis la graisse jaune vient. Le mal s’étend, les chairs gonflent, les os pourrissent et tombent en lambeaux… Le mauvais abbé est parti, mais la lèpre, elle est toujours là. C’est rien qu’un moignon qu’est tombé, mais le mal, il est dans tout le corps. »
Empoisonnements, strangulations, pendaisons, défenestrations, viols, culte impie, la marée laisse des sédiments que les sables n’engloutiront jamais.

« Felix qui potuit rerum cognoscere causas !
Heureux celui qui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses ! »

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Galeran dans cet épisode doit avoir dix-huit ans. Au début de l’histoire il est fougueux et plein de morgue. Le chevalier qui le prend en charge va lui apprendre la pondération, le flegme, l’imperturbabilité, la noblesse, la réflexion, la patience et le revaloriser en lui donnant sa confiance. Son mentor lui apportera le salut et le sacrera chevalier. J’ai aimé ce premier livre qui relate la naissance du preux défenseur Galeran de Lesneven. Nous avons un aperçu de l’histoire de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de Notre-Dame-Sous-Terre. Dans les premières pages, une carte illustre le lieu au XIIème siècle, avec des endroits comme le cloître, le scriptorium, l’aumônerie, les granges, le charnier, l’ossuaire des moines… et dans les dernières pages, un lexique avec tous les mots aux consonances médiévales… autant de noms qui nous envoient au moyen-âge et qui nous font imager cette île.
Avec le livre « Fauve », je vous conterai la suite prochainement…

« Les vents ont soufflé et se sont déchaînés et elle n’a pas croulé, car elle avait été fondée sur le roc. » Mathieu
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montsa10
Enluminures – Le Mont Saint-Michel. Les Très riches heures du duc de Berry. XIVe.
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Un auteur et ses mots, 17

 

« Plein d’ardeur et de joie, on marche… on prend comme elles viennent la bonne et la mauvaise fortune, les plaies et les bosses… Oui, l’on marche et le temps marche aussi – jusqu’au jour où l’on découvre devant soi une ligne d’ombre qui vous avertit qu’il va falloir laisser derrière soi la contrée de sa prime jeunesse… »

 

La couleur de l’Archange
Viviane Moore

 

Peinture murale,August Spiess
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