Il n’y a pas d’autruches dans les contes de fées

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« Je lis aussi des albums » d’Hérisson
« Animaux du monde » de Sharon

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Document 1Il n’y a pas d’autruches dans les contes de fées
Texte et illustrations de Gilles Bachelet

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Après Le Chat, il a fallu que je fasse un pas de plus dans l’univers de Gilles Bachelet. Cette autruche un peu bêta était irrésistible…
Il paraît que les contes de fées ont oublié de lui distribuer un rôle ! L’auteur, l’homme aux tatouages, lui rend donc hommage dans cet album en lui offrant les honneurs de plusieurs contes. Enfin… « honneur » est un bien grand mot !
Parce que… si Perrault, Andersen, les frères Grimm, Madame Leprince de Beaumont, et d’autres ne l’ont pas incluse, c’est peut-être qu’elle n’assurait pas trop au casting… mignonne mais… il y a un truc qui ne le fait pas ! Le ridicule ?
Ainsi, nous la découvrons coiffée d’un bonnet rouge avec un petit panier bien garni, dans un costume qui la laisse légèrement empruntée. La page suivante, elle essaie de vendre des allumettes et son air est complétement désorienté. Lorsqu’elle se la joue Princesse au Bois Dormant, c’est désopilant ! elle « ronfle et a les pieds qui dépassent du lit ».
La suite nous la présente maladroite, innocente et absurde. Pauvre autruche !
Mais, comme dans tous les contes, presque tous, il y a une fin heureuse à l’histoire. Finalement, l’auteur n’est pas si méchant avec elle, il lui voue une belle tendresse.
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Je vous conseille cet album. Notez chers amis lecteurs ! Gilles champiBachelet a du talent et un humour implacable. Vous découvrirez son obsession pour les champignons et un clin d’œil fait au Chat, accompagné de sa carotte doudou.
Je vais bientôt recevoir « Champignon Bonaparte »… Alors à suivre !

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Quand mon chat était petit

Logo-Sharonlogo album1Des albums chez Hérissons

« Animaux du monde » avec Sharon

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Des nouvelles de mon chat, tome 3

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quand mon chat était petitQuand mon chat était petit
Tome 2
Gilles Bachelet

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Cet éléphant est un chat. Ce chat est un éléphant.

Regardez le dessin en couverture du livre. Vous voyez le chat avec des yeux hallucinés ? Ben, c’est lui…
Gilles, l’auteur, a décidé d’adopter un chat. De la portée aux quatre chatons, c’est celui-ci qui a été choisi. Pourquoi ? Certainement parce qu’il se distinguait !
Nous le découvrons en bébé maladroit dans l’appartement de Gilles, à faire ses bêtises et à se prendre d’affection pour sa carotte doudou. Elle couine, ça lui plaît, il en est gaga.
Mais avant la carotte, il y avait un petit éléphant mauve à qui il a fait subir quelques avanies… et là, notre Chat a su se montrer très ingénieux.
Gilles partage ces heureuses pitreries…

Deuxième tome, cet épisode est tout aussi génial que les autres, tendre et complètement azimuté. On aime le Chat pour sa silhouette, sa palette d’expressions, son pauvre « intellect », ses troubles du comportement, sa naïveté… il est chou !

Je vous recommande tous les albums de Gilles Bachelet, son humour fait un bien fou !

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D’autres billets chez Somaja, Sharon,
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Des nouvelles de mon chat

logo stvalentinlogo album1Logo-Sharon« Je lis aussi des albums » chez Hérisson
« Animaux du monde » avec Sharon
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Une semaine Saint-Valentin

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gilles-bacheletDes nouvelles de mon chat
Texte et illustrations de Gilles Blachelet

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Gilles et son « chat » ont déménagé. Forcé de trouver une habitation bien plus grande, en harmonie avec la taille de son chat, il a trouvé une belle maison avec un jardin. Nouvel espace de jeux et d’expérimentations, le chat s’exprime en toute quiétude et fait une rencontre… une fiancée… une belle chatte tigrée, câline et espiègle.
Inséparables, tous les deux vont découvrir la vie en commun ; lui, elle, la carotte doudou. Et comme à son habitude, Gilles va puiser dans ce spectacle, des inspirations… surprenantes, hilarantes, folles.
Anecdote marquante, le chat devient intelligent !

Ah ! vous l’ai-je dit que le chat est en fait un éléphant ? C’est toute une histoire, mais il faudrait raconter les premiers épisodes… Je vous en parlerai un autre jour.

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img518La première fois que j’ai vu le chat de Gilles c’est sur le blog de mon amie Somaja. Un matou dans le corps d’un éléphant ou un éléphant qui se prend pour un félin, c’était bien irrésistible ! J’étais attendrie et très amusée. Mes chats n’ont jamais eu ce comportement pataud, ils étaient de fins équilibristes, malins et très intellectuels (ils ne lisaient pas mais presque…).
Toujours  accompagné de sa carotte doudou, le chat, en toute candeur, continue ses pitreries… il faut le voir jouer à cache-cache !… et enfin, il n’est plus seul. Gilles les saisit dans les instants les plus drôles, surréalistes, comme les plus tendres. Leurs expressions font rire. Le chat a toujours un regard soit émerveillé, soit complètement ahuri. Du pur bonheur !
Gilles Blachelet ne peint pas qu’un chat dans le corps d’un éléphant, il dessine la poésie.

Je vous recommande les trois albums, ils rendent heureux.

Autre album de l’artiste sur ce blog : Madame le Lapin Blanc

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Des billets chez Somaja, Sharon, Alice, Elela,

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Rouge Bala

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Une semaine d’illustrations du 26 janvier au 01 février

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rougebalaRouge Bala
Texte de Cécile Roumiguière
Illustrations de Justine Brax

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Bala est une petite fille qui s’ennuie de sa sœur aînée. Elle était heureuse lorsqu’ils étaient ensemble et qu’ils se retrouvaient près de la rivière pour jouer. Son frère Tarum bâtissait des palais de sable et Lali lui contait des histoires.

A présent Lali est mariée et Bala se rappelle de ce jour, un mercredi en l’honneur de Krishna. Une belle cérémonie, des danses, de la musique, un sari dans les meilleures étoffes, des mets raffinés avec des épices rares et des sirops de fruits à volonté, la fierté des parents, le voile de Lali, la pastille rouge sur son front… la soumission de Lali.
Mais Bala trouve juste qu’à treize ans, ça fait un peu jeune…

La mousson est finie, l’hiver se fait sentir. La rivière est triste. Alors que Bala se languit, elle voit une embarcation border la rive avec une jeune femme à son bord qui lui demande où elle est. Elle n’est pas là par hasard, elle voudrait rejoindre la ville la plus proche. Bala, surprise, s’interroge. Que fait cette femme, seule ici ? A la question muette de la petite fille, la jeune femme lui raconte… Elle fuit. Épouse d’un homme riche, mariée à l’âge qu’on marie les filles, elle a souffert de ne pas pouvoir donner un enfant à son mari. « Ventre vide », elle a été humiliée, battue et plus encore. Aujourd’hui, elle aspire à la liberté et à l’éducation qu’elle n’a jamais reçue.

Petite, et déjà consciente des choses de la vie, Bala sait ce qu’elle voudrait faire plus tard, et surtout, elle sait ce qu’elle ne voudrait pas faire… Si son père le permet, elle poursuivra ses études et retardera le plus possible son mariage. Il sera difficile de le convaincre et de contrer les traditions, mais elle essaiera… de toute sa persuasion… et peut-être que sa mère l’aidera…
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L’Inde dans toutes ses couleurs, l’Inde dans ses mœurs. Par l’histoire de Bala, de Lali, de cette femme mystérieuse portée par la rivière, d’Ashna… l’auteur raconte que là-bas les petites filles arrêtent de jouer et d’étudier
pour se marier. Dès onze-douze ans, la famille recherche le prétendant et à treize ans, le mariage se célèbre. Les filles doivent se soumettre à la décision et taire leurs rêves. Les histoires de princes charmants n’ont qu’un temps.
Bala a le courage d’affirmer ses choix et, avec tout le respect, d’en parler à son père. Amenés sur le ton de la sollicitation, plus que sur celui de la rébellion, Bala sait se montrer fine et convaincante. Elle a une fierté et une constance qui vont lui procurer un sursis.
L’album offre pour ce sujet délicat et impitoyable, de la dignité et de la douceur. Il s’adresse aux jeunes enfants. Les mots ne cachent pas l’intensité du message, ils disent que des femmes sont maltraitées, mortifiées corps et âme, mais ils sont dits sans trémolos. La colère est retenue et le bel épilogue montre que rien n’est inéluctable.
Les superbes illustrations ont des couleurs chaudes, vives, puissantes. Des patchworks de tissus sont appliqués sur les plantes, les maisons, la rivière. Il sont des étendards et attirent le regard. C’est un très bel album pour les enfants et les parents pourront accompagner cette lecture de quelques réflexions aussi légères et optimistes qu’est l’histoire de Bala.

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Des billets chez Martine,

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L’hiver de la famille Souris et La famille Souris prépare le nouvel an

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« Animaux du monde » de Sharon
« Je lis des albums » d’Hérisson

Une semaine d’illustrations, du 26 janvier au 01 février

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La famille Souris prépare le nouvel anl'hiver de la famille souris

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Kazuo Iwamura

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La famille Souris prépare le jour de l’an

Il fait très froid, il est encore tôt, le soleil tarde ! Alors que la famille Souris a bien du mal à se lever, grand-papa et papa Souris sont déjà dehors à travailler. Dans la maison, le reste de la famille prépare le riz pour les gâteaux du nouvel an. Cette recette demande l’assistance de tout le monde car elle semble bien difficile…
Du riz cuit, de la farine, un mortier… taper, taper fort pour que le riz ne colle pas… confectionner des boules de pâtes, ajouter du sucre et des noix… c’est prêt ! et c’est délicieux.
Il a fallu toute une journée pour les préparatifs du réveillon et dehors, il fait déjà nuit, la neige tombe et commence à tout recouvrir. C’est l’hiver, la famille Souris est heureuse dans leur petite maison….

L’hiver de la famille Souris

… C’est l’hiver, la saison qui rapproche le plus la famille. Quatorze souris, parents, grands-parents et enfants, sont bien à l’abri dans leur maison, nichée dans le creux d’un arbre. Chacun s’active à rendre les journées agréables et à préparer les joies de l’hiver. Dehors, c’est tout blanc. Grand-papa aidé de ses petits-enfant bricole des skis dans des bambous pour les luges, le papa assisté du reste de la fratrie élabore un jeu de société, et en cuisine, cuisinières expérimentées et marmitons en culottes courtes préparent des gâteaux pour le goûter… des petits chaussons aux fraises. Il fait chaud, ça sent bon, ils vont tous se régaler.
Dehors, il y a la neige, du soleil, il faut en profiter ! et les voilà tous emmitouflés, prêts à essayer les luges de grand-papa…
C’est quand même super chouette, l’hiver !

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En fouillant les bacs de mon libraire, j’ai découvert la famille Souris (elle m’attendait). Attirée par les couvertures, j’ai commencé à les feuilleter et j’ai craqué !
Kazuo Iwamura est un auteur qui illustre ses histoires. Japonais, on retrouve dans quelques détails du graphisme une inspiration nippone.
Plus d’une vingtaine d’années séparent ces deux livrets (le premier est sorti en 2008 et le second en 1986), et c’est comme s’ils étaient liés dans un même album. Beaucoup de délicatesse, des rondeurs, de la générosité, du bonheur simple, pour les rêves des enfants. Les histoires sont courtes, faciles à lire, faciles à raconter, les illustrations évoquent des tableaux familiers, doux, et rassurants.
Je laisse la famille Souris pour l’hiver et je les retrouverai pour le printemps, saison des piques-niques et de l’éveil de la nature…

D’autres billets chez Lou,

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L’Arche de Noé

logo illustrations« Animaux du monde » de Sharon
« Je lis des albums » d’Hérisson

Une semaine d’illustrations, du 26 au 31 janvier

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l'arche de noéL’Arche de Noé
Selon le livre de la Genèse
Peintures de Gennadij Spirin

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La légende du Déluge est contée partout dans le monde. Histoire de la Genèse dans l’Ancien Testament, du Coran, de la Torah, mythologie grecque, de la Chine, de la Mésopotamie, d’Australie, d’Amérique… différentes civilisations ont raconté le récit. 

Il était une fois… un homme juste et bon qui s’appelait Noé. Il avait des garçons, Sem, Cham et Japhet, tous les trois mariés. Un jour Dieu lui avoua son projet. Fâché de voir autant de violence sur la Terre, il voulait tout défaire pour rebâtir un autre monde. Il conseilla alors à Noé de construire une arche en bois avec deux étages pour pouvoir accueillir des animaux, « un mâle et une femelle de chaque espèce, oiseaux, bétail et reptiles, afin de les garder en vie ». Noé pouvait emmener sa famille, sa femme, ses fils et ses brus…

Le jour du Déluge, Noé était prêt. Des pluies torrentielles s’abattirent « pendant quarante jours et quarante nuits sans discontinuer ». Les plus hautes montagnes furent submergées et les eaux recouvrirent la Terre cinquante jours…

C’est sur le mont Ararat que l’Arche s’échoua et il fallut attendre encore des mois pour que Noé soit averti par une colombe que les eaux avaient baissé. Elle avait dans son bec un rameau d’olivier…
.L'arche de Noé 2
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Je ne m’étendrais pas sur l’histoire « L’Arche d
e Noé » qui ne peut générer auprès des enfants qu’une émotion d’angoisse. J’ai pris cet album pour compléter ma collection de Gennadij Spirin. Illustrateur talentueux (Russe, né en 1948), diplômé de l’académie Stroganov des beaux-arts de Moscou, il a reçu de nombreuses récompenses sur l’ensemble de ses œuvres. A travers ses tableaux, il a représenté quelques histoires écrites par des grands noms de la littérature russe (Tchekhov, Gogol, Pouchkine, Tolstoï…), des contes traditionnels et cet épisode biblique.
Ses dessins sont superbes, riches en détails, riches en couleurs, ils rappellent les enluminures moyenâgeuses et les icônes byzantines. Il utilise différentes techniques comme les aquarelles, le crayon et la tempera.

Très beau livre, les animaux prennent vie… je vous le conseille !

 

L'arche de Noé 1

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Nom d’une poule, on a volé le soleil !

logo illustrations« Animaux du monde » de Sharon
« Je lis des albums » d’Hérisson
Une semaine d’illustrations, du 26 au 31 janvier

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nom d'une poule on a volé le soleilNom d’une poule, on a volé le soleil !
Texte de Christian Jolibois
Illustrations de Christian Heinrich

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Carmen et Carmelito sont fiers de leur père Pitikok qui tous les matins demande au soleil de se lever. Au chant « Cocoricooo ! », l’astre apparaît. Mais un jour… malgré les encouragements de ses enfants, Pitilok n’arrive pas à le faire poindre.
L’heure est grave. Une dissidence pointe son nez dans le poulailler et fomente un coup d’état. Les petits coqs se voient déjà au pouvoir !

Nom d'une poule on a volé le soleil 1Il est temps pour Carmen et Carmelito de sauver leur père et de partir en quête du soleil. Pour cela, ils seront aidés de Bélino, le bélier, et de Colbert, le canard. Dirigés par les « cherches-soleil », leur route les mènera dans l’atelier des frères Montgolfier où est entreposé l’un des plus beaux soleils…

« Les P’tites Poules » est une série qui compte une douzaine d’histoires racontant la vie d’un poulailler.
Pour cet épisode, Carmen et Carmelito viennent en aide à leur père. La situation est attendrissante car Pitikok, malgré toute sa bonne volonté, ne peut assurer son travail. Il en est tout dépité et blessé. C’est un plaisir suprême de voir la fierté de ses enfants et d’être leur héros.

Des illustrations expressives, gaies, des personnages candides, une histoire belle, émouvante, amusante, je ne manquerai pas de m’intéresser aux autres livrets et essaierai de les lire dans leur chronologie ; le premier titre étant « La petite poule qui voulait voir la mer »… poétique !

 

Important, sachez traduire « cocorico ! » en toutes les langues…
– anglais : Cook-a-doodle !
– espagnol : Quiquiriki !
– russe : Kou-ka-ré-kou !
– chinois : Wou wou !
– japonais : Kou kou kou kou !
– allemand Kikeriki !
– italien : Chichirichi !
– irlandais : Cuc-a-dudal-du !

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Nom d'une poule on a volé le soleil 2

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L’étrange cabaret des fées désenchantées

Logo_BabelioMnemos_logo_NBUn livre offert dans le cadre des MC de Babelio
avec la participation des Editions Mnémos

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l'étrange cabaret des fées désenchantéesL’étrange cabaret des fées désenchantées
Textes et illustrations d’Hélène Larbaigt

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Ce superbe livre dense, précieux, aux illustrations fines, riches, étranges, parfois effrayantes, se découvre par petites lectures, car il y a des histoires dans une. La profusion des écrits et des dessins d’Hélène Larbaigt absorbent le lecteur et le mènent dans un monde fantastique. En douceur, il dévoile les secrets des fées, des créatures que de tout temps les hommes ont chassées, ont aimées, ont tuées. Elles étaient ogresses, sorcières, démones, spectres, sirènes… De 1884 à 1984, il a fallu un siècle pour collecter les informations sur leurs identités, leurs histoires. On peut penser qu’elles sont inaccessibles, et pourtant elles s’offrent généreusement avec des sourires… mais attention au venin, rien n’est gratuit, elles ont trop souffert. Belles, elles le sont, dangereuses, aussi. Drapées dans de luxueux atours, érotiques, gothiques, steampunk, certainement parfumées aux essences capiteuses de tubéreuses, musquées, animales, poudrées d’étoiles et de poussières de fleurs, elles paradent pour Morte Vanité, la blonde fée qui sent la violette et qui a des bottines ensorcelées. La connaissez-vous ?

« Morte Vanité, la Fée des Vanités, fée fatidique, gardienne de l’autre monde… d’origine du pays de Galles en Angleterre. Née au XVIIème siècle dans le monde des hommes, au VIIIème siècle dans l’autre monde. Fondatrice de l’Étrange Cabaret à l’automne 1884… »
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.morte_vaniteMorte Vanité

.Le livre est comme une scène dont les décors seraient XIXème. Donnez votre ticket d’entrée à Guinevra Applewood, fille de fée… Choisissez bien votre loge, votre décor ; manoir, vieux théâtre, petite boutique d’un souk égyptien… le cabaret est un cirque qui voyage dans les endroits les plus insolites. Commandez votre repas, votre philtre, un menu vous est proposé, ripaillez de magie et trinquez avec elles ! Des tentures pourpres, velours, soies, taffetas, des boiseries précieuses, des lumières tamisées, des senteurs de fleurs fanées, des ombres pour mieux se perdre et des rires de crécelles, des rires sans joie, des rires de mélancolie qui accompagnent la musique.
Les temps ont changé mais l’âme humaine est toujours la même. Elle est avide des choses qu’elle ne peut avoir, les légendes le racontent, ainsi que ce catalogue d’histoires qui commence par Morte Vanité. Le recensement se poursuit avec toutes les autres créatures déchues qui hantent et qui désespèrent de ne plus savoir où aller. Elles  viennent de tous les pays. Elles habitaient les bois, les lacs, les mers, les îles, les neiges, les monts, les campagnes, les villes. Elles sont vaniteuses, mortelles, naufrageuses, gorgones, fille de fée, prêtresse vaudou, dame blanche, veuve noire… elles sont tout cela et encore plus, tous nos rêves et nos cauchemars. Elles offrent à la demande les réjouissances toujours éphémères, et le tribut à payer est grave, souvent mortel. Elles sont conteuses… Il é
tait une fois Londres 1884, Prague 1909, Dartmoor 1488, Bulgarie 1926… New-York 1983, il était une fois, bien plus ancien encore, le temps des fées et des déesses.
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Retenez bien leurs légendes, leurs mythes antiques, sinon elles risquent de dépérir. Apprenez à les connaître, les apprivoiser, tout en retenant que pour certaines, leurs malheurs ont fait les nôtres. Comprenez ce cabaret, l’œuvre, sa structure, son espérance de vie. Appréciez le spectacle des illusions entre ces pages, partagez leur triste liesse des gloires anciennes, faites durer l’enchantement. Leur sécurité est aussi leur réclusion. Elles aspirent à la liberté. Rentrez dans leurs petits secrets, observez les coulisses. Comme je vous le disais au début de cette présentation, les histoires personnelles se mêlent à celles du cabaret. L’osmose est hasardeuse, on découvre dans les confidences les jalousies, les rivalités, des amitiés hésitantes, l’amour entre un dieu, Cham l’homme-lion, et une fée déesse, Bast la féline.

Je vous invite au music-hall ! Je vous invite à lire la poésie de L’étrange cabaret des fées désenchantées et à percer leurs mystères.

Morte Vanité, Lussi la Blanche-Dormante, Rosie la Veuve Noire, Ona Oknata, Baba Yaga, Bast Myeaou Mehenyt, Greta Lebkuchen, Moira d’Arkaig, Les soeurs du Tarot, Guinevra Applewood, Circé, Baronne Samedi.

(Ce livre n’est pas pour les jeunes enfants)


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Kachtanka, un conte russe

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« Animaux du monde » de Sharon, « Des contes à rendre » de Coccinelle, « Il était une fois… » de Bianca et « Il était deux fois Noël » avec Chicky Poo, Samarian et Petit Spéculoos

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kachtankaKachtanka
Un conte russe
Une histoire d’Anton Tchekhov
Des illustrations de Gennadij Spirin

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Dans le froid et la neige de l’hiver, après son travail, le menuisier Louka Alexandritch a besoin d’un petit remontant, et à la nuit tombée, dans son monde éthylique, il oublie qu’il n’est pas venu seul…
Boule de poils, roux comme un renard, saisie par le froid, apeurée par une fanfare et son régiment militaire, sa petite chienne Kachtanka fait un écart et se retrouve perdue sur les trottoirs enneigés. Abandonnée dans les rues, craintive, elle se blottit contre une porte. Cette entrée est celle d’un homme rondouillard qui en rentrant chez lui, prend pitié de la petite forme grelotante.
Reconnaissante, Kachtanka suit l’inconnu et pénètre un intérieur bien différent de celui de la menuiserie. Alors qu’elle se repose sur un tapis confortable, elle repense à Louka et à son fils Fédotchka, celui qui aime tant l’embêter ! Finalement, elle est bien ici !
Après une belle nuit, au petit matin elle se décide à visiter ce nouvel univers. C’est en pointant le bout de sa truffe dans une pièce de l’appartement qu’elle fait la connaissance des autres hôtes de son logeur… Fiodor Tomoféitch, un chat blanc, et Ivan Ivanitch, un jars gris. Le tohubohu est tel qu’il réveille son nouveau maître.
Pour commencer la journée, celui-ci, ne connaissant pas le véritable nom de la petite chienne, la rebaptise Tiotka et lui présente ses nouveaux compagnons. Une truie fait alors son apparition, Madame Khavronia.
Kachtanka va découvrir une ambiance étrange et une animalerie prête à réaliser toutes les pirouettes qu’on lui demande ; sauter, faire la révérence, la pyramide égyptienne… une vraie école !

Sera-t-elle prête à intégrer la ménagerie savante et suivre les consignes de son nouveau propriétaire qui travaille dans un cirque ? Car dans ses rêves, Kachtanka a la nostalgie de ses anciens amis, des bruits de rabots et des odeurs de sciures.
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Cet album est à lire, à feuilleter, pour les illustrations de Gennadij Spirin.
Le conte de Tchekhov, datant de 1887, est une courte et belle histoire car on partage avec émotion l’aventure de Kachtanka, mais la fin laisse un curieux sentiment. Où veut nous mener l’auteur ? Il souligne dans le dénouement la fidélité de la petite chienne pour son ancien maître. Avec le menuisier, elle était plus libre, mais moins choyée, plus chahutée par le fils qui se conduisait comme un tyran… un gamin impétueux. Avec le cirque, la petite chienne est contrainte à un travail de performances, mais elle est câlinée, gâtée, et a été adoptée sans difficulté par toute l’équipe. Alors, pourquoi donner à son aventure l’impression d’avoir été « un long cauchemar confus »  ? J’aimerais bien connaître l’avis d’un enfant !
Côté illustrations, c’est un vrai plaisir de découvrir les dessins de Spirin. Ils sont toujours aussi beaux, expressifs, détaillés, empreints de couleurs douces, riches, chaudes, slaves.
Un album qu’on pourrait déposer au pied du sapin…

Vous découvrirez d’autres dessins de Spirin avec « La princesse Grenouille », « Philipok » et « La princesse qui ne riait jamais ».

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Hyacinthe et Rose

logo un_bouquet_des_pivoines_par_pierre_joseph_redouteIl y a des livres qui se classent dans la catégorie « Je ne suis pas facile à ranger, mais je le vaux bien ! » et ce livre en est. Il m’a été offert par Somaja qui connaît si bien mon goût pour les belles illustrations et les fleurs.

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Hyacinthe et RoseHyacinthe et Rose
Texte de François Morel
Illustrations de Martin Jarrie

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C’est l’histoire d’un petit-fils devenu grand qui porte un regard attendri et nostalgique sur ses grands-parents. Rose et Hyacinthe, beaucoup de choses les séparent, on pourrait même dire « tout », mais, en dehors de leur famille, il est un sujet qui les passionne et qui les réunit… les fleurs.

« C’est bien simple : Rose et Hyacinthe, mariés depuis quarante-cinq ans, ensemble depuis toujours, ne s’entendaient sur rien. Hyacinthe était coco, Rose était catho. Hyacinthe aimait boire, Rose aimait manger. Hyacinthe aimait la bicyclette, la pêche à la ligne, le vin rouge, la belote et les chants révolutionnaires. Rose préférait les mots croisés, le tricot, l’eau de mélisse, les dominos et les cantiques. Hyacinthe aimait traîner… à table, au lit, au bistrot, avec les copains, sur un banc, dans un champ, sur les talus, à observer les nuages… « Tu n’es qu’un Traînard », lui disait Rose qui était toujours la première debout, la première couchée, la première assise à table, la première levée de table, le repas à peine terminé déjà devant l’évier à nettoyer la vaisselle. « Madame Gonzales » l’avait surnommée Hyacinthe. En souvenir de Speedy.
Ils avaient dû s’aimer mais c’était il y a longtemps.
Il est même probable qu’ils aient pu faire l’amour. L’existence d’une descendance de douze enfants, de neuf petits-enfants le laisserait fortement supposer… »

dahliaLe narrateur, sous la plume de François Morel, se revoit enfant lorsqu’il passait des séjours à la campagne. Ses images respirent notre vécu dans ses compositions, ses odeurs, ses goûts… toutes les perceptions qui se sont incrustées dans nos mémoires et qui rappellent un jadis bien heureux sous la tutelle des aïeux. Rien n’est altéré, ça sent peut-être un peu le fané mais l’odeur est délicieuse.
L’album est composé de trente-sept portraits de fleurs qui illustrent les textes.
La marguerite rappelle un cliché qui terrorisait le petit garçon. Au moment de la photo, le taquin Hyacinthe avait caché son visage derrière un bouquet de marguerites. Ainsi le grand-père semblait avoir été décapité.
Le dahlia fait résonance avec le prêche admiratif du jeune curé qui arpente les allées du jardin en le comparant à l’éden… suivi des mots que le grand-père agacé marmonne entre ses dents… « Si c’est des fleurs gratuites qu’il espère pour son église, il peut toujours courir… ».
La tulipe, l’œillet, la rose… elles fleurissent dans le livre d’Hippolyte Langlois auteur d’un livre régulièrement consulté, « Le Nouveau Jardinier fleuriste », dans les chansons, sur les blouses de la grand-mère, sur les étagères de la cuisine dans des verres à moutarde, elles sont à l’honneur dans le concours du plus beau bouquet organisé par le cousin Jean-Pierre, dans les deuils, les joyeux moments… elles sont partout, elles sont les vacances et la mémoire de tant d’histoires… et elles se mangent aussi, au plus grand désespoir de Mamie Rose qui crie à l’hérésie  !
« Des coquelicots, des pissenlits, des fleurs de rien, des fleurs de peu… »
 Chez les grands-parents, le petit garçon apprend le langage des fleurs, leur harmonie. Il les dessine, les compose, les imagine, les admire. Le jardin est un tableau, il est aussi le lieu de toutes les philosophies.

Sept ans, quatorze ans, dix-sept ans… l’enfant grandit et les fleurs sont un berceau pour les sentiments, un ornement à l’amour, un baume aux angoisses ; penser à l’amour sous un ciel d’épines en fleur…
Et vint un été où Rose s’en est allée… et, dans la même journée, où Hyacinthe l’a accompagnée…

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Par l’intermédiaire des fleurs, des petites anecdotes retracent avec humour et tendresse la vie des grands-parents. On ne sait si c’est l’enfance de François Morel, acteur, écrivain et chroniqueur sur France Inter, ou si c’est une enfance fictive.
Hyacinthe et Rose sont des personnages aux caractères bien affirmés, peut-être un peu rigides dans leurs convictions, mais foncièrement sympathiques, attachants et bons. L’amour ? ils se le disent à leur manière et dès le début du récit nous ne sommes pas dupes de leur indifférence. Après tant de vécu, ils pensent s’affranchir chacun à leur manière, mais continuent à se séduire. La meilleure façon de le faire ? Avec les fleurs.
J’ai découvert Martin Jarrie avec un autre album qui illustre les légumes avec gourmandise : « Une cuisine grande comme un jardin ». Ici, les peintures sont toutes aussi belles et rendent du velouté aux fleurs. Il contraste ses couleurs pour donner du relief à ses sujets qui sont présentés en gros plan.
Les mots et les illustrations se mêlent à merveille !

Je vous recommande ce livre pour l’histoire et la beauté des dessins. Vous découvrirez des variétés de tulipe, marguerite, dahlia, pavot, œillet, bégonia, anémone, rose, arum, lys, fritillaires, coquelicot, tournesol, iris, narcisse, jacinthe… et des fleurs imaginaires.

Un autre billet chez Louise

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