Le crime du golf

Voyage en Angleterre organisé par Lou, Cryssilda et Titine, 8ème billet
Petit BAC d’Enna catégorie « sport »

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Le crime du golf
La 2ème enquête d’Hercule Poirot
Agatha Christie

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Dans le compartiment du train qui l’emmène à Calais, le capitaine Hastings fait la connaissance d’une jeune pécore peu distinguée, qui jure et  parle avec exubérance… « Nom de Dieu ! »… Cette jeune fille se présente ; elle a dix-sept ans, est acrobate et s’appelle Cendrillon. Hastings, après un froncement de sourcils, est vite charmé par la fraîcheur juvénile et la modernité de ses expressions. Il en gardera un souvenir souriant et déjà nostalgique, bien après leur séparation sur le quai.

Démobilisé de l’armée depuis ses blessures, il occupe la fonction de secrétaire pour un député et cohabite avec le détective Hercule Poirot, un inspecteur Belge retraité, dans un appartement londonien.
De retour de ce voyage, il retrouve un Poirot à la table du petit déjeuner, atteint de morosité, désespéré de ne plus avoir à élucider de bonnes affaires criminelles. Alors, en regardant le petit homme décacheter son courrier du jour, n’est-il pas ravi de le voir les moustaches frémissantes, un sourire satisfait, lire une lettre intéressante.
Un homme du nom de Renauld réclame les services du détective. Les termes sont pressants et augures d’un danger imminent. Résidant en France, l’homme d’affaires demande à ce que Poirot vienne le voir dans sa maison à Merlinville le plus rapidement possible et se tient prêt à le réceptionner à Calais.
Serait-il ce millionnaire Sud-Américain originaire du Canada ?
Voilà enfin une enquête qui pourrait être digne des petites cellules grises d’Hercule Poirot !
Hastings ne déballe pas ses valises et de reprend avec son ami, le chemin de la veille, en sens inverse…

A Calais, la déception est grande, voire même étrange, car personne n’est là pour les recevoir. Cela sera à la villa de la famille Renauld que l’explication se fera…
Des gendarmes cernent l’entrée de la demeure et Poirot est accueilli par l’inspecteur Bex, une ancienne connaissance.
On a découvert le cadavre poignardé de Monsieur Renauld sur le terrain de golf mitoyen à leur propriété, dans une fosse, kidnappé après que sa femme ait été sortie de son lit, attachée et bâillonnée par deux hommes masqués et perruqués.
Dès les premières questions auprès des domestiques, il en ressort que le défunt avait de fréquents rendez-vous avec des femmes différentes, chez lui, dont Madame Dubreuil, la voisine. De plus, son travail avait des filières à Santiago et on pourrait imaginer que des malfaiteurs Chiliens soient venus pour régler un différent…

Dès son arrivée, décidé à rester sur les lieux du crime, Hercule Poirot, sous le regard admiratif de Hastings, commence à collecter les indices et collabore avec la police française.
De supputations en flair de fin limier, l’histoire remonte à une affaire sordide, vieille d’une vingtaine d’années.
Qui est l’auteur de cet assassinat ? La femme, le fils, la voisine, le secrétaire, la petite-amie du fils, la deuxième petite-amie du fils ? ou le vagabond mort que l’on découvre plus tard dans l’abri jardin ? Mais alors… qui a tué cet inconnu ?
Quels sont les motifs ? Passion, vengeance, héritage, chantage, l’Amour ? Le tout ?
Hercule Poirot n’est pas le seul à enquêter. L’inspecteur Giraud de Paris mène une investigation en parallèle de celle de notre détective. Autre intelligence, autres méthodes, autres visions des choses… Sur le terrain de la compétition, Giraud prend plaisir à devancer Poirot et à le ridiculiser avec sa science. Peut-on lancer les paris sur la conclusion de l’enquête ? Certainement ! Moi, je mise sur Poirot.

Deuxième enquête du détective Hercule Poirot, assisté de son ami le capitaine Hastings, nous retrouvons avec beaucoup de plaisir ces deux personnages attachants.
Hastings prend la plume pour nous chroniquer cette enquête, en ne cachant aucunement son comportement… ses faiblesses, sa naïveté, son cœur d’artichaut et sa vénération pour Poirot. Il décrit le détective comme un « étonnant individu »
« Un mètre soixante, une tête en forme d’oeuf légèrement penchée de côté, des yeux brillant d’un éclat vert quand il est en proie à l’émotion, une moustache de style militaire et un air de parfaite dignité. D’apparence soignée, recherchée même, il éprouve pour l’ordre sous toutes ses formes une passion exclusive. Un bibelot posé de travers, le moindre grain de poussière, le plus léger désordre dans vos vêtements sont pour le cher homme une véritable torture. L' »Ordre » et la « Méthode » sont ses dieux… »
Dans ses mots, Hastings (ou Agatha) nous retrace les moindres réflexions de Poirot et il le fait avec justesse et fidélité. En le lisant, j’entends la voix élégante et légèrement précieuse du détective qui nous susurre tout doucement les évidences de l’histoire, une histoire qui se décompose entre présent et passé, faite de semblants, d’illusions, de faux sentiments et de beaucoup d’amour.
Raillé par un inspecteur de Paris, Poirot reste impassible. Il n’en est qu’au début de sa carrière de détective et sa réputation n’est due qu’à ses exploits antérieurs au sein de la police Belge. Sa silhouette et son air de dandy faussent le premier jugement et seuls ses interlocuteurs les moins obtus reconnaissent en l’homme toute son intelligence et sa finesse. Pour ma part, j’ai toujours envie de l’applaudir !
J’avais déjà lu ce livre, il y a fort longtemps, et j’avais oublié son dénouement. C’est donc avec surprise que j’ai lu la conclusion et sa morale…
« Certains des plus grands criminels que j’ai rencontrés avaient des visages d’ange, répondit Poirot avec sérénité. Une malformation des cellules grises n’est pas compatible avec des traits de madone. »

Je vous souhaite une bonne lecture et vous conseille de lire la série de façon chronologique. Les personnages principaux que nous retrouveront dans d’autres enquêtes, évoluent.
Ma prochaine lecture sera…  Le Meurtre de Roger Ackroyd.

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David Suchet

Billets chez Enna, Sharon, Alice,
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La mystérieuse affaire de Styles

Pour la première participation au challenge Agatha Christie de George, j’ai choisi la première enquête du célèbre détective Hercule Poirot.

. les quatreLa mystérieuse affaire de Styles
Agatha Christie

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Angleterre, durant la première guerre mondiale,

Le capitaine Arthur Hastings, âgé de trente ans, blessé, est rapatrié de France pour une permission. Lors de son séjour dans une maison de repos, il rencontre un vieil ami John Cavendish qui lui propose de venir passer sa convalescence dans sa résidence à Styles, dans le comté d’Essex. Hastings accepte cette invitation avec joie, car il conserve de très bons souvenirs de cette région et de la famille Cavendish, qu’il connaît depuis sa jeunesse. Avant leur arrivée à Styles Court, John dresse un portrait des personnages qui habitent désormais la demeure…

Sa mère Emily, qui est en fait sa belle-mère, soixante-dix ans, seule héritiaire-gestionnaire des biens familiaux et propriétaire de la maison Styles. Une femme autoritaire et généreuse.
Alfred Inglethorpe, le nouveau mari d’Emily et son ancien secrétaire, de vingt ans son cadet. Un homme obscur, secret, qui se cache derrière une barbe. Tous le considèrent comme opportuniste et obséquieux avec Emily. Il paraît fourbe et dissimulateur.
Lawrence Cavendish, le frère de John, ancien étudiant en médecine, un jeune homme fragile et poète qui souhaiterait se lancer dans une carrière littéraire, mais sans grand talent.
Evie Howard, la gouvernante et dame de compagnie d’Emily, est une jeune femme brave et travailleuse. « Pas particulièrement jeune ni jolie, mais un cœur d’or. » Elle a aussi un lien de parenté avec Alfred Inglethorpe, mais ne le clame pas car entre eux, l’antipathie est forte.
Et sa femme, Mary Cavendish, une belle femme au tempérament affirmé.
Hastings fera aussi la connaissance de Cynthia Murdoch, une infirmière de la Croix-Rouge, qui loge depuis près de deux ans à Styles. Fille d’une ancienne camarade de pensionnat d’Emily, elle s’est retrouvée dans la nécessité après le décès de sa mère. Emily, dans sa mansuétude, « l’a prise sous son aile ».

L’accueil fait à Hastings est chaleureux et la maison est hospitalière. Le capitaine, séduit par les deux femmes, Cynthia et Mary, est bien plus à son aise que dans la maison de santé impersonnelle et piteuse où il effectuait son rétablissement. Toutefois, il arrive à pressentir une ambiance un peu nébuleuse, voire mauvaise. Des mots mordants et rogues fusent derrière les portes. Emily paraît courroucée et se dispute avec ses beaux-fils qui sont souvent désargentés. Même Evie ne trouve pas grâce à ses yeux et sur un instant de colère, l’indispensable « femme à tout faire », fait sa valise et claque la porte, laissant à Hastings le soin de veiller sur sa patronne bien aimée. Survient un autre personnage, le docteur Bauerstein ami de Mary. Grand expert en toxicologie, il se repose au village suite à une dépression.

Dans les rues de Tadminster, le village le plus proche, Hasting croise à sa grande surprise, Hercule Poirot. Cet homme est un illustre détective qu’il avait rencontré en Belgique. Leur enthousiasme est tel qu’ils manifestent leur plaisir dans une fervente embrassade en plein milieu de la rue. « – Mon bon ami Hastings ! Mais oui, c’est bien mon bon ami Hastings ! – Poirot ! … Poirot était un homme au physique extraordinaire. Malgré son petit mètre soixante-deux, il était l’image même de la dignité. Son crâne affectait une forme ovoïde, et il tenait toujours la tête légèrement penchée de côté. Sa moustache, cirée, lui conférait un air martial. Le soin qu’il apportait à sa tenue était presque incroyable, et je suis enclin à penser qu’il aurait souffert davantage d’un grain de poussière sur ses vêtements que d’une blessure par balle… Il avait été en son temps, l’un des plus fameux inspecteurs de la police belge. Doué d’un flair prodigieux, il s’était en effet illustré en élucidant les cas les plus mystérieux de son époque. » Poirot a fui son pays à cause de la guerre et se fait héberger par Emily, avec d’autres compatriotes, dans une petite maison du village.

Le décor est planté, vient « la nuit de la tragédie ».

En pleine nuit, Hastings est réveillé par Lawrence. Dans la chambre d’Emily, un son rauque de suffocation se fait entendre et la porte de la chambre est close de l’intérieur. Tous, à présent éveillés, se rejoignent  pour défoncer la deuxième porte qui sépare la chambre d’Emily de celle de Cynthia. Emily a un malaise et est prise de convulsions. Dans un moment de lucidité, elle parvient à ânonner quelques mots rassurants pour aussitôt, dans un cri sourd, trépasser en un dernière spasme.

Poirot est appelé. C’est une mort par empoisonnement causée par la strychnine. Les méninges de Poirot vont œuvrer… Hastings prendra notes… L’inspecteur-chef Japp, aussi ! Les suspects vont défiler jusqu’à la scène finale de l’inculpation.

Ce livre est un petit plaisir. Une gourmandise que l’on savoure avec délicatesse, en s’essuyant les commissures des lèvres avec un petit carré de baptiste blanche. Dès les premières pages, nous nous attendons à la mort d’un des personnages. J’ai passé scrupuleusement les caractères des protagonistes au fil de ma « soupçonnite » aiguë. La femme, belle, qui semble infidèle, la gouvernante, vieille fille, dévouée et peu loquace, le mari, profiteur-arriviste, les fils déshérités et ruinés, un médecin un peu bizarre et une jeune femme, aimable et gentille, peut-être trop ! Jusqu’à la petite bonne. J’ai trouvé des intrigues et des indices dans chaque acte, chaque parole… la façon de verser le thé, d’aborder une conversation, de bouger un bibelot, de préparer une médecine… J’aime ce petit homme maniéré, ses mimiques, ses agacements, son humanité qu’il dissimule sous des airs suffisants. Je connaissais les enquêtes d’Hercule Poirot à travers la série télévisée, mais j’ai beaucoup aimé lire les mots d’Agatha Christie. Elle rend les scènes si vraies, que j’ai été transportée dans ce petit village de campagne désuet, dès les débuts racontés par Hastings. Pour la conclusion, mes conjectures étaient bonnes au commencement, fausses au milieu de l’enquête, et complétement azimutées à la fin. Pour l’instant, je suis une mauvaise détective, mais je vais persévérer et prendre à mon tour, des notes de mon mentor.

George, merci ! Je rempile avec « Le crime du Golf », deuxième livre avec Poirot… .

.. Billets chez Pimpi, Alice, Isabelle, Antoni,

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