La septième vague

La septième vague
Daniel Glattauer

« REP :

ATTENTION, ADRESSE MAIL MODIFIEE, LE DESTINATAIRE NE PEUT PLUS REGARDER CETTE BOITE. LES NOUVEAUX MESSAGES SERONT AUTOMATIQUEMENT EFFACES. LE MANAGER DU SYSTEME EST A VOTRE DISPOSITION POUR PLUS D’INFORMATIONS. »

Emmi Rothner lance des appels sans retour, des petites bouteilles de SOS lancées dans les flots de la messagerie de Leo Leike. Elle persiste, c’est une nécessité, une survie.
Léo est parti à Boston depuis trois semaines… depuis six mois… et des jours et des jours…
Emmi reçoit en retour de ses « bonjour » un message formaté de Monsieur le Manager du Système, c’est le seul lien qui lui est accordé.
Neuf mois et demi… Elle écrit, elle est passé devant chez lui, elle a vu de la lumière, il est peut-être revenu…

Message d’Emmi
Pas de réponse
Message d’Emmi
Pas de réponse
Message d’Emmi
Réponse de Leo : Objet : De retour de Boston
Message d’Emmi
« Tu espères que je vais au moins « deux fois aussi bien » que toi ? Malheureusement, Leo, je ne sais pas comment tu vas. Et je vais bien dix fois trop mal pour aller deux fois aussi bien. Mais cela ne doit pas te préoccuper outre mesure. »

Leurs échanges épistolaires reprennent, un peu frileux au début, puis, Leo redevient rapidement « Mon Leo » et Emmi, « Ma Emmi »… Entre malice, mélancolie, réserve, exubérance, amitié, amour, rivalité, jalousie, rancoeur, entre Bernhard, les enfants, « Pamela », entre les « Fin. », les thérapies, les « Parle-moi ! », les petits a., b., c., d., les points d’exclamation qui ponctuent l’humeur, les soirs de solitude et les bouteilles de vin rouge, les questions-réponses sur douze jours, leurs rencontres au café, le petit effleurement au creux de la main de Leo à l’intersection des lignes de vie et du coeur, le petit cadeau offert par Emmi… entre Paris, l’île de La Gomera, Boston, Hambourg, la Croatie, ils attendent la septième vague. Patiemment, il faut s’attarder et espérer cette lame qui bouleversera toutes les autres.

La suite de « Quand souffle le vent du Nord » est parfaite ! L’auteur l’a écrite comme je l’avais imaginée. Dans mes sourires, j’ai été très souvent émue. Serais-je ridicule si je vous dis que mes yeux se sont souvent embués ? Les échanges et les réparties sont délicieux… les brefs, les longs, les déclarations, les silences, les injonctions, les supplications…
Un coup de coeur (pour le livre et pour Leo !!!). Je vous conseille vivement la lecture de ces deux livres.

« REP :
Voici ma réponse, chère Emmi, Pamela et moi allons bien ensemble, justement parce que j’ai le sentiment que nous nous entendons bien. Notre relation est simple et naturelle… Nous avons des personnalités semblables… nous nous ennuyons jamais ensemble. Nous aimons la même musique, les mêmes livres, les mêmes films, les mêmes plats et les mêmes oeuvres d’art, nous avons les mêmes opinions, le même esprit ou non-esprit. En bref : nous pouvons et voulons être ensemble…

Objet : ???
Bonsoir Emmi, voici ma question pour aujourd’hui : « Pourquoi ne m’écris-tu pas ? »

RE :
Bonsoir Leo, voici ma (simple et naturelle) réponse pour aujourd’hui : « Lis ton mail d’hier soir sur « aller bien ensemble », et tu devrais comprendre pourquoi je ne t’écris pas. »

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Peinture de la Vague de Courbet

Des billets chez Bladelor, Cécile, Azilys, Leiloona, Clair de jour, Stéphie, Lireparelora,
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