Je suis un dragon

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Un livre offert par les Éditions Robert Laffont

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je suis un dragonJe suis un dragon
Martin Page
(Pit Agarmen)

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Le docteur Poppenfick travaille depuis huit ans pour la C.I.A. Scientifique sans aucune éthique, il jouit de son pouvoir et de l’impunité qu’on lui procure pour ses expériences médicales. Lui qui a toujours vénéré la force et détesté la faiblesse, il va se retrouver devant un cas d’étude surprenant, extraordinaire…

Au mauvais endroit, un règlement de compte entre mafieux. Margot a six ans lorsqu’elle voit ses parents se faire tuer. Devenue orpheline, les services sociaux la place dans une famille d’accueil, puis dans un foyer pour enfants maltraités. Dans cet établissement, elle essaie de se fabriquer la cellule familiale qui lui manque tant, en offrant son soutien et son amitié. C’est à l’école, puis au collège, qu’elle perçoit sa différence. Survivre. Sa solitude et son désir de passer inaperçue se renforcent ; Margot a un secret, elle a peur d’être un monstre.

Ne pas connaître la douleur physique, avoir une force inconcevable, être invincible… et voler. La petite fille qui dessinait partout des dragons se doutait bien qu’elle n’était pas comme les autres, depuis toujours, mais c’est à la suite d’un évènement tragique qu’elle prend conscience de ses capacités surnaturelles. Dès l’instant où elle se dévoile, elle est kidnappée par les services secrets français et américains qui l’emmènent dans un hôpital militaire pour lui faire subir des tests et essayer de définir sa nature. Extraterrestre, anomalie génétique, on ne sait ce qu’elle est. Elle a douze ans, elle est fragile, presque chétive, et sa foi en l’humanité est déjà bien atteinte.

Au manoir, domaine où on la tient sous haute surveillance, Margot continue à subir toutes sortes d’examens. S’il pouvait, le Dr Poppenfick la dépècerait pour mieux l’analyser… Toujours seule, considérée comme une créature inhumaine, petit à petit, Margot se lie avec des personnes bienveillantes qui assurent sa tutelle et lui offrent une éducation. Elle ne peut s’empêcher d’éprouver envers eux des sentiments de gratitude, de respect, et de s’imaginer qu’ils sont une famille.
Douze ans… puis quatorze. Margot est une adolescente normale, avec ses rébellions, ses failles et son envie de liberté. C’est aussi à cet âge qu’on lui confie un rôle. Margot va être une justicière, un super-héros, qui devra sauver la planète. Elle sera Dragongirl.

« Mais peut-on sauver le monde si l’on s’y sent étranger ? »

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Pratiquement immortelle, sa peau est une carapace protectrice que rien ne peut atteindre, mais pas insensible. Margot a une émotivité très humaine qui la rend vulnérable. Considérée comme une arme exceptionnelle, elle est utilisée et manipulée sans aucune morale pour l’ordre et le bien de l’humanité. Là est le cœur du problème… Elle doit se donner pour pouvoir expier ; c’est ce qu’ils veulent lui faire croire.
« – Tu vas te racheter. Et nous allons t’aider dans cette entreprise. Tu peux accomplir de grandes choses. Tu peux sauver des vies par milliers. »
L’auteur a imaginé un être qui a les pouvoirs d’un x-men, d’un super-héros des Marvel Comics (super-pouvoirs, costume moulant de justicière, identité cachée) et lui confère une fragilité qui émeut le lecteur. Si jeune et si recluse. A travers elle, il raconte alors une société décevante, barbare, stupide, et la fourberie, le machiavélisme, de nos dirigeants.

L’évolution du personnage de Dragongirl-Margot prend de l’ampleur dans la deuxième partie du livre. Les missions s’enchaînent dans des
conjonctures plus guerrières, plus radicales, elle devient un symbole, elle est encensée, et c’est aussi le temps des réflexions plus personnelles. Margot commence à ré-envisager sa vassalité. Intelligente, lucide, honnête, elle perçoit les enjeux politiques et l’hypocrisie qui l’entourent. L’adolescente souhaite s’affranchir de tout contrôle pour vivre une vie « normale » et partir en quête de ses origines ; qui étaient ses parents ?
Je vous conseille cette lecture qui est une satire fantasque, sombre, perspicace, très actuelle, de notre monde, avec ses cruautés, ses faiblesses, son obsession toujours croissante de domination. La violence, les vengeances, sont décrites crûment, sans paravent. Au delà de la caricature, pas si parodique, c’est aussi un conte qui réserve de belles surprises. L’écriture est alors pleine d’espièglerie, de poésie et d’une énergie positive qui donne à l’histoire sa part de sourires.

Sauve-toi Margot, envole-toi !

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D’autres billets chez MissLéo, Fanny, L’Irrégulière, Laétitia, Noukette, Jérôme, Alice, Valérie, SophieLit, Stéphie, Bianca,

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Encre de Chen Rong

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L’ombre de la mort, les premières aventures de Sherlock Holmes

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XIXème siècle chez Fanny
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.l'ombre de la mort 1Les premières aventures de Sherlock Holmes
L’ombre de la mort
Andrew Lane

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Parce que sa mère est malade et qu’elle ne peut s’occuper de lui, le jeune Sherlock Holmes, adolescent de quatorze ans, doit quitter son pensionnat pour aller vivre chez son oncle Sherrinford, le temps des vacances d’été. C’est son frère aîné Mycroft qui l’accompagne à Holmes Manor et qui l’abandonne à leurs bons soins.

Réceptionné froidement par la gouvernante Mademoiselle Eglantine, Sherlock ne reçoit pas meilleur accueil auprès de sa parenté. Son oncle, homme austère, rigide sur les convenances, et sa tante, femme fragile, névrosée, ne veulent pas être dérangés.
Solitaire, et pour chasser son ennui, Sherlock s’aventure dans la campagne. Il fait la connaissance d’un jeune orphelin, Matty Arnatt, qui traîne sa misère dans les alentours. Entre les deux l’amitié est spontanée, surtout quand Matty amorce un sujet très intéressant… Il a été témoin de quelque chose de mystérieux, peut-être bien un meurtre…

Alors que Sherlock, avide de péripéties, envisage quelques équipées avec Matty, Mycroft, soucieux et embarrassé d’avoir laissé son frère dans un univers hostile, soumet à leur oncle l’idée de lui offrir les services d’un précepteur.
En dehors du fait qu’il ait une fille très belle et incroyablement « moderne », Virginia, Monsieur Crowne, homme charmant, très cultivé… et secret, séduit immédiatement son élève par ses méthodes d’études peu classiques. Il approfondira sa connaissance dans les mathématiques mais l’initiera surtout à résoudre des énigmes et à développer son discernement, ses intuitions, car les vacances de Sherlock sont à mille lieux de ce qu’il pouvait imaginer… La découverte dans le bois du cadavre d’un homme, couvert de pustules et d’une poudre jaune, va donner du rythme à sa villégiature !

Sous la direction de Monsieur Crowne, avec Matty et Virginia, Sherlock va expérimenter sa première enquête en essayant d’élucider non pas un mais deux meurtres.

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Les premiers pas de Sherlock Holmes, Adrew Lane a voulu les écrire dans une série qui compte à ce jour quatre tomes, pour la littérature jeunesse. De Farnham dans le Surrey, fief de la famille Holmes, à l’East End, le jeune Sherlock traque un dangereux maniaque qui nous rappelle le professeur Moriarty, dans sa folie et sa cruauté. Maladie tropicale, empoisonnement, très vite les enquêteurs en herbe trouvent l’origine de la poudre jaune… Sherlock semble un peu timoré dans le début, mais intrépide et bon élève, il promet ce qu’il deviendra une dizaine d’années plus tard, le meilleur des détectives Anglais (Hercule étant Belge !).
Accompagné d’une belle équipe, le jeune lecteur appréciera Matty, un orphelin débrouillard, honnête et curieux, Virginia, une belle demoiselle qui préfère les entreprises périlleuses à la broderie, savante de toutes les intelligences que son père lui a enseignées, (future sufragette, elle nous fait penser à « Enola Holmes » de Nancy Springer, une très bonne série), et le précepteur Monsieur Crowne, un étonnant personnage qui ne paraît pas ce qu’il est en vérité.
Même si le suspens n’est pas « transcendant », l’histoire captivera le lecteur et le fera trembler pour nos jeunes héros souvent mis à mal dans leur quête justicière. Le méchant est très méchant !
Je vous recommande donc ce roman, une aventure pour les enfants, à partir de 8 ans. J’aurais aimé le découvrir à cet âge.

D’autres billets chez Sharon, Belette, George, Hérisson,

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secretdelapyramide.
Photo extraite du film « Le secret de la pyramide »

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Les Campbell

BD du mercredi avec Mango and Co
Une bd offerte dans le cadre des MC de Babelio avec les Editions Dupuis

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.les-campbell-1Les Campbell
Inferno, tome I
Munuera

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Bateau pirate en vue !

Enterrer un trésor et surtout se rappeler où on l’a caché… C’est le conseil que donne le capitaine Carapepino à son second Monsieur Higgins avant d’enfouir profondément le leur, entre deux roches particulièrement « mémorables ». Mais il arrive que les bonnes idées soient parfois partagées et en creusant, ils découvrent un autre coffre. Concupiscence… la conscience déraille entre deux décisions ; le prendre ou le prendre ?! Le dilemme est vite résolu par un intrus, ex-pirate de son état, le capitaine Campbell, accompagné de tout son équipage. Après des salutations grinçantes teintées de vieilles rancunes (les deux se connaissent bien), sous le respect d’un pistolet à silex, canon long, le scénario prend une autre tournure !… Campbell plante littéralement les deux filous dans le trou qu’ils avaient pioché, s’enfuit avec les deux trésors et dévoile un subterfuge finaud, sous les regards médusés de Carapepino et Higgins.

Un décor de carton pâte… En fait, Campbell n’avait pour acolytes que deux gamines frondeuses et non une troupe de margoulins sanguinaires.
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les campbell 1.
Dans son île Jardin, l’ancien pirate redevient un père de famille accaparé par les corvées ménagères. Veuf avec deux filles, Itaca et Genova, il doit assumer un quotidien bien loin du bizness de la piraterie. Mais obsédé par la mort de sa femme tuée par un certain Inferno, il continue à rêver de vengeance.
Pas si reclus, si retiré des affaires, il a pour amis des lépreux qui habitent l’île de Bakalaoo, un piton volcanique inhospitalier ceinturé par des récifs acérés. Personne n’osant s’aventurer sur Bakalaoo, c’est l’endroit le plus sûr pour se planquer et réfléchir…

Pendant ce temps, Carapepino est poursuivi par la malchance… Après avoir été planté dans la terre comme un poireau et dépossédé de son trésor, voilà que son bateau est abordé et fait prisonnier par le redoutable Inferno, un pirate qui s’est mis au service de l’Angleterre et qui a reçu le titre de baron. Mystérieux, dément, hanté par le fantôme d’une femme, lui aussi n’a qu’une obsession… retrouver la famille Campbell et la passer par le fil de son épée. Si Carapepino veut sauver sa peau, retrouver Campbell doit être sa priorité.

C’est ainsi que tout commence… ou plutôt… tout continu… car entre Inferno et Campbell, c’est une vieille histoire tissée de liens de sang.

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Ce premier tome des aventures Campbell est très accrocheur. Séduite par les dessins et le scénario, je continuerai la série avec le deuxième titre « Le redoutable pirate Morgan ».

Cette lecture divertissante est une belle surprise car j’ai demandé l’album un peu au hasard, attirée par le graphisme et le résumé en quatrième de couverture qui raconte une histoire de vengeance dans la flibusterie.
Les personnages de la famille Campbell sont sympathiques et attachants. Les filles ont des caractères très affirmés et provoquent souvent des situations tumultueuses. Intrépides, courageuses, garçons manqués, souvent en bisbille l’une contre l’autre, la petite contre la grande, elles sont aussi solidaires, fidèles et aimantes. Pour l’aînée, l’adolescence et ses vicissitudes sont un cap difficile à franchir, et la cadette se plaît à jouer le poil à gratter. Leur père semble un peu dépassé. Toujours plein d’entrain et papa poule, il a un mal à l’âme que seule une vendetta pourrait apaiser.
L’humour est une des qualités premières de cet album. On le trouve dans les expressions, les dialogues et un contexte un peu fantaisiste, car l’auteur transpose le XVIIème siècle à notre époque… ou le contraire. Autres malices, on découvre une équipe de malandrins qui pourrait être les frères Daltons, le village des lépreux ressemble à un certain village Gaulois et le crocodilotram a la physionomie de son congénère dans Peter Pan.
L’histoire a pourtant une fausse légèreté. Dans les dernières pages, elle s’étoffe de souvenirs et révèle l’enfance miséreuse des deux personnages principaux, Campbell et Inferno.

Une bande dessinée à recommander !

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les campbell 2.

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J’ai sauvé la vie d’une star d’Hollywood


« Oh, my ! cette couverture… » de Cécile

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j'ai sauvé la vie d'une star d'hollywoodJ’ai sauvé la vie d’une star d’Hollywood
Laurent Bénégui

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Laurent Labarrère se trouve dans une mauvaise passe. Scénariste pour la télévision en collaboration avec sa femme, il perd son emploi et se trouve en instance de divorce du jour où on le surprend entrain de fricoter avec une jeune stagiaire. La vengeance de son épouse ne tarde pas… il semblerait même qu’elle ait été manigancée bien avant car aussitôt, il est évincé de l’équipe par le jeune amant de celle-ci.

Suite à une rencontre percutante, au sens propre comme au figuré, Laurent va voir sa vie bouleversée… Contraint d’accepter un travail assez particulier s’il veut conserver la garde en alternance de ses filles, Lara et Coco, il se retrouve à seconder Boris Modeskovine, un gangster Russe, dans l’élaboration d’une histoire mi-romancée mi-autobiographique que l’énergumène voudrait voir adaptée pour le cinéma. A la clef ? Cent mille euros !
Ce fantasme trotte dans la tête de Boris, depuis qu’une actrice américaine… mondialement connue… lui a sauvé la vie alors qu’il faisait son footing sous un soleil de plomb dans la garrigue provençale. Infarctus, hélicoptère, hôpital, réanimation, opération délicate et survie miraculeuse aboutissent à un projet dont l’héroïne aurait les traits et le nom de sa somptueuse secouriste, son « ange gardien ». Pour Boris, il ne fait aucun doute, Laurent ne doit se soucier de rien sauf du scénario. Lui, amène l’argent, le premier rôle et les producteurs Hollywoodiens.

Dans le petit appartement de Laurent, Boris raconte sa vie, une existence incroyable dans la criminalité. Sa dernière reconversion était dans le vol de « viande » où tout recyclage, animal et… humain, se transforme en steaks hachés ou en saucisses. Assisté de son frère (décérébré), il était le cerveau de la bande mais aussi un sbire d’un manitou de la mafia, le « gros Pavel ». Face à ce tueur à gage en pleine réinsertion professionnelle et en pleine rééducation post-opératoire (il pédale), Laurent reste craintif mais se laisse aussi bercer par l’accent slave et l’empathie qu’il dégage.
Une intrigue de base se forme et l’histoire fait apparaître une figure héroïque prête à rendre une justice musclée et pétaradante…
Entre le canevas d’une adaptation fictive et la vie réelle, la trame est épaisse comme la feuille d’un missel. Très vite, sous la houlette de Boris et compagnie, des conjonctures abracadabrantes s’enchaînent et pimentent la vie de Laurent qui est déjà bien secoué par son divorce qui le laisse sur la paille et ses rapports conflictuels avec sa fille aînée.

La mafia slave n’est pas prête à accorder à Boris sa retraite et… s’il n’y avait que ça !!!…

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Ce livre a été une agréable lecture. L’histoire est bien écrite, pleine d’humour, d’entrain, et cette vivacité, tonique comme un film d’action, est un peu à l’image d’une bouteille de soda qu’on secoue. Les petites bulles gesticulent dans tous les sens, lorsque arrive l’instant où tout éclate. L’auteur donne les premiers rôles à deux personnages très différents l’un de l’autre. Le tandem gentil/brute fonctionne bien car entre les deux, l’attraction se teinte de complicité, d’estime et de sollicitude. Certains passages révèlent une belle sympathie et on pourrait presque croire que l’amitié est à portée de main. Donc… ça commence avec de belles intentions et ça vire en eau de boudin… dans le genre tragi-comédie. Laurent va suivre Boris et survivre dans son univers.
Une histoire bien trouvée, qui captive le lecteur et qui le mène à sourire du début à la fin. Une fin dont la morale est à discuter…
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D’autres billets chez Cryssilda, Lætitia, L’Irrégulière, Au Boudoir Ecarlate,

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Angelina_mrs_smithAngelina Jolie

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