La revanche de l’Epouvanteur, Tome XIII

La revanche de l’Epouvanteur
L’Epouvanteur, Tome XIII
Joseph Delaney

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Il va falloir en finir définitivement avec le Malin. Si l’avantage est en ce moment dans le clan de l’Epouvanteur, bientôt pour Halloween, les mages et les sorcières viendront chercher sa tête, que la tueuse Grimalkin détient toujours (voir épisode précédent).
Tom Ward, septième fils d’un septième fils, a bientôt terminé son apprentissage auprès de John Gregory, mais sa lutte continue, plus impitoyable et déterminée que jamais.
Toutes les nuits, des cauchemars le réveillent. Pour conclure le combat, son amie Alice, fille de l’obscur, doit être tuée lors d’une cérémonie de sabbat dans le cercle de la pierre des Ward. Lui couper les pouces et lui arracher le cœur étant au dessus de ses forces, c’est vers un autre dénouement qu’il se tourne, car avec les trois épées, Lame du Destin, Tranche Os et Lame du Chagrin, il peut vaincre sans la sacrifier. A elle et à Grimalkin de trouver un sortilège dans le Codex du Destin… même si pour cela elles seront obligées de faire de la magie noire.
A Chipenden, la maison a été rebâtie sur les cendres de la précédente et la nouvelle bibliothèque commence à accueillir ses premiers ouvrages. Un gobelin, sous l’apparence d’un chat, en est toujours le gardien. Entre Tom et lui, un pacte a été conclu, mais la confiance entre eux n’est pas évidente surtout lorsque Tom voit le chat se lécher les babines, pleines de sang humain. De son côté, John Gregory, plus las que jamais, prend des dispositions et désigne Tom pour héritier. Plus expérimenté que son élève, il a une vision très pessimiste de leur avenir.
Lorsqu’une nuit, Tom perçoit qu’il est arrivé un malheur. Convaincu que son sentiment est bien réel, il force l’Epouvanteur à l’accompagner. Tous deux se dirigent vers l’ancienne maison de Lizzie l’Osseuse et découvrent parmi des cadavres de sorcières, Grimalkin grièvement blessée. Elle est seule, car Alice a été kidnappée par le puissant mage Lukraste.
Contre l’avis de son maître, très déçu d’apprendre que son fils spirituel continuait à correspondre avec Alice, Tom doit partir à la recherche de la jeune fille pour la délivrer. Au bout de sa quête, il découvrira une horrible surprise.

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Ce treizième tome clôt la série par un épilogue bien triste mais l’auteur a écrit une trilogie (pas encore traduite) qui impulse d’autres aventures à la saga. Heureusement pour nous, car beaucoup de questions restent en suspens.
L’épisode est comme les précédentes histoires, plein de magie, de monstres, de combats cruels et de frissons. Dernière de sa lignée, la lecture se pare de nostalgie. Le premier livre traduit est paru chez Bayard Jeunesse en 2005, et il a immédiatement séduit mon jeune fils qui avait neuf ans à l’époque. J’ai attendu quelques années avant d’aller fureter dans sa bibliothèque et d’en tirer un volume. Au début, j’achetais les tomes pour lui, par la suite, c’était pour moi.
Je vous recommande cette grande épopée fantastique qui compte dans son bestiaire une multitude de créatures horribles et maléfiques…
Attention ! ces histoires peuvent effrayer les jeunes lecteurs.

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Un skelt

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Esprits libres, Mindjack – Tome 1

Un livre offert par les Éditions MxM, dans le cadre des Masses Critiques Babelio

 

 

esprits-libres-1Esprits libres
Mindjack, tome 1
Susan Kaye Quinn

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Nouvelle Chicago…

Notre monde a progressivement évolué vers une société de télépathes et, dorénavant, celui qui n’en est pas un est considéré comme un zéro, une personne en marge de la communauté, reléguée à son dernier rang ou, comme dans certains états, enfermée dans des asiles ; une sur mille ne peut lire et communiquer par la pensée.
Kira Moore est une jeune lycéenne de seize ans qui n’a pas encore subi la transformation que tous les adolescents endurent à la puberté. Dans son lycée, elle est mise à l’écart, et depuis que son frère Seamus parti pour West Point n’est plus là pour la protéger, elle se sent harcelée. Seul, Raf, son ami d’enfance qu’elle aime en secret, reste à ses côtés et lui accorde une confiance absolue. Mais lors d’un rapprochement un peu plus physique avec lui, elle foudroie Raf qui perd connaissance. Kira décèle en elle un pouvoir qui pourrait être fatal pour son entourage et décide alors de protéger son ami en le tenant à distance (quitte à le faire souffrir). Cette différence qu’elle ne maîtrise pas et qui l’effraie encore plus, est découverte par Simon, un camarade qui a autant de succès que Raf auprès des lycéens. Simon lui confesse qu’il n’est pas un télépathe mais un mindjacker, comme elle. Ils ont la faculté de pénétrer les esprits et de les manipuler. La divergence leur permet de se fondre dans la masse et de contrôler les pensées, se lier aux autres. Ainsi, elle pourra faire croire à tout le monde qu’elle est devenue une changeline et elle sera intégrée dans la société. Cependant, si une nouvelle voie s’ouvre à elle, elle est faite de mensonges et de manipulations. Après l’avoir initiée à quelques subtilités et au contrôle de sa force, Simon lui parle d’un clan de mindjakers qu’il aimerait lui faire rencontrer à l’occasion d’une cérémonie. L’intégration au sein de la fraternité est presque obligatoire car ils seront désormais sa famille, les seuls à pouvoir la protéger.
Kira se laisse entraîner malgré sa défiance et découvre un enfer à la suite des présentations. Comme par le passé, les Services Secrets traquent les gens dits « anormaux ». A une époque, dans un premier temps, il y a eu les télépathes, puis les zéros et aujourd’hui, ce sont les mindjackers qu’il faut éradiquer.
On soumet à Kira deux choix ; soit elle coopère avec le Gouvernement comme un petit animal de laboratoire, soit elle finira ses jours dans une prison
édifiée pour les mindjackers, perdue dans le désert.
Digne fille de son père, un militaire dans les Services Secrets de la Marine, fière et rebelle, elle ne tarde pas à donner sa réponse… Son esprit est une arme redoutable.
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« Esprits libres » est le premier tome d’une trilogie fantastique qui a pour pour personnage principal une héroïne courageuse, sensible et attachante. L’histoire est basée sur la découverte de son pouvoir, sa survie et ses choix cruciaux qui tissent l’intrigue dans l’action, les amitiés et les sentiments amoureux. Ce monde de télépathes est bien décrit, facile à comprendre, et nous accédons de chapitre en chapitre à des évolutions plus alambiquées, mais toujours cohérentes (pour le genre). Construite comme la plupart des dystopies actuelles, la trame ne perd rien en originalité et intérêt. Je ne me suis pas amusée à noter toutes les invraisemblances, j’ai simplement savouré et aimé cette fiction jeunesse que je vous recommande. Je tiens cependant à préciser que la violence de certains passages peuvent heurter certains jeunes lecteurs.

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desert

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Photo prise « ici »

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Le Jardin des Épitaphes

Norman-Rockwell
Une semaine de livres jeunesse
Un livre offert par les Éditions Didier Jeunesse,
dans le cadre des Masses Critiques Babelio

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le-jardin-des-epitaphes-1Le Jardin des Epitaphes
Celui qui reste debout – Tome 1
Taï-Marc Le Thanh

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Rebaptiser la terre en Jardin des Épitaphes est la plus émouvante et lyrique façon de nommer le cimetière qu’elle est devenue. Un jour, les beaux et inquiétants nuages qui s’amoncelaient dans le ciel ont éclaté, déversant des pierres, et le bombardement a tout ravagé en provoquant la Grande Catastrophe. Terre de désolation, le monde se scinde alors entre un avant et un après. Les hommes qui restent, des survivants, se cachent dans des grottes et se planquent dans les entrailles des villes éclatées. On découvre aussi qu’un gêne mutant a transformé certains hommes en singes et d’autres en zombies. D’après Osiris, un fou échappé d’un hôpital psychiatrique qui se prend pour un devin, le pire est à venir…

Jour après jour, Hypoténuse nous confie sa fuite, un voyage vers l’Amérique pour retrouver ses parents, en compagnie de son petit frère Poisson-Pilote et sa petite sœur Double-Peine, alias Adrien et Élodie. Grâce à un cahier rempli des écrits de Pensées-qui-frisotent, un jeune noir rencontré aux Halles à Paris, on apprend un peu plus sur ce nouveau monde dirigé par une secte et des machines.
Passer par la Beauce, longer la Loire, aller vers le sud, traverser l’Espagne, se rendre au Portugal, prendre un bateau pour l’Amérique… Hypoténuse parle de ce continent comme de la terre promise. Il raconte à la douce Double-Peine que là-bas le chaos a fait moins de dégâts, les chevaux sauvages défient l’air au galop, l’herbe des vallées est tendre, verte, tout est grandiose et majestueux. Là-bas, leurs parents les attendent.

Hypoténuse a dix-sept ans. Il se décrit comme étant plus grand que la moyenne. Il est plus fort aussi… Ce n’est que vers la fin de ce premier tome que nous apprenons pourquoi. Avec humour, Poisson-Pilote le compare à un ninja car ses combats sont des chorégraphies presque surnaturelles. Conscient des dangers qui les guettent, il fait de son mieux pour protéger les petits ; les défendre contre l’adversité, pilleurs, zombies, cannibales et gens de la secte, les préserver des peurs et cauchemars et surtout leur rendre la foi. Empreint de valeurs morales qui vont le guider dans sa quête et ses devoirs, il s’ordonne des règles et n’oublie pas dans ces préceptes, de faire plaisir aux enfants et de les faire rire. Ses inquiétudes et ses pleurs, il les réserve.

« Vagabonds du Jardin des Épitaphes », Hypoténuse, Poisson-Pilote et Double-Peine vont vivre de terribles et sanglantes aventures. L’apocalypse a façonné un univers effroyable et il leur faudra beaucoup de courage pour affronter tous les périls…
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J’ai aimé ce premier livre qui a pour titre « Celui qui est resté debout » et je recommanderai cette lecture. L’intrigue, pleine d’exploits guerriers et de mystères, nous maintient captif dans sa trame, du début à la fin. L’auteur est un merveilleux conteur qui mêle à l’épouvante et aux scènes d’action, de la poésie, de l’innocence, de la fragilité et de la tendresse. La douceur incarnée par Double-Peine donne au récit une vulnérabilité opportune.
Ce tome implante le décor et donne une tonalité dantesque. Quant au prochain, on pourrait souhaiter quelques révélations sur la secte qui chasse les survivants, ainsi que sur les expériences scientifiques qui seraient peut-être à l’origine du chaos.
A suivre !

PS : Tout au long du livre, nous avons un joli répertoire de chansons, car les trois enfants aiment chanter. Vous les trouverez listées sur le site, « ici ».

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Sherlock Holmes et les vampires de Londres, tomes 1 et 2

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Mois anglais avec Cryssilda et Lou

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Sherlock et les vampires 1 et 2 bdSherlock Holmes et les vampires de Londres
L’appel du sang, tome 1  –  Mort ou vif, tome 2
Scénario de Sylvain Cordurier
Dessins de Vladimir Krstic
Couleurs de Alex Gonzalbo

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1891,

Sherlock Holmes n’est pas mort dans les chutes du Reichenbach avec son ennemi le professeur Moriarty, mais seul, son frère Mycroft le sait. Pour protéger son fidèle ami John Watson et Madame Hudson, il est obligé de se cacher à Paris et de prendre une autre identité car les répercussions seraient dramatiques si la bande de Moriarty l’apprenait.

Faire le tour du monde, écrire… c’est ce qu’il souhaiterait faire mais ses projets sont torpillés lorsqu’il découvre avec Mycroft, le cadavre de sa nouvelle logeuse, Madame Irby. Cette exécution a été commise par les Vampires de Londres pour contraindre Holmes à revenir. Elle ne serait que les prémices, s’il n’acceptait pas…
Depuis quelques temps dans la haute aristocratie, Owen Chanes, un vampire renégat, sème des cadavres, et le duc de Selymes, appelé « Maître », désirerait que le célèbre détective leur livre le coupable. Ce n’est pas tant le désordre sanglant qui le dérange mais plus l’ultimatum de la reine Victoria qui les menace de les bannir du royaume, héritiers de la couronne ou pas. De plus, il semblerait que dans sa quête vengeresse, Chanes n’ait qu’une raison… tuer le Maître.

Acculé à prendre part à la traque pour protéger les siens, Holmes pénètre un univers inconnu et rencontre des personnages bien plus funestes que son ancien adversaire.
Pour l’aider, Selymes lui offre les services d’une femme-vampire qui va perturber Holmes car elle est le sosie d’Irène Adler. Assistante, cerbère, espionne, elle sera aussi son ange gardien.
Si les aventures de Sherlock Holmes ont atteint la renommée, c’est surtout grâce à la plume de Watson qui les a narrées et publiées. Dans cette histoire, c’est Holmes qui écrit et qui relate les évènements dans une lettre à son ami. Le monde vampirique est sauvage, avide et très susceptible. Au cours de son enquête, il aura une autre vision de l’affaire ce qui ne complaira certainement pas à Selymes, le Maître sans pitié, qui saura montrer son courroux.

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Avec ce scénario écrit en deux tomes, nous plongeons dans un surprenant 19e siècle peuplé de vampires. Ils sont connus et seulement tolérés par la reine, que s’ils se montrent discrets. Mais l’histoire est autre… et bien tumultueuse !
Une page est tournée, Holmes n’est plus accompagné de Watson. Ça peut chagriner au début, mais on s’habitue vite car l’ambiance est très différente, plus dans l’action sanguinaire que dans l’introspection, sauf dans le deuxième tome où Sylvain Cordurier ajoute de la profondeur dans les caractères de ses personnages. On retrouve Mycroft mais aussi l’inspecteur Lestrade. Si j’ai apprécié l’intrigue et sa dynamique, l’atmosphère, l’originalité, le graphisme des rues, des bâtiments, les décors, j’ai moins aimé comment Vladimir Krstic a dessiné les visages. Je les ai trouvés massifs ; ce n’est pas la bestialité qui s’en dégage qui est dérangeante mais plus le manque d’élégance. C’est bien dommage, car tout le reste est beau, ainsi que la colorisation.

Sylvain Cordurier et la collection 1800 mettent en scène Sherlock Holmes dans de nombreuses histoires, dont une série appelée « Sherlock Holmes Society ». D’après ma copine Belette, ils sont à lire. Alors… à suivre !


D’autres billets chez Belette, Hilde,

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Les Brillants

logo_babeliologosérienoiregallimardUn partenariat avec Babelio et les Editions Gallimard

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les-brillants 1Les Brillants
Marcus Sakey

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Depuis les années 1980, on s’est aperçu qu’une nouvelle génération d’enfants surdoués naissait. On les appelle les Brillants. Dotées de pouvoirs exceptionnels, ils sont placés dans des académies dès l’âge de huit ans afin de les observer et les « éduquer ». Séparés de leurs familles, on leur enlève toute identité, on leur attribue un tuteur et on leur donne tous le nom de Smith. Au fil des ans, les programmes des académies s’affermissent et on leur implante des micro-puces.
Depuis qu’un as de la finance, Erik Epstein, a fait effondrer les marchés boursiers, on sait que les Brillants peuvent être une menace pour l’économie planétaire.
Depuis l’attentat qui a tué soixante-treize personnes, dont un sénateur influent, dans un club proche du sénat, le militant anormal John Smith est l’homme à abattre.
Depuis… le DAR, une agence bien plus subventionnée que la NASA, essaie de maintenir l’ordre en traquant les Brillants qui se distinguent. Son directeur Drew Peters a toutes les libertés pour les réprimer.

Nick Cooper, un agent des Services Équitables, la branche active du DAR, est un Brillant de niveau un qui a la faculté surnaturelle de lire les schémas du langage corporel. Il déchiffre, devine et anticipe tout comportement, réactif ou émotif. Avec son équipe, il pourchasse les Brillants hors la loi et applique sans faillir une justice assez expéditive. Peters dit de lui qu’il est son meilleur inquisiteur, l’homme en qui il a le plus confiance.
Le vœu de Cooper serait que les « surdoués » et les « normaux » vivent en bonne harmonie, qu’il n’y ait plus d’académies-prisons et que John Smith soit arrêté car aux dernières informations, ce terroriste envisagerait de pirater les réseaux informatiques des lignes aériennes et d’y mettre un virus. Les conséquences seraient dramatiques…

L’enquête le lance sur la piste d’Alex Vasquez, une Brillante qui œuvre pour Smith. Mais sur le point d’être arrêtée, la jeune fille préfère se suicider plutôt que d’être embarquée par le DAR pour être interrogée. Juste avant de mourir, elle lui confie qu’un projet d’une grande envergure a été planifié et qu’il y a au sein du DAR quelques infiltrés.

Les évènements s’enchaînent rapidement et modifient les trajectoires ! Joueur d’échecs hors pair, Smith déjoue tous les plans de Cooper et fait exploser des bombes. La dernière tue 1143 personnes dans un centre de Manhattan. Cooper, présent lors de ce drame, comprend que la politique envers les Brillants va être plus répressive et que le monde va se fragmenter en deux clans. Il pense aussitôt à sa fille Kate qui malgré son jeune âge commence à présenter toutes les caractéristiques d’un Brillant de niveau un. Il désire pour ses enfants un monde moins chaotique et certainement pas un monde où les Brillants seraient ostracisés.

Avec l’aval de Peters, et de lui seul, Cooper va brouiller les données en se faisant passer pour un renégat ; c’est le seul stratagème qui s’impose. Juste le temps de dire au revoir à sa famille et le voilà devenu un homme traqué par ses anciens amis du DAR.
Le banni investit le milieu criminel et met tout en marche pour faire sortir John Smith de son antre.
Mission suicide ? Ce qui est sûr, c’est que Cooper découvrira certaines vérités qui seront aussi puissantes qu’un tsunami ou que mille explosifs. Les apparences peuvent être trompeuses.

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Premier tome d’une trilogie et une très bonne lecture !
Sans connaître la plume de l’auteur, juste à la lecture de la 4ème de couverture, j’ai accepté de recevoir ce roman et j’en suis ravie.
J’ai beaucoup apprécié l’histoire, le rythme et les personnages ; le roman mélangeant les genres fantastique, espionnage et thriller. L’écriture est si bien scénarisée et imagée qu’on oublie qu’on tient un livre et qu’on ne regarde pas un film d’action. Les 495 pages se lisent très facilement, captant notre intérêt sans temps de pause. Question intrigue, on devine assez rapidement la trame, mais ça ne m’a pas gêné.
Cooper est un héros intègre, patriote, qui doit faire cavalier seul pour sauver son pays (il a du Jack Bauer !). Sa singularité donne à son personnage séduction et intelligence, ses rapports avec sa famille le montre humain et protecteur. Dans certaines circonstances pour défendre ses valeurs, il peut se montrer très violent et radical. L’auteur va le bousculer en insérant dans l’histoire des conspirations qui ébranleront ses certitudes et sa foi en l’humanité. Il est très intéressant de lire toutes ses ambiguïtés qui le déstabilisent et le cheminement de ses interrogations.
D’autres personnes l’encadrent, toutes aussi sympathiques et attachantes… Natalie son ex-femme, vaillante et déterminée, peut-être toujours amoureuse de lui, Bobby Quinn son ami et coéquipier, fidèle et loyal, et Shannon « La Fille Qui Passe A Travers Les Murs », mystérieuse et inébranlable.

Je vous recommande ce roman qui fut une lecture distrayante. Le prochain tome paraîtra en 2016.

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Philidor, illustration de 1792

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Je suis un dragon

logo Robert-Laffont
Un livre offert par les Éditions Robert Laffont

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je suis un dragonJe suis un dragon
Martin Page
(Pit Agarmen)

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Le docteur Poppenfick travaille depuis huit ans pour la C.I.A. Scientifique sans aucune éthique, il jouit de son pouvoir et de l’impunité qu’on lui procure pour ses expériences médicales. Lui qui a toujours vénéré la force et détesté la faiblesse, il va se retrouver devant un cas d’étude surprenant, extraordinaire…

Au mauvais endroit, un règlement de compte entre mafieux. Margot a six ans lorsqu’elle voit ses parents se faire tuer. Devenue orpheline, les services sociaux la place dans une famille d’accueil, puis dans un foyer pour enfants maltraités. Dans cet établissement, elle essaie de se fabriquer la cellule familiale qui lui manque tant, en offrant son soutien et son amitié. C’est à l’école, puis au collège, qu’elle perçoit sa différence. Survivre. Sa solitude et son désir de passer inaperçue se renforcent ; Margot a un secret, elle a peur d’être un monstre.

Ne pas connaître la douleur physique, avoir une force inconcevable, être invincible… et voler. La petite fille qui dessinait partout des dragons se doutait bien qu’elle n’était pas comme les autres, depuis toujours, mais c’est à la suite d’un évènement tragique qu’elle prend conscience de ses capacités surnaturelles. Dès l’instant où elle se dévoile, elle est kidnappée par les services secrets français et américains qui l’emmènent dans un hôpital militaire pour lui faire subir des tests et essayer de définir sa nature. Extraterrestre, anomalie génétique, on ne sait ce qu’elle est. Elle a douze ans, elle est fragile, presque chétive, et sa foi en l’humanité est déjà bien atteinte.

Au manoir, domaine où on la tient sous haute surveillance, Margot continue à subir toutes sortes d’examens. S’il pouvait, le Dr Poppenfick la dépècerait pour mieux l’analyser… Toujours seule, considérée comme une créature inhumaine, petit à petit, Margot se lie avec des personnes bienveillantes qui assurent sa tutelle et lui offrent une éducation. Elle ne peut s’empêcher d’éprouver envers eux des sentiments de gratitude, de respect, et de s’imaginer qu’ils sont une famille.
Douze ans… puis quatorze. Margot est une adolescente normale, avec ses rébellions, ses failles et son envie de liberté. C’est aussi à cet âge qu’on lui confie un rôle. Margot va être une justicière, un super-héros, qui devra sauver la planète. Elle sera Dragongirl.

« Mais peut-on sauver le monde si l’on s’y sent étranger ? »

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Pratiquement immortelle, sa peau est une carapace protectrice que rien ne peut atteindre, mais pas insensible. Margot a une émotivité très humaine qui la rend vulnérable. Considérée comme une arme exceptionnelle, elle est utilisée et manipulée sans aucune morale pour l’ordre et le bien de l’humanité. Là est le cœur du problème… Elle doit se donner pour pouvoir expier ; c’est ce qu’ils veulent lui faire croire.
« – Tu vas te racheter. Et nous allons t’aider dans cette entreprise. Tu peux accomplir de grandes choses. Tu peux sauver des vies par milliers. »
L’auteur a imaginé un être qui a les pouvoirs d’un x-men, d’un super-héros des Marvel Comics (super-pouvoirs, costume moulant de justicière, identité cachée) et lui confère une fragilité qui émeut le lecteur. Si jeune et si recluse. A travers elle, il raconte alors une société décevante, barbare, stupide, et la fourberie, le machiavélisme, de nos dirigeants.

L’évolution du personnage de Dragongirl-Margot prend de l’ampleur dans la deuxième partie du livre. Les missions s’enchaînent dans des
conjonctures plus guerrières, plus radicales, elle devient un symbole, elle est encensée, et c’est aussi le temps des réflexions plus personnelles. Margot commence à ré-envisager sa vassalité. Intelligente, lucide, honnête, elle perçoit les enjeux politiques et l’hypocrisie qui l’entourent. L’adolescente souhaite s’affranchir de tout contrôle pour vivre une vie « normale » et partir en quête de ses origines ; qui étaient ses parents ?
Je vous conseille cette lecture qui est une satire fantasque, sombre, perspicace, très actuelle, de notre monde, avec ses cruautés, ses faiblesses, son obsession toujours croissante de domination. La violence, les vengeances, sont décrites crûment, sans paravent. Au delà de la caricature, pas si parodique, c’est aussi un conte qui réserve de belles surprises. L’écriture est alors pleine d’espièglerie, de poésie et d’une énergie positive qui donne à l’histoire sa part de sourires.

Sauve-toi Margot, envole-toi !

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D’autres billets chez MissLéo, Fanny, L’Irrégulière, Laétitia, Noukette, Jérôme, Alice, Valérie, SophieLit, Stéphie, Bianca,

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dragon
Encre de Chen Rong

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L’ombre de la mort, les premières aventures de Sherlock Holmes

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XIXème siècle chez Fanny
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.l'ombre de la mort 1Les premières aventures de Sherlock Holmes
L’ombre de la mort
Andrew Lane

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Parce que sa mère est malade et qu’elle ne peut s’occuper de lui, le jeune Sherlock Holmes, adolescent de quatorze ans, doit quitter son pensionnat pour aller vivre chez son oncle Sherrinford, le temps des vacances d’été. C’est son frère aîné Mycroft qui l’accompagne à Holmes Manor et qui l’abandonne à leurs bons soins.

Réceptionné froidement par la gouvernante Mademoiselle Eglantine, Sherlock ne reçoit pas meilleur accueil auprès de sa parenté. Son oncle, homme austère, rigide sur les convenances, et sa tante, femme fragile, névrosée, ne veulent pas être dérangés.
Solitaire, et pour chasser son ennui, Sherlock s’aventure dans la campagne. Il fait la connaissance d’un jeune orphelin, Matty Arnatt, qui traîne sa misère dans les alentours. Entre les deux l’amitié est spontanée, surtout quand Matty amorce un sujet très intéressant… Il a été témoin de quelque chose de mystérieux, peut-être bien un meurtre…

Alors que Sherlock, avide de péripéties, envisage quelques équipées avec Matty, Mycroft, soucieux et embarrassé d’avoir laissé son frère dans un univers hostile, soumet à leur oncle l’idée de lui offrir les services d’un précepteur.
En dehors du fait qu’il ait une fille très belle et incroyablement « moderne », Virginia, Monsieur Crowne, homme charmant, très cultivé… et secret, séduit immédiatement son élève par ses méthodes d’études peu classiques. Il approfondira sa connaissance dans les mathématiques mais l’initiera surtout à résoudre des énigmes et à développer son discernement, ses intuitions, car les vacances de Sherlock sont à mille lieux de ce qu’il pouvait imaginer… La découverte dans le bois du cadavre d’un homme, couvert de pustules et d’une poudre jaune, va donner du rythme à sa villégiature !

Sous la direction de Monsieur Crowne, avec Matty et Virginia, Sherlock va expérimenter sa première enquête en essayant d’élucider non pas un mais deux meurtres.

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Les premiers pas de Sherlock Holmes, Adrew Lane a voulu les écrire dans une série qui compte à ce jour quatre tomes, pour la littérature jeunesse. De Farnham dans le Surrey, fief de la famille Holmes, à l’East End, le jeune Sherlock traque un dangereux maniaque qui nous rappelle le professeur Moriarty, dans sa folie et sa cruauté. Maladie tropicale, empoisonnement, très vite les enquêteurs en herbe trouvent l’origine de la poudre jaune… Sherlock semble un peu timoré dans le début, mais intrépide et bon élève, il promet ce qu’il deviendra une dizaine d’années plus tard, le meilleur des détectives Anglais (Hercule étant Belge !).
Accompagné d’une belle équipe, le jeune lecteur appréciera Matty, un orphelin débrouillard, honnête et curieux, Virginia, une belle demoiselle qui préfère les entreprises périlleuses à la broderie, savante de toutes les intelligences que son père lui a enseignées, (future sufragette, elle nous fait penser à « Enola Holmes » de Nancy Springer, une très bonne série), et le précepteur Monsieur Crowne, un étonnant personnage qui ne paraît pas ce qu’il est en vérité.
Même si le suspens n’est pas « transcendant », l’histoire captivera le lecteur et le fera trembler pour nos jeunes héros souvent mis à mal dans leur quête justicière. Le méchant est très méchant !
Je vous recommande donc ce roman, une aventure pour les enfants, à partir de 8 ans. J’aurais aimé le découvrir à cet âge.

D’autres billets chez Sharon, Belette, George, Hérisson,

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Photo extraite du film « Le secret de la pyramide »

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