L’énigme des Blancs-Manteaux

logo Nicolas le Floch« Paris » de L’Ogresse et Sharon
« Petit BAC » d’Enna, objet
« Polar » de Liliba
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Lecture commune avec : Adalana, Natiora, Shelbylee, Emma, Koali, Bianca, Miss Léo, Eliza, Lilousoleil, Nag, Ys, Céline,


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nicolas le floch 1L’énigme des Blancs-Manteaux
Jean-François Parot

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Janvier 1761,

Après quinze mois d’absence, Nicolas Le Floch retourne chez lui en Bretagne pour un bref séjour. Son tuteur, le chanoine Le Floch, est mourant. Sur le pont du navire, il se rappelle son année à Paris et son introduction auprès de M. de Sartine.

Bébé abandonné, il fut élevé par le chanoine Le Floch qui lui donna son nom et une très bonne éducation. Après son école chez les Jésuites à Vannes et son travail comme clerc de notaire à Rennes, il n’aurait jamais songé à rejoindre la capitale pour le service du roi. Jeune homme de vingt-deux ans, fougueux, mais aussi sérieux, appliqué et observateur, c’est le marquis de Ranreuil son parrain qui le recommande à son ami M. de Sartine, magistrat à Paris, nouvellement nommé lieutenant général de police. Si Nicolas est heureux de cette opportunité, il est aussi peiné de quitter son foyer et Isabelle de Ranreuil, la fille du marquis dont il est amoureux. Il sait bien que ses sentiments ne ravissent pas son parrain et que cet éloignement est avant tout une séparation prestement organisée.
L’écume salée de Guérande le renvoie à une époque insouciante, le regard bienveillant de son tuteur, les bontés maternelles de sa nourrice Fine,
les parties de soule, les chasses dans la forêt de Ranreuil…

A Paris, Sartine se montre affable et lui offre sur sa cassette personnelle les services d’un bon tailleur. Le provincial se transforme petit à petit en un élégant jeune homme. Il lui propose également de recevoir des leçons de droit avec M. de Noblecourt, un magistrat à la retraite, et le délègue auprès du commissaire Lardin, responsable de toutes les affaires de jeux légales et illicites, en lui demandant de lui rapporter discrètement les aléas du quotidien. Nicolas, logé dans un grenier aménagé de la belle demeure Lardin, rue des Blancs-Manteaux, fait la connaissance des femmes de la maisonnée, Louise l’épouse, Marie la fille d’un premier mariage et Catherine la cuisinière native de Colmar. Toutes les trois lui font bon accueil, quant à Lardin, il est un homme froid et impersonnel.
Dans ses fonctions, Nicolas rencontre un monde souterrain et un Paris grouillant et pouilleux. Rien ne semble structuré, pourtant l’ambiance chaotique des marchés et des rues s’organise dans une hiérarchie bien ordonnée. Il côtoie les « mouches », les gardiens des remparts, les hommes du guet, les prostituées, les mendiants, les colporteurs… les réseaux sont tentaculaires.

Février 1761, Paris,

Dans les ruines d’un ancien gibet à Montfaucon, une vieille femme observe deux hommes éparpiller les restes d’un cadavre livré en pâture aux rats.
Cette même nuit, Nicolas rentre à Paris, son tuteur est décédé.
Le mois de février annonce le carnaval et les masques grimaçants saluent son retour. Cette farandole de visages grotesques augure un temps de débauches, de pillages et de rapines.
Chez les Lardin, Louise est interrogée par l’inspecteur Bourdeau. Le commissaire Lardin a disparu et sa femme ne l’a pas vu depuis quelques jours. L’histoire est délicate car le commissaire pourrait enquêter sur des tripots clandestins et dans ce cas, toute agitation et tourments n’ont pas lieu d’être.
Convoqué par Sartine, Nicolas se voit confier l’affaire et tous les pouvoirs pour retrouver Lardin. Bourdeau est mis à son service pour l’assister. Cet homme est un fin limier, intelligent et très sympathique.
L’enquête débute à la morgue où Nicolas rencontre le Dr Semacgus, un chirurgien de marine, qu’il connaît, ami aussi de Lardin. Semacgus cherche parmi les macchabées la dépouille de son domestique Louis qui a disparu. Nicolas en profite pour le questionner car d’après la Paulet, tenancière d’un bordel, les deux hommes se seraient vus dans son établissement le soir de la disparition. Un tiers est aussi à noter… le cousin de Louise, le Dr Descart. Une vive querelle les avaient échauffés mettant en cause l’honneur de Louise qui ne serait pas une épouse fidèle.

Rien n’étaie le dossier, si ce n’est les animosités de trois hommes, Lardin, Descart et Semacgus. Mais très vite, des indices incontestables prouvent le décès de Lardin. Des chairs en décomposition et les habits de Lardin, ainsi que sa canne, ont été trouvés sur les lieux d’un ancien équarrissage, à Montfaucon.

Sur une table dans les sous-sol du Châtelet, « Monsieur de Paris » Charles-Henri Sanson, bourreau exécuteur au service du roi, officie à l’autopsie. Des morceaux que les rats et les rapaces ont bien voulu laisser, il en résulte que Lardin a été assassiné et ce n’est pas Descart qui en est l’auteur, car quelques jours plus tard, on le découvre mort, poignardé et torturé.
Nicolas ne veut pas que les soupçons s’orientent vers Semacgus, un homme qu’il estime, et s’empresse de trouver les coupables et les mobiles. A voir la mine de Sartine, l’enquête doit être plus alambiquée qu’on peut le supposer et de ce fait… concerner les affaires secrètes et politiques du roi.
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Premier tome d’une série qui compte à ce jour onze livres, cette histoire retrace la première enquête de Nicolas Le Floch et son arrivée à Paris. L’auteur est un très bon conteur. Nous partageons l’enthousiasme du jeune homme livré à une belle aventure, un peu perdu dans une ville qui n’a rien de comparable à celles de la Province. Il admire les hauts lieux de la capitale, tel un touriste, comparant ce réel, aux illustrations gravées qu’il contemplait dans son enfance. « Au service du roi »… la fierté de cette tâche est noble mais aussi naïve. On perçoit Nicolas dans la fraîcheur de sa jeunesse, encore un peu candide, doux et avide de connaissance, mais aussi les caractères de sa future personnalité, autoritaire, fin psychologue, impétueux et charmeur.
De ce roman, les personnages se positionnent pour les prochains épisodes… Sartine, Noblecourt, Bourdeau, Semacgus, Sanson, la Paulet, la Satin que je n’ai pas décrit dans le résumé et qui est une douce amie à Nicolas, le roi Louis XV, la marquise de Pompadour… tous, illustres ou fictifs, seront au rendez-vous pour le second tome « L’homme au ventre de plomb ».
J’ai beaucoup aimé lire ce roman. L’intrigue est bien amenée, surprenante, captivante et le côté historique est passionnant. Voir Paris en ce siècle, sous la plume de Parot, est enrichissant. De plus, Nicolas est un enquêteur fort séduisant !
Je vous recommande ce livre, il est une très agréable lecture.

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Des billets chez Adalana, Natiora, George, Eiluned, Mazel, Shelbylee, Nahe, Emma, Koali, Mrs. Pepys, Bianca, Touloulou, MissyCornish, Edith, Asphodèle, Miss Léo, Eliza, Lilousoleil, Nag, Ys,
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peinture-libertine

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Le passage des Lumières, Espoirs – Tome I

Un livre prêté par Somaja.

Le passage des Lumières
Espoirs, Tome I
Catherine Cuenca

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A vingt et une heures, Zélie, adolescente de quinze ans, a rendez-vous avec son oncle, dans le jardin en friche, d’une maison en ruines. Rien ne rassure la jeune fille qui attend…

C’était à Noël, son oncle Frédéric, historien à l’université, lui avait raconté en confidence une étrange aventure. Passionné par l’Histoire et les légendes, il avait toujours une anecdote dans sa gibecière, mais ce jour là, le sujet était fantastique ! Il serait possible de voyager dans le temps… Propriétaire d’un vieux manuscrit acheté chez un bouquiniste, il est détenteur du témoignage du père Joseph Aubry, prêtre de la paroisse de Basmont-en-Argonne, au 18ème siècle ; en 1780, du bétail disparaissait. Les faits étaient assez anormaux et incompréhensibles pour être rapportés dans un livre, source d’informations sur le siècle des Lumières. Oncle Fred, après de nombreuses recherches, en avait conclu qu’un champ électromagnétique pouvait ouvrir une porte sur des dimensions spatio-temporelles. Passé et présent pouvaient se croiser et… il en avait fait l’expérience !!!

La pleine lune éclaire les arbres aux branchages menaçants. Oncle Fred avait dégagé un passage qui menait à une grotte. Lasse de patienter, Zélie la curieuse, avec son sac à dos, s’engage alors dans la cavité pour ne découvrir que du vide. La plaisanterie devait cesser et elle était prête à rentrer chez elle. Mais lorsqu’une voix l’interpelle, elle est loin de se douter que son retour à la maison ne se fera que dans un mois, par une nuit de pleine lune… « A l’intérieur, rien. Elle ressort. Dehors, la lune brille toujours, mais la maison en ruines est maintenant en parfait état. »

« – Vous êtes Zélie, la nièce de Frédéric Latour ! lâcha-t-il soudain.
– Quoi ? bredouilla Zélie. Et vous, vous êtes qui ?
– Le père Joseph. »

Mercredi 11 mars 1789…
Dans le presbytère du père Joseph, où elle est conduite, Zélie fait la connaissance de la gentille Albine, la bonne de la maison. Un peu saisie par l’évènement, elle est partagée entre la peur et la fascination. Ce n’est pas un rêve, c’est une réalité !
Elle sera Marie-Azélie, une jeune fille qui revient des îles et qui avant de rentrer au couvent, a été confiée par son père Frédéric Latour, parti visiter les Indes, à son parrain le père Joseph.

Un mois en complète immersion dans un monde proche de la Révolution Française, trente jours dans cette vie valent trente minutes dans l’autre… Le voyage va se révéler fort passionnant.
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J’ai beaucoup aimé ce livre.
Premier tome d’une série en cinq volumes, je l’ai lu avec une impatience très enfantine. J’ai été charmée par l’histoire, les personnages, le style, les informations historiques… et les dialogues, vivants, plein d’humour et de finesse. L’auteur nous offre des portraits fort en caractère, sympathiques, attendrissants et pour certains, vraiment odieux. Zélie se confronte avec une époque qui a ses us et coutumes. Quelques passages font sourire, d’autres grimacer (l’hygiène et les abus de pouvoir). La petite ado, insolente, hardie, se heurte à l’autorité et n’hésite pas prendre part aux discussions, même les plus politisées.
Il est plaisant aussi de lire le régime alimentaire à base de pain bis, fruits secs, choux, pois, beaucoup de légumes, soupe, tourte… car il n’est pas sûr que nos jeunes apprécieraient !
Ce tome raconte 1789. Les Etats généraux vont bientôt se rassembler. Le cahier de doléances prend les vœux des villageois, du Tiers état, pour être transmis au roi. L’éducation des enfants est un sujet important.
Parmi les personnages que Zélie rencontre, il y a Léandre, un jeune homme de dix-huit ans, qui fait son apprentissage chez son oncle, notaire à Basmont. Léandre est charmant et il a de beaux yeux… Une romance pimente l’histoire… bien compliquée avec trois siècles d’écart, mais on la souhaite heureuse !

J’ai hâte de lire la suite et je remercie Somaja.

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Autoportrait d’Elisabeth Vigée Lebrun

Des billets chez Somaja, Hérisson,
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