Les leçons d’une courtisane


Les leçons d’une courtisane
Emma Wildes

Quatrième de couverture :

« La belle Brianna est mariée depuis trois mois au duc de Rolthven, qui a toutes les qualités rêvées. Sauf qu’il ne lui consacre pas une minute. Il n’a que faire d’une oie blanche, se désole-t-elle. Mais elle l’aime et veut le mettre à ses pieds, aussi se lance-t-elle dans un ambitieux projet : séduire son mari ! Aidée des conseils d’un petit manuel interdit tombé entre ses mains, la sage duchesse va alors se muer en déesse de la volupté… à la grande stupeur de son époux.
Un jeu dangereux, dont Brianna n’a peut-être pas mesuré toutes les conséquences. »

Cette romance est une déception car j’aurais aimé ressentir un peu plus d’émotion. Il n’est pas bon de s’endormir sur la page « des ébats passionnés » et cette somnolence n’est pas à mettre sur le compte de mon rhume. Malgré tous les critères réunis, sans être trop sévère, je dirais que ça manque de piment, ça paraît superficiel, lisse, et le duc est trop sage, voire mou, pas assez à la hauteur de sa stature.
L’histoire est partagée entre un couple, Brianna-Colton, et un couple en phase de le devenir, Robert-Rebecca. Séduction, conquête, jeux… les femmes sont des amazones modernes qui, armées d’un petit livre interdit, prennent les brides de leurs avenirs.

A mes copines « Force Rose »… Patacaisse, Sandy, Vilvirt ?…
Ce livre est à votre disposition, si vous désirez le lire, je vous l’envoie !
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Alphonse Léon Noël
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Les insoumises, Audrianna, tome I

Challenge Amoureux de L’irrégulière, Catégorie « Truc Light »
Challenge « Vie de château » de Cécile, Mademoiselle P ointtillés et Pimpi
Challenge « Once Upon a time » de Pimpi

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Les insoumises
Audrianna, tome 1
Madeline Hunter
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Audrianna est seule dans une auberge de village. Il est certain que la réputation d’une demoiselle est compromise aussitôt qu’elle se balade sans chaperon, mais que peut attendre une jeune fille de vingt-cinq ans dont le père s’est suicidé à la suite de son procès pour trahison envers la Couronne !
Sous l’oeil goguenard de l’aubergiste, Audrianna demande une chambre et informe qu’elle attend une personne. Celle-ci devra être conduite auprès d’elle, lorsqu’elle demandera à parler à un certain Mr. Kelmsleigh.
A l’abri des regards, Audrianna arme son révolver et pense à ce Domino qui a donné rendez-vous à son défunt père. D’où sort cet inconnu ? N’a-t-il pas appris le décès de son père, deux ans plus tôt ?

Lord Sébastien Summerhays arrive à l’auberge des Deux Glaives. D’après l’annonce inscrite dans le Times, un certain Domino souhaiterait rencontrer feu Horatio Kelmsleigh. Cet homme, responsable du Conseil d’Artillerie, accusé d’avoir falsifier les comptes des munition en poudre destinées à la guerre, est mort avant d’avoir donné des explications, laissant le mystère entier.
En rentrant dans la petite chambre seulement éclairée par la faible lueur du feu, Sébastien espère tirer des révélations de ce contact. Accusateur véhément lors du procès, il est prêt à clore le dossier et à venger son frère Morgan, troisième marquis de Wittonbury, cloué sur un fauteuil roulant, handicapé par ses blessures de guerre.

En cette nuit froide et pluvieuse, après quelques discordances verbales et corporelles, tous deux vont être contraints au mariage.
Audrianna ne croit plus à l’amour et Sébastien, jouisseur et libertin, se soumet à condition de garder sa liberté, son indépendance. Une chose est certaine, ils ont des points communs… Retrouver les instigateurs du complot, les vrais coupables, rendre heureux Morgan qui s’est pris d’affection pour Audrianna et… calmer l’envie, le désir, qu’ils ont l’un pour l’autre.

Avant de partir dans sa nouvelle demeure, Audrianna tient à recevoir les conseils de ses amies. Après le drame familial et l’abandon de son fiancé, elle a quitté le giron maternel pour la demeure campagnarde de sa cousine Daphné qui, suite à son veuvage, s’est transformée en horticultrice. Dans cette maison qui fut son refuge durant deux ans, Audrianna a été heureuse et loin d’être solitaire car deux autres jeunes filles, Celia et Lizzie, ont trouvé l’hospitalité chez Daphné et assistent celle-ci dans son négoce.
Même si les trois amies ne sont plus de candides adolescentes, elles poussent Audrianna à accepter la demande et voient avec confiance cette union de convenance.

Passion et aventures seront les prémices de ce mariage…

Premier livre d’une série, cette romance inaugure aussi ma catégorie « Romanesque ». J’ai passé un agréable moment avec des personnages sympathiques et attachants. Femmes et hommes sont blessés, prisonniers de leurs conditions, mais sachez qu’ils sont beaux, ardents, un peu désespérés, dignes et héroïques.
Je pense lire le tome consacré au sulfureux duc de Castelford qui a ma préférence… pour les raisons que vous devez vous douter un peu.
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Peinture de Charles Robert Leslie
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Mystérieuse Alathéa

Je vous présente un livre de la collection « Les romans préférés de Barbara Cartland », tiré du haut de mes étagères couvertes de poussière.


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Mystérieuse Alathéa

Elinor Glyn

Quatrième de couverture :

« Février 1918…
Dans son splendide hôtel parisien, sir Nicholas Thormonde vit des jours douloureux. Revenu du front gravement blessé, lui, le bel officier intrépide, se sent humilié, inutile.

Sur le conseil d’un ami, il décide d’écrire, mais il lui faut une secrétaire.
Miss Alathéa Sharp se présente : toute jeune et pâle dans une pauvre robe, le visage caché par des verres fumé, mais parfaite secrétaire.
Cependant, Nicholas s’irrite : à toute question, à toute parole aimable, elle se dérobe, glaciale.
Un jour, par surprise, Nicholas découvre son vrai visage, d’une rare distinction, son regard d’un bleu intense. »

J’ai commencé cette lecture avec une petite joie emplie de nostalgie. Trente années séparent ma première lecture de cette re-lecture. J’étais alors une petite adolescente au début des années quatre-vingt, un peu honteuse de lire ce genre de roman, consciente que la comparaison ne souffrirait pas des autres histoires qui me faisaient fantasmer ; Jane Eyre, Le Grand Meaulnes, les Claudine…
J’ai ouvert ce livre qui sent la poussière et dont les pages jaunies ont l’aspect rêche du vieux papier. Je me suis retrouvée dans l’appartement parisien, décoré avec richesse, de Nicholas. Son humeur est sombre, dépressive, presque suicidaire. Grièvement atteint dans ses chairs, il fait défiler le temps sous sa plume, sur les pages de son journal intime.

« Ma vie ne vaut plus la peine d’être vécue. La guerre m’a ravi en pleine jeunesse toutes les joies qu’un homme peut attendre de l’existence.
Je me contemple avant de replacer le sinistre couvre-oeil sur mon orbite gauche. Borgne, avec une épaule déjetée et la jambe droite amputée au niveau du genou… »

Ce soldat mutilé, désœuvré, solitaire, une gueule cassée, est une image follement romantique pour une Super Midinette. Plus il souffrait, plus j’aimais ! Ce n’est pas de l’insensibilité, nous sommes dans un roman sentimental, nous savons que notre héros ne restera pas longtemps anéanti… Lorsqu’arrive Miss Alathéa, la rencontre n’est pas très chaleureuse. La demoiselle est un épouvantail tiré à quatre épingle ; vieux chapeau, habits démodés, lunettes à triple foyers, cheveux prisonniers d’un chignon sévère… Nicholas note : « Insignifiante petite Miss Sharp ». Insignifiante ? Vraiment Nicholas ? Pas pour longtemps…
Les sirènes retentissent, les obus tombent, la place Vendôme est brisée. La guerre n’est pas terminée… nous sommes en février 1918… A la fin du roman, nous sommes le 11 novembre, c’est l’armistice, les canons grondent mais de liesse, et Nicholas étreint sa bien-aimée en récitant les vers d’un poème :
« Lorsque nos fortes âmes, vainquant leurs réticences,
Sauront n’en plus faire qu’une, enfin et pour toujours ! »

Ai-je ressenti l’exaltation de mes treize ans ? Non, mais je m’y attendais. J’ai donc entamé cette lecture avec beaucoup d’indulgence et le sourire ne m’a pas quitté. Le style est très désuet, il date de 1922, mais l’intrigue est indémodable. Un homme démoli, riche, une femme mystérieuse, hautaine, pauvre, le chat qui guette la souris, un mariage arrangé, l’amour qui frémit mais qui reste secret…

Je ne relirai plus cette collection, mais dès que je retournerai chez mes parents, j’écumerai les coins du grenier à la recherche des autres livres. Je ne serai plus embarrassée et  je vais leur trouver (ou faire) une parcelle vide sur les étagères de ma petite bibliothèque, en mémoire de mes heures passées à rêver.



Portrait d’Elinor Glyn

Challenge d’Antoni
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