Miel et vin

Lecture commune avec Adalana et Challenges
Vie de château de Cécile, Pimpi et Mlle Pointillés
Summer PAL de Bleue et Violette, Challenge amoureux de L’Irrégulière

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Miel et vin
Myriam Chirousse

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« Au château, l’enfant « maudit » cause incendies, maladies et accidents mortels autour de lui. Rien ni personne ne lui résiste. Ce bâtard finira pourtant par devenir Charles de l’Eperay, l’héritier en titre. Non loin de là, une enfant est abandonnée dans la forêt. Recueillie par une famille noble, elle grandit sous le nom de Judith de Monterlant. Les destinées de ces deux êtres vont se croiser : ils s’attirent irrésistiblement et s’égarent dans les méandres d’une passion dévorante. Pourtant Judith se marie avec un autre homme.
1789 : le monde bascule et les nobles sont aux abois. Charles, malgré son rang, épouse la cause révolutionnaire. Que va-t-il advenir des amants ? »

Un très beau livre historique… Une lecture passionnante, un voyage dans le temps, un coup de coeur !

De l’insouciance, l’audace, la fougue de Judith, une fillette trouvée sur les bords de la Dordogne à l’âge de trois ans par Guillaume de Salerac un matin de mai 1773, à l’âme naufragée et torturée de Charles de l’Eperay, bâtard maudit du comte de l’Eperay, marquis des Beaux et de Cajeac, seigneur de Vaillac, de Vouvres et de la Roque-Esteron…
Deux êtres qui se rencontrent, se reconnaissent, s’aiment, se perdent, se retrouvent dans le Paris de 1789, se déchirent et se fuient…

Les Etats généraux, la prise de la Bastille, les émeutes, la fin de la monarchie, la guillotine, les cocardes tricolores, la Terreur, la Guerre de Vendée, les insurrections… nous traversons la Révolution française à travers une passion puissante, vitale mais aussi destructrice.

La jeune Judith suit à Paris son mari, un député qui prend une part très active à la réunion des Etats généraux. Elle est curieuse de la vie citadine et s’émerveille de toute cette exubérance. Dans la journée, bien souvent solitaire, elle part incognito, travestie en jeune marchande, dans les rues, à l’affût des ambiances, de la vie et des prémices de la nouvelle ère. Charles est avec le marquis de La Fayette et s’implique dans la structure militaire, il est un capitaine noble, estimé et écouté, malgré son statut illégitime.
Tous les deux, enfants du Périgord, amants d’une unique étreinte inoubliable, une journée d’été de 1788, se retrouvent et sombrent aveuglément dans une relation secrète, impétueuse et avide. Lui pour elle, est l’unique, son souffle, sa chair, son nectar. Elle pour lui, est la lumière, sa délivrance, la douceur, son miel.
Mais les temps sont changeants et ténébreux. Charles, toujours tourmenté par son enfance, tenaillé par la vengeance, côtoiera d’autres personnages tel que Robespierre et Judith, marionnette du destin, essaiera avec beaucoup de courage et de force de survivre et de continuer à tracer son chemin avec fierté.

Une très belle histoire d’amour, des mystères, des ombres du passé, de la vaillance, des doutes, un esprit possédé, des personnages magnifiques, altruistes, arrogants, des mondes qui s’affrontent… un livre pour l’été. J’ai été captive le temps du roman, égarée dans un autre siècle.

Billet de la lecture commune d’Adalana

Le déclenchement de la Révolution française, le 14 juillet 1789 : après la prise victorieuse de la Bastille, le gouverneur et les gardes sont faits prisonniers et emmenés par une foule en colère.

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(tableau anonyme)

D’autres billets chez Bladelor, Sandy, Cécile,
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Vacances bordelaises, 1

Bordeaux, trois jours en avril

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Pique-nique au pied du Château de La Rochefouquauld

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Journée à Bordeaux,
visite au Musée et Galerie des Beaux Arts,
des rues de la ville…

Musée des Beaux Arts
Peintres exposés : Titien, Véronèse, Caravage, Brueghel, Delacroix, Corot, Redon, Bouguereau, Picasso, Vlaminck, Matisse…

Galerie des Beaux Arts
Exposition sur l’Espagne
Goya, Picasso, Matisse, Dauzats…

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Dans les rues, les placettes, la rue commerçante Sainte-Catherine, les halles couvertes, passage obligatoire devant la vitrine de la librairie Mollat…

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FAC des Arts et des Lettres

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Visite au C.A.P.C., musée d’art contemporain
L’Entrepôt Lainé

et déjeuner sur la terrasse

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Exposition, « Le premier fugueur » de Johan Furaker
« Voyages sans but, pertes involontaires de mémoire, fugues à répétition sont à l’origine de la fascination qu’exerce l’histoire d’Albert Dadas, un aliéné bordelais de la fin
du XIXe siècle, sur l’artiste suédois Johan Furaker. »
Une histoire stupéfiante !

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D’autres salles, d’autres artistes…

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… à suivre

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Charly 9

Quatrième participation au challenge d’Enna, dans la catégorie « Prénom ».


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Charly 9
Jean Teulé

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Un soir, peu avant le 24 août 1572, Charles IX, roi de France, fils de Henri II et de Catherine de Médicis, écoute patiemment sa mère, son jeune frère et ses conseillers.

Dans une confidence un peu tardive, Catherine de Médicis, la Florentine, lui dévoile être à l’origine de la tentative d’assassinat commise sur l’amiral Gaspard II de Coligny, conseiller, mentor et père spirituel de Charles.
Charles est outré, surtout que sa mère l’informe que l’opération sera réitérée très prochainement, et qu’elle souhaiterait, après cet aveu, avoir son aval. Les conseils préconisés par de Coligny, chef du parti protestant, vont à l’encontre des papistes car une guerre contre « la dévote Espagne reviendrait à engager la France du côté des Huguenots. »
Le jeune roi, âgé de vingt-deux ans, est faible et trop indulgent envers sa mère et son frère qui le tarabustent toute la nuit jusqu’à ce qu’il leur concède les meurtres de ses amis, de Coligny, La Rochefoucauld et Andelot.
Aussitôt, les conseillers profitent de cette faiblesse en demandant l’autorisation d’étendre le chiffre à six morts. Mais six, serait-ce suffisant ? Dix, alors ? Non, il y aurait les femmes aussi. Cent ? C’est peu ! Les femmes et les vieillards… Mille ? Peut-être ! Les femmes, les vieillards, les enfants et les infirmes. Tous des protestants.
L’idée de ce carnage est atroce, Charles se révolte…
« – Jamais, je n’ordonnerai ce que vous me réclamez. J’aimerais, mieux que mon corps soit traîné dans la boue des rues de Paris ! »
Traité de poltron par son frère, harcelé par sa mère et endoctriné par Gondi, Nevers et les autres conseillers, toute la nuit, Charles endure leurs paroles extrémistes et leurs boniments de gloire et de sainteté. Lassé, usé, dans un élan de colère, il accepte à une condition… les tuer tous.
« – Tuez-les tous, tous ! Je ne veux jamais voir un seul visage, entendre un jour une voix qui me le reproche !
– Et… l’aide sa mère comme on fait à un petit garçon apprenant sa leçon.
– Et donnez-y ordre promptement !
Sitôt tous dans le couloir, on entend crier :
– Le roi le commande ! C’est la volonté du roi ! C’est son commandement ! Le roi le veut ! Tuez-les tous ! »

Une date est décidée. Cela sera pour la Saint-Barthélémy, des milliers de morts dans Paris et d’autres villes de France. Les rapaces se gaveront des cadavres à la santé du roi et les rues seront des rivières de sang.

Le soixante-et-unième roi de France est aussi le roi de la Saint-Barthélémy. Jean Teulé nous offre sa version dans un langage imagé, fleuri (affectif envers son frère ! : Fot-en-cul,blasphématoire : Par la cervelle de Dieu, Par les couilles du Christ…), cocasse et moderne. Il retrace la dernière année du règne de Charles IX, entre guerres de religion et misère du pays. D’un roi bon et sensible (ça reste à voir !), mais aussi faible, naïf et immature, il nous raconte comment, il bascule dans la folie, en prenant des décisions irréfléchies, se cherchant des excuses quand sa conscience le tourmente, disparaissant dans les bois, fuyant des lueurs de lucidité, dans des parties de chasses sauvages et étranges, stigmatisant dans sa chair, jusqu’à sa mort, les massacres exécutés en son nom.
L’interprétation historique de Jean Teulé, entre horreurs et drôleries, se laisse lire avec plaisir et sans ennui. Outre la famille royale, les princes de sang, les chefs de guerre, on y côtoie des hommes illustres, tels que Pierre de Ronsard et Ambroise Paré.
A lire…

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Charles IX, portrait par François Clouet, 1571, pierre noire et sanguine

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Tous les matins du monde

Tous les matins du monde
Pascal Quignard

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Par une nuit de printemps en 1650, Monsieur de Sainte-Colombe rentre chez lui et apprend le décès de sa femme. Le deuil est très long et les regrets sont lourds. Maître gambiste, il se réfugie dans la musique et compose en mémoire de son épouse, une douloureuse musique pour viole, « Le tombeau des regrets ».

Dans sa maison de campagne en bordure de la Bièvre, il élève ses deux filles, Madeleine et Toinette. La vie est modeste car leurs ressources sont mesurées. Monsieur de Sainte-Colombe a peu de biens et enseigne la musique à quelques élèves.
L’homme a un physique maigre et allongé, ses lèvres sont sévères et ses yeux ont une dure fixité. Il est un être taciturne, secret, parfois coléreux et aussi rigide que sa collerette empesée qui lui ceint le cou. Si son esprit janséniste tait les manifestations de liesse ou le débordement de tout sentiment, il arrive parfois à montrer, malgré sa réserve, l’amour qu’il ressent pour ses filles. Tout est tenu, tout est caché, tout est pudique.
En grandissant, Madeleine et Toinette montrent des aptitudes à la musique. Elles sont toutes les deux douées mais leurs manières diffèrent. L’aînée est douce, silencieuse et discrète, la seconde est tout le contraire, rebelle et autoritaire et dans leurs souvenirs, l’image de leur mère s’estompe. Seul, Monsieur de Sainte-Colombe garde dans ses pensées le visage de sa femme. Dans le fond de son jardin, un petit cabanon abrite ses errances musicales, ses prières en notes. Il s’enferme et travaille quinze heures par jour la viole. Il cherche un son grave qui transcrirait son amour et son amertume et là, dans un clair obscur, sa femme vient le rejoindre.
Avec ses filles, devenues grandes, belles et virtuoses, il organise des concerts à trois violes et tous les quinze jours, ils sont écoutés avec révérences. Cette notoriété ne modifie en rien leur façon de vivre ; austérité et dénuement. A travers sa musique et ses compositions, Monsieur de Sainte-Colombe recherche l’absolu, le dépouillement et l’amour. Il est tout à la musique et reste sourd aux convocations du roi Louis XIV qui le prie de venir exprimer son talent à sa cour.
Un jour, un jeune homme de dix-sept ans se présente à lui. Il souhaiterait être pris en apprentissage. Il se nomme Marin Marais. L’entretien avec le maître n’est pas facile, mais Monsieur de Sainte-Colombe s’émeut et accepte de le prendre pour élève.
La vie sur les bords de la Briève, sous les rideaux des branches de saules, se modifie aux sons de la viole de gambe, des regrets et des pleurs. Les années passeront, douces, clémentes puis sombres et funestes car « tous les matins du monde sont sans retour ».

Ce livre est le tableau d’une solitude et d’une musique. Les couleurs sont des bruns, des ocres, des terres brûlées, des siennes, des pigments de rusticité. Il aspire à l’exil, la réflexion, au silence, à l’amour perdu. Il est une biographie narrée sobrement à l’image du personnage principal. On s’évade et on perçoit les échos des notes aux sonorités ciselées, solennelles et mélancoliques. Il est le souvenir de Marin Marais pour son mentor, leur dualité, l’ajout de la septième corde à la basse de viole de Sainte-Colombe, l’apparition d’une muse pour son musicien, les désillusions d’une jeune fille et les secrets de l’archet du Maître.

Un beau livre à conseiller, sans oublier le superbe film d’Alain Corneau.

Billets chez LiliGalipette, Karine,
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De Pierre et de cendre

Lecture commune proposée par George et Miss Alfie.

De pierre et de cendre
Linda Newbery

1920

Dans une salle d’exposition, les aquarelles et les huiles du peintre Samuel Godwin sont célébrées en sa présence. Un sourire de façade, une amabilité un peu forcée, il répond aux louanges des uns et des autres, s’astreignant à commenter et à objecter les interprétations personnelles des visiteurs.
« – Accordez-moi votre attention avant d’être pris d’assaut ! Je suis si curieuse… Dites-moi… »
Tous des poulpes, à le tirailler par la manche, à droite, à gauche…
« – La Sauvageonne. Elle m’intrigue beaucoup. Qui est-ce ? »
Samuel se retourne vers son tableau, il est absorbé par lui. Il pense…
 » A l’autre bout de la galerie, dans son cadre d’ébène, ma Sauvageonne m’observe. Son expression est gravée dans la cire brûlante de mes pensées, c’est mon pinceau qui a formé chaque nuance de ses traits, et pourtant je ne puis la regarder sans éprouver à chaque fois une nouvelle morsure de chagrin. Sur ses épaules tombent ces cheveux dont j’ai pris tant de plaisir à reproduire les reflets extraordinairement riches – couleur de châtaigne fraîche offerte à la lumière dans sa bogue encore entrouverte, de feuilles de hêtre jonchant la neige, de piécette patinée par le temps, d’aile de faucon. Ses yeux, ni vraiment verts ni vraiment bleus, s’accrochent aux miens avec une expression jubilatoire qui semble un appel. Voilà pourquoi je l’ai peinte : pour retenir à jamais cet instant, et les promesses qu’il contenait. »
Se retournant vers l’inquisitrice…
 » Elle est elle-même… Quelqu’un que j’ai connu il y a de longues années. »

Juin 1898, Fourwinds

Samuel Godwin se retrouve face à la grille d’une propriété ; Fourwinds. La nuit est sombre et les arbres sont des tentacules menaçants. Le portail en s’ouvrant prononce un grincement oxydé.
Jeune étudiant en peinture, d’une famille devenue modeste suite au décès du patriarche, il doit subvenir à ses besoins en travaillant. Dans cette demeure, il aura la tâche d’apprendre le dessin et la peinture aux deux filles de son nouvel employeur Monsieur Ernest Farrow, un veuf très fortuné, séduit par le talent prometteur du jeune homme.
La première rencontre avec l’une d’elles est violente. Dans l’obscurité, il perçoit un cri d’horreur qui le glace. Essayant de se maîtriser, il avance lorsqu’un corps le percute.
C’est une silhouette vêtue d’une cape qui s’accroche à lui brutalement et lui demande de l’aide d’une voix apeurée et hystérique.
 » Vous l’avez vu ?… Je ne peux pas arrêter de chercher tant qu’il rôde par ici… Le Vent d’Ouest ! Il faut le trouver… le capturer et le mettre à l’abri ! »
Frappé de stupeur, Samuel hésite, essaie de définir les contours de la jeune fille noyée dans l’ombre.
Elle se nomme Marianne, a seize ans. Être fantasque, talentueux et indiscipliné, elle oscille entre la folie, des extravagances et une docilité. Sa beauté n’est pas classique, elle est sauvage, solaire.
Arrivé dans la maison, où la décoration lui semble parfaite dans sa modernité et son esthétisme, il fait la connaissance de la sœur aînée, Juliana. Au contraire de sa cadette, elle est une jeune fille de dix-neuf ans douce, timide, effacée, presque translucide. D’après son employeur, elle serait douée pour le dessin, avec une approche très académique.
Les présentations sont faites par la gouvernante-dame de compagnie de ces demoiselles, Miss Charlotte Agnew. La jeune femme est depuis quinze mois le soutien et l’équilibre des habitants de Fourwinds. Malgré son jeune âge, elle se dévoue avec sagesse et réserve, ayant parfois un regard et des gestes maternels pour ses protégées.
Samuel est troublé, l’heure est tardive, cela expliquerait certainement l’opacité des regards qui l’entourent.
Après sa première nuit de rêves tourmentés, Samuel s’aventure dans le jardin jusqu’à un lac. Il est rejoint par Marianne dont les propos décousus le laissent perplexe…
 » …vous devez savoir que tant de beauté vous fera souffrir, car vous ne pourrez jamais la capturer, ni la retenir. »
Les lieux sont enchanteurs, il les visitent avec une vision d’artiste. Face à la maison, il en distingue toute la splendeur architecturale et découvre des sculptures. Aux points cardinaux, des bas-reliefs ornent la demeure. Ils représentent les sentiments des quatre vents, dans un art « classique et païen ».
Le Vent du Sud a l’image d’une femme, symbolisant l’assouvissement, la béatitude et la générosité. Le Vent du Nord porte les stigmates de la faiblesse et de l’abattement, c’est un vieillard. Le Vent d’Est est un jeune homme craintif dont l’effroi fait frissonner le spectateur. Le Vent d’Ouest… Il n’y est pas. Disparu ou non taillé, il manque et fait défaut.
 » Il rôde en liberté… Où est passé le Vent d’Ouest ? On ne le retrouvera jamais ? »
Samuel questionne, se passionne pour ces oeuvres d’une beauté absolue, admire l’auteur. A ses interrogations, les réponses sont évasives. L’artiste, Gidéon Waring, aurait disparu suite à une querelle avec Monsieur Farrow et n’aurait pas honoré la dernière partie de la commande.
Dés les premiers jours, une sournoise impression de malaise se plaque au ressenti de Samuel. L’hospitalité de la maison laisse une saveur amère. Ce monde est un huis clos qui souffre d’un mal indécelable mais qui sature l’ambiance avec des miasmes malsains.
Marianne est un feu follet, irrésistible, séduisant, qui fuit un monde réel. Juliana est un modèle de jeune fille, douée pour la musique, la broderie, patiente, conciliante, qui parfois sombre dans la mélancolie et a la pâleur d’une convalescente. Charlotte, la parfaite employée, consciencieuse, austère, se révèle être très secrète et possessive. Ernest Farrow, l’employeur généreux, charmeur, amateur d’art qui sympathise avec facilité mais qui garde au fond des yeux une froideur et une prétention aristocratique. A tous ces personnages mystérieux et instables, s’ajoute un autre, le fantôme… celui de Constance Farrow, mère et épouse, décédée.
Avec Samuel, nous évoluons aussi dans l’histoire avec les perceptions et les comptes-rendus de Charlotte. Leurs récits s’alternent en chapitre et ainsi se succèdent des révélations. Comme une enquête, ou les énigmes se distillent petit à petit, Samuel et Charlotte s’évertuent à trouver le petit grain qui enraille les relations à Fourwinds. Là, où tout y est mascarade et artifice.
Le dénouement, lorsque la dernière pièce du puzzle sera trouvée, laissera un goût de cendre.

J’ai aimé ce livre et vous le conseille vivement. Il a l’essence des écrits gothiques où le romantisme exacerbe l’esprit des personnages. Des secrets, des pulsions excessives, des jeunes gens beaux, vulnérables, un mystère à défaire, des lieux enchanteurs et menaçants, qui font vibrer le lecteur transporté à Fourwinds. L’écriture est belle, prenante, poétique et la fin, surprenante. Les Vents de pierre souffleront les cendres d’un passé accablant, et la renaissance fleurira.

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Peinture de Charles Courtney Curran

Retrouvez mes comparses et leurs billets… George, Miss Alfie, Vilvirt, Céline, Karine, Hélène, Lael, Manu,
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