Une saison au bord de l’eau

Lectures celtiques avec avec Cryssilda
Un auteur écossais

De la cuisine dans la littérature avec Fondant et Bidib

 

Une saison au bord de l’eau
Jenny Colgan

 

Flora MacKenzie a quitté son île natale Mure, au nord de l’Écosse, pour Londres. Assistante juridique dans un grand cabinet d’avocats de Broadgate, elle est du genre petite souris grise et comme elle n’a pas le même aplomb que ses collègues, elle se retrouve plus souvent aux archives qu’au devant de la scène. Sauf un jour, où son patron Joël Binder la fait appeler.
Joël Binder… Flora en est amoureuse depuis le premier jour. Beau, talentueux, si sexy, il est celui après qui elle soupire en secret, un fantasme inaccessible. Comparés à lui, les petits amis qui ont jalonné sa vie, monotone et solitaire, n’ont pas fait le poids et ont été rapidement relégués aux oubliettes.

Alors, lorsqu’un client milliardaire Américain qui a acheté la moitié de Mure, a un problème avec les « autochtones », et qu’il apprend qu’une employée du cabinet en est originaire, Flora est convoquée en urgence à l’étage de la direction.
Rougissante, tremblante et presque en apnée, la jeune fille apprend qu’elle va devoir retourner sur son île, une terre abandonnée trois ans auparavant après l’enterrement de sa mère et une violente dispute avec son père et ses trois frères. Elle devra défendre les intérêts de Colton Rogers qui veut faire du domaine du Rock un complexe hôtelier luxueux. La commission chargée des affaires de l’île veut implanter des éoliennes dans le paysage à l’extrémité de Mure, et la mission de Flora consisterait à renouer avec les insulaires et à leur rendre Colton sympathique, afin que le projet n’aboutisse pas.

Sa tâche est une charge qui semble bien trop lourde pour elle, mais les Écossais du nord sont coriaces et opiniâtres. On peut dire qu’elle ne lâchera pas le morceau si vite et elle fera tout pour donner satisfaction à son employeur !
A son arrivée à Mure, elle retrouve tout inchangé ; mêmes gens, mêmes méfiances, mêmes griefs. Et à la ferme de son père, les rancœurs empoisonnent encore leurs relations. Tout semble vétuste, d’un autre temps et bien trop sinistre depuis le départ de sa mère. C’est donc entre les pages des vieux cahiers des recettes maternelles qu’elle puise du réconfort et dans la préparation de ses gâteaux qu’elle se remémore les souvenirs heureux. Les fourneaux dégraissés et remis en états, ce sont des puddings, tourtes, scones, soupe à la queue de bœuf, pommes de terre braisées avec un excellent jambon du pays et du pain de seigle, des odeurs de fumets, des odeurs de sucre roux et d’épices qui parfument la maison et qui petit à petit vont la ramener vers ses proches…

La cuisine est une fine stratégie pour s’attirer les bonnes grâces des Muriens, les apprivoiser, et sur les encouragements de Colton qui l’assiste dans ses approches, Flora improvise dans une petite maison du village aux murs roses, une boutique où elle y vend ses pâtisseries. C’est l’été, l’île s’ouvre aux gens de l’extérieur et un vent nouveau balaye les esprits.
Les plans de bataille, véritables ruses guerrières, ne se feront pas sans certaines personnes. Fintan, le frère de Flora qui travaille à la ferme et qui connaît tous les produits du terroir, sera également sollicité et Joël quittera Londres pour superviser les manœuvres.

La petite assistante juridique sans grande fantaisie, si terne qu’elle en était transparente, si timide qu’elle en était bizarre, devient une jeune femme intéressante et d’une beauté qui s’assortit à son l’île.
Mure est enchanteresse, solennelle, mystérieuse. Elle envoûte le visiteur qui ne veut plus en repartir. Colton en a été sensible et a voulu en achetant ses terres et ses pierres, être l’un des siens. Quant à Joël, celui que bien souvent on décrit comme toxique et odieux, la possession, si on peut appeler ça ainsi, se fait d’une manière plus subtile. L’île se dévoile dans ses brumes, ses nuits claires, dans la fantaisie de ses habitants et sa culture celtique avec ses légendes et sa magie, dans le fait qu’elle soit un bout de terre
au bout du monde. Au fil des jours, elle devient également salvatrice, loin des vieux cauchemars et de l’insipidité de sa vie.

Je vous recommande ce livre qui conte de belles histoires d’amour. Généreusement, l’auteur y a mis de beaux sentiments, de l’humour, de splendides paysages, des noms de plats qui font saliver, et des personnages plein de charme.
Pour avoir déjà lu la suite, « Un Noël au bord de l’eau », je peux vous dire que ce premier tome a de douces saveurs. Il est très différent du prochain qui amène d’autres émotions…

 

Un billet chez Jojo,

 

 

 

17 réflexions au sujet de « Une saison au bord de l’eau »

  1. Je l’ai lu moi aussi, je l’ai aimé mais j’ai emprunté le 2 à la médiathèque et le résumé m’a dérouté, j’ai lu les premières pages et je l’ai rendu sans aller plus loin ! Je ne sais pas vraiment pourquoi, je le reprendrai plus tard. La petite librairie est très sympa à lire.

    • C’est que si dans ce premier, tu rigoles car il y a des situations assez comiques, dans le second, ben… tu pleures ! Les premiers rôles changent. L’histoire d’amour de Flora vient en second plan. Il est triste, mais j’ai beaucoup aimé.

    • C’est du fell good, Aifelle. Je ne sais pas si tu aimeras. Et puis, il faut passer sur l’absence de négation. Je ne sais pas si c’est dû à la traduction où si c’est un style. A part ça, vas-y ! c’est mignon.

    • Je suis venue chercher le lien de ton billet et je ne l’ai pas trouvé. Par contre, j’ai vu qu’il pouvait être inscrit dans votre challenge.
      A bientôt, Fondant !

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