Mangue amère


Challenge voyage en Inde avec Hilde

 

Mangue amère
Bulbul Sharma

 

Sans explications, juste avant sa mort, le vieux Bhanurai Jog avait renié les personnes de sa famille en léguant sa grande et belle maison à Badibura qui n’était qu’une lointaine connaissance de son épouse, morte avant lui. C’est donc pleine de reconnaissance pour ce bienfaiteur qui l’avait extraite d’un statut miséreux, que Badibura avait pris l’habitude tous les ans de célébrer un festin le jour de l’anniversaire de ses funérailles.

Le livre commence ainsi. Cette fois-ci pour le repas, Badibura a demandé à sept femmes de son entourage de le composer. Elles arrivent l’une après l’autre avec dans leurs paniers de quoi composer les plats qui garniront la riche tablée. La cuisine s’anime et se colore, les légumes se mêlent aux fruits, les épices aux herbes, le chant des marmites aux histoires de ces cuisinières qui vont conter tout le temps des préparatifs.
Les récits sont comme le titre de ce roman ; mangue amère… doux et âpres, légers et acides, veloutés et violents. Ils sont à l’image d’une cuisine où le sucre se combine parfaitement aux piments.

A travers ces nouvelles qui ne parlent que de femmes, nous côtoyons une société très marquée par les codes, les rituels ancestraux et le respect des traditions. Souvent traitées de sorcières et reléguées à un rang inférieur à celui de l’homme, elles n’apparaissent dans les histoires pas seulement soumises, mais fières, fortes et dangereuses. Jeune mariée, veuve, mère abusive, belle-mère dominatrice, épouse meurtrie, femme stérile, leurs portraits sont complexes et bien supérieurs aux hommes qui sont décrits comme des êtres faibles, immatures et égoïstes.

Avec ce livre, l’auteur nous plonge dans un univers lointain, curieux et difficile à comprendre. J’ai beaucoup aimé lire les couleurs et les parfums, à l’évocation de ces paniers en cuisine plein de potirons, d’aubergines, d’épinards, de coriandre, de menthe, de basilic, de gingembre… à l’évocation des lieux, à l’ombre des manguiers, sous les goyaves… à l’évocation des saris en soie… Mais je n’ai pas aimé tout le suc cruel et sec qui s’en délivre.

 

 

 

6 réflexions au sujet de « Mangue amère »

    • Est-ce l’air du temps qui m’a empêché d’apprécier pleinement ? Je ne sais. Les femmes entre elles ne sont pas tendres. Et les nouvelles se sont enchaînées sans me tirer une once de compassion. Cette distance est une barrière pour moi.
      Si ça se trouve tu aimerais ! Ah oui… ce qui est doux et chaleureux, c’est toute l’écriture sur la cuisine. J’avais des effluves épicées entre les lignes…

  1. Je l’ai lu il y a longtemps! Il me semble avoir préféré d’autres recueils « La Couleur des aubergines » ou « Mes sacrées tantes » mais il faudrait que je le relise, je l’ai dans ma bibliothèque donc c’est possible. 🙂

    • Les évènements ont stoppé net mon escapade indienne. J’en ai un autre à chroniquer. Mais vois-tu… si j’arrive à percevoir derrière les mots la complexité des histoires japonaises, je me sens un peu hermétique à la littérature indienne.
      Par contre en cuisine, c’est différent !

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