La crique du Français


Mois anglais avec
Lou et Titine
Challenge Petit Bac avec Enna
Une lecture commune avec Fondant-Grignote

 

 

La crique du Français
Daphné du Maurier

 

Au temps de l’histoire de La crique du Français, le littoral des Cornouailles aux falaises escarpées et aux landes sauvages battues par les vents n’était pas beaucoup fréquenté. Quant au petit hameau d’Helford, il était comme un coin perdu au bout du monde.
C’est dans cette région que la belle sulfureuse, capricieuse et inconstante Dona St Columb décide sur un coup de tête de partir avec ses deux jeunes enfants et leur nounou, pour son domaine de Navron.

En quittant Londres, son mari et ses amis, elle fuie une vie ennuyeuse et débauchée. Car à bientôt trente ans, elle se découvre sans rêves, sans désirs, désabusée et très différente de la femme qu’elle aurait aimé être.
Lorsqu’elle arrive dans le manoir familial où elle n’était pas attendue, elle est accueillie par William, le successeur du vieux régisseur et trouve une demeure en sommeil, pleine de poussière. L’atmosphère des lieux respire un certain mystère et semble porter les promesses d’une vie plus légère et plus saine, sans les miasmes de la capitale et les beuveries de ses fréquentations. Désertée par sa domesticité durant l’absence des propriétaires, elle se remet à vivre lentement.
Sous le regard énigmatique et ironique de William, Lady St Colomb s’acclimate à la douce ambiance de l’été en batifolant dans le jardin avec ses enfants et en menant une existence de bohémienne. Débraillée, enivrée de soleil, alanguie, elle apprécie la solitude et le calme à leur juste valeur. Mais cette quiétude est compromise par l’arrivée de son voisin, Lord Godolphin, qui vient lui présenter ses hommages et l’entretenir d’un sujet important. Il souhaiterait avoir le soutien de son mari pour la traque d’un dangereux pirate qui pille la côte. Le Français les nargue depuis trop longtemps et il serait bon que la justice l’appréhende définitivement.
Intriguée par l’affaire, attirée par le sel de l’aventure et l’aura de ce bandit, Dona se met à surveiller la conduite équivoque de William qui pourrait être de connivence avec lui. Décidant un jour de le suivre discrètement, elle est menée dans une crique près de son domaine, où elle se fait kidnapper et embarquer sur le bateau pirate.
Rudoyée gentiment, juste pour pimenter le rapt, elle se retrouve face au Français, un homme au regard sombre et au charme dévastateur… Étrangement, il l’attendait. Étrangement, tout lui semble normal et naturel, comme si elle avait déjà vécu la scène.

A compter de cet instant, l’existence de Dona va connaître bien des changements ! D’inconséquente, sa vie est happée par un vent de liberté et de passion, car durant un petit intermède en mer sur le bateau La Mouette et sur terre à Navron, les aventures, romanesques et périlleuses, vont s’enchaîner jusqu’à la venue de son mari accompagné de Lord Rockingham, un libertin qui veut la conquérir de gré ou de force.

Au début du roman, l’auteur attribue à l’embouchure d’Helford, le chenal qui conduit à la crique, mille parfums et couleurs, du mystère et de la magie. Cette parcelle de Cornouailles sera le théâtre d’un bel amour, de combats épiques, d’évasions et de malheureuses destinées. Dona devra choisir entre sa vie insipide d’épouse et de mère et une vie exaltante avec l’homme qu’elle aime.

Daphné Du Maurier a implanté son histoire dans une région qu’elle aimait et qu’elle a choisie pour d’autres romans. Récit historique d’aventure et d’amour, elle a attribué à ses héros des caractères forts et nobles, épris de liberté et de justice. On le sait maintenant, elle n’était pas pleinement épanouie aux côtés de son époux et on peut imaginer que le choix qui est soumis à Dona à la fin du roman, elle se l’ait posé aussi un jour…
Je vous recommande cette lecture captivante, très romantique qui n’est aucunement surannée et affectée.

« – En Bretagne, il existe une maison, dit-il, où une fois, vivait un homme, nommé Jean-Benoît Aubéry. Il se peut qu’il y retourne, et recouvre les murs nus de sa demeure de dessins d’oiseaux, de portraits de son mousse. Mais à mesure que passeront les années, ceux-ci pâliront et s’effaceront.
– Dans quelle partie de la Bretagne se trouve la maison de Jean-Benoît Aubéry ? demanda-t-elle.
– Dans le Finistère, ma Dona, répondit-il. Ce qui signifie, la fin de la terre.
Et Dona évoqua les falaises rousses, l’arête déchiquetée du promontoire, le grondement des vagues déferlant contre les rochers, le cri des mouettes, le soleil ardent frappant les falaises, desséchant, brûlant l’herbe rase, ou le doux vent d’ouest, tout enveloppé de brouillard et de pluie.
– Comme un éperon de roches dentelées, elle avance dans l’Atlantique, dit-il. Nous l’appelons la pointe du Raz. Aucun arbre, aucun brin d’herbe n’y poussent. Jour et nuit, elle est battue par tous les vents. Au large, non loin, deux marées se rencontrent ; sans cesse, perpétuellement, le ressac y bouillonne, dans un formidable rejaillissement d’embruns et d’écume… »

 

 

 

14 réflexions au sujet de « La crique du Français »

  1. Un coup de coeur pour moi, l’un de mes préféré de Daphné. Le seul roman qu’elle acceptait de qualifier de romance ou de romantique d’ailleurs. Et la crique existe vraiment…faut que tu ailles la voir absolument. Daphné a eu plusieurs hommes et femmes dans sa vie, pas tant que ça d’ailleurs, et son mari fut l’un de ses grands amours mais un seul amour ne suffit pas souvent…

    • Pour moi, Rebecca est le must. J’aime le gothique de l’histoire. Et j’aime aussi « Ma cousine Rachel » pour la complexité du personnage.
      « La crique du Français » est un bon roman, avec un degré inférieur si je devais le comparer aux deux autres. Et si elle avait assumé pleinement le genre romanesque, elle aurait terminé son histoire autrement. Car la fin me laisse un peu triste. C’est mon côté Force Rose qui te le dit.
      La Cornouailles… j’en rêve !

      • Elle n’a jamais fait de fin heureuse…sauf peut être sur ses derniers que je n’ai pas lus et qui ne sont pas terribles à mon avis. Faut y aller en Cornouailles, n’attends pas !! je rêve d’y retourner, cette année on n’étais pas très loin à vol d’oiseau mais au moins à 2 h de route aller.

  2. Je te dirais la même chose qu’à Fondant ; cette lecture me tente énormément, en plus j’adore Angélique ;0) Il y a une sacrée atmosphère dans les romans de Daphné Du Maurier, je me relirais bien Rebecca aussi, mais bon comment lire tout ce qui nous tente, et en plus faudrait prévoir du temps pour les relectures ;0)

  3. J’ai évidemment adoré Rebecca et je ne sais pas pourquoi je n’ai jamais rien lu d’autres de cette auteur. Mais là tu me mets l’eau à la bouche et ce roman me semble idéal pour l’été.

  4. J’ai ce livre dans ma PAL quelque part, j’adore Daphne du Maurier, j’ai presque tout lu d’elle mais pas celui-ci… Et les histoires de pirates me font toujours rêver… Aussi, je vais peut-être faire une petite entorse à ma liste de romans programmée pour le mois anglais et le lire. Il faut d’abord que je fouille mon grenier pour savoir où j’ai bien pu le ranger!

      • Lol c’est justement ce que ma famille m’a dit. Mes parents m’ont dit d’arrêter de bouger dans tous les sens, à une semaine de l’accouchement donc pas de grenier dans mon état. J’ai demandé à mon homme de me descendre la cagette.

        • La veille de mon premier accouchement, j’aidais mon mari pour la restauration de la maison ! Mais ce n’était pas sérieux… La lecture, c’est bien !

  5. Ping : Lectures d’été – Miss Zen

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