Le restaurant de l’amour retrouvé

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Une histoire offerte par Sandrion, pour Les Gourmandises
Une lecture partagée avec Louise, Nahe

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le restaurant de l'amour retrouvéLe restaurant de l’amour retrouvé
Ogawa Ito

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En rentrant de son travail, Rinco, une jeune japonaise de vingt-cinq ans, a la surprise de découvrir son appartement vidé de tout son intérieur. Le « voleur » est son fiancé indien qui l’a abandonnée en emportant toute leur vie, rêves et économies compris. Le choc est tel qu’elle en perd la voix.
Sous le bras, la jarre héritée de sa grand-mère dans laquelle fermente une précieuse saumure, et juste de quoi payer le bus, Rinco s’en retourne dans son village natal, une contrée située dans une vallée entre deux Mamelons. Alors que le paysage défile derrière les vitres du car, d’autres souvenirs viennent se calquer. C’est à l’âge de quinze ans qu’elle a fui la région montagneuse pour aller vivre avec sa grand-mère en ville. D’elle, elle a tout appris, tout reçu, mais surtout le plus important, la tendresse et ce goût pour la cuisine. De sa mère, la fantasque Ruriko propriétaire du bar L’Amour, elle n’en retient que de l’indifférence, des rancœurs et un profond sentiment de non appartenance. Dix ans qu’elle ne l’a pas vue.
Que va-t-elle lui dire ? Rien, puisqu’elle est devenue muette !
Lorsqu’elle arrive devant sa maison, son premier réflex et d’aller chercher les économies de sa mère enfouies dans le jardin. Elle pourrait aller ailleurs, reconstruire sa vie… et partir en catimini… Mais Ruriko est là et la surprend.
Toujours sans un mot, la mère invite sa fille à la suivre et la fille suit la mère. La porte se referme et débute alors pour Rinco une autre vie.

Avec l’argent que sa mère lui prête, Rinco ouvre un restaurant dans la resserre rustique mais pleine de charme attenante à la maison ; elle l’appelle L’Escargot. Dans un premier temps, elle explique l’aménagement. Il est affaire de tissus, de meubles, de coloris, d’ambiances, de torchis sur les murs. Son ami Kuma l’aide et la soutient moralement. Dans un deuxième temps, elle conte ses plats. Les menus s’établissent en fonction des clients. C’est du sur-mesure. La cuisine japonaise comme elle la conçoit est une science, simple et sophistiquée, où les mets sont célébrés. Il ne faut que la qualité et la qualité se produit avec patience et révérence. Le troisième temps de son histoire, c’est sa cuisine. Là est tout le mystère de Rinco…

La maison, le figuier immense dans lequel elle aimait grimper, le papy hibou qui hulule tous les soirs, les Mamelons, Rinco redécouvre son enfance comme si rien n’avait changé. En échange de son hébergement, sa mère lui confie aussi Hermès, un gros cochon qui a dépassé le stade de l’animal de compagnie. Hermès est un membre de la famille, Hermès aurait pu être le deuxième enfant. Entre lui et Rinco, une certaine complicité s’établit et les soins qu’elle lui prodigue lui apportent plus d’assurance.

Lorsqu’elle cuisine, Rinco fait de la magie. Goûtez une de ses soupes et vous aurez les larmes aux yeux, prenez une cuillère de riz et vos rêves se réaliseront… Ses premiers convives en ont été chamboulés ! Plus que les saveurs en bouche, c’est le goût de la vie car elle y met tout son cœur, sa passion, son humilité, sa foi. Le partage est une offrande.

C’est l’hiver, la neige recouvre le pays, les routes sont moins accessibles, c’est une morte saison pour le restaurant et Rinco en profite pour se ressourcer. C’est le temps des fêtes. Peut-être aussi le temps des réconciliations. Il y a des pudeurs qui doivent sortir de leurs gangues et fendre la glace comme les perces neiges.
Elle approche sa mère petit à petit, sans le vouloir vraiment. Elle a toujours détesté son exubérance, sa vulgarité, faisant le parallèle avec l’élégance naturelle de sa grand-mère, mais qu’en est-il au juste ? Il y a tant de mystères !

Rinco nous raconte et la résonance de ses réflexions peuvent être douces, oniriques, comme acides et difficiles à lire. La littérature japonaise est parfois déconcertante. Du conte enchanteur, il arrive au lecteur de sombrer dans un puits fantasque avec des allégories assez effrayantes… Comme la petite cerise sur le gâteau, l’auteur nous dit : « Surprise ! »… Je n’écrirai rien sur ces dernières pages, même s’il y a beaucoup à raconter. Pourtant… j’aimerais tellement vous dire que…

Un beau roman que toutes, nous vous conseillons.

D’autres billets chez Sandrion, Louise, Nahe, Albertine, Adalana, Lydie, FondantG, Soukee,

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Takahashi-HiroakiEstampe d’Hiroshige

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38 réflexions au sujet de « Le restaurant de l’amour retrouvé »

    • Oui j’ai aimé. Il part le plus vite possible chez Nahe…
      Délicieux ? Oui, certains passages, sur les paysages et la cuisine. Mais la fin… je vais t’avouer que j’ai sauté les pages. Je n’ai pas pu les lire ! Je suis une petite nature. C’est dingue ! Je ne m’en suis pas trop remise. Faut dire que ma lecture est fraîche, je l’ai terminée ce matin. Pfff… fou fou fou
      Merci Sandrion pour cette lecture commune.
      Bonne soirée
      J’aurais dû relever tous les plats… onigiri et tutti quanti !

  1. Tu sais que en plus de nos quelques échanges sur FB, là encore dans ton billet tu me remets en tête pas mal de souvenirs sur la mère. J’avais oublié la personnalité de cette femme. J’en avais que pour la fille et le cochon :). Même le paysage, je ne me souvenais plus de ces mamelons….En plus je trouve mon billet barbant à côté du tien!!! Je ne me souviens plus si il y avait des recettes à l’intérieur? Et des recettes faisables « off course »

    • Pas des recettes mais du vocable. Benj qui est un amoureux de la cuisine japonaise me rabâche souvent tous ces plats. Tu veux que je les note ? Je peux le faire avant de l’envoyer à Nahe.
      On peut faire un dimanche japonais !
      La mère se cache derrière une façade. Je l’ai trouvée plus poignante que sa fille. Et ce qui est beau, c’est que les gens du village connaissent sa vraie histoire et la protègent. Ils sont bons avec elle. Toute sa vie, elle a cherché l’amour. L’amour de sa mère, de sa fille qu’elle a voulu épargnée, de son fiancé qui a disparu. Sa fille ne voit qu’un décor. Et étrangement, elle a reproduit le même parcours.
      Les paysages sont grandioses ! je les voyais comme des estampes. J’ai eu du mal à porter un regard contemporain sur ce village. Je le situais chaque fois au 19e siècle ! Et hop… je réajustais l’époque.
      J’ai beaucoup aimé Kuma aussi. Un personnage franc, vrai, foncièrement bon, d’une générosité absolue.
      J’aurais dû écrire sur le pardon. Il a une place importante.
      Un petit livre costaud ! On pourrait en parler toute la soirée.

    • Profondeur ? C’est un livre pudique sur les relations fille-mère. C’est dit avec poésie. J’ai aimé regarder derrière les mots.
      Un lien, Lydie ?

      Lien pris !

      • Justement j’aurai savoir que l’héroïne nous ouvre un peu plus son cœur et son esprit. Après, je suis le genre de fille à qui il faut tout expliquer, impossible pour moi de lire entre les lignes. Ceci explique peut être cela. J’ai aimé cette histoire mais j’aurai aimé savoir ce qui se passait dans la tête de notre héroïne et de sa mère.
        Je te mettrai un lien vers mon avis complet des que je rentre à la maison.

        • Le Japon est mystérieux. Je crois que si tu relisais l’histoire, tu aurais un autre aperçu.
          La mésentente de la mère et de la fille… n’est pas si complexe que ça.
          Bonne soirée

    • Je ne sais pas si tu as lu les commentaires du billet… On y dit qu’il y a de la poésie, de belles images, de l’émotion mais aussi quelque chose de trash. Cette fantaisie est vraiment à souligner ! Tu verras… et tu penseras à nous à ce moment.

  2. Dans ma PAL déjà ;0) Dès que j’ai vu sa couverture en librairie j’ai été attirée et je te dis pas depuis ;0) parce que depuis j’ai lu le résumé ET j’ai lu tous vos billets et franchement impossible de ne pas être attirée irrésistiblement :0) Je rajoute ton lien avec tous les autres tentateurs (tentations 2015) et j’espère que cette année 2016 sera la bonne pour sa lecture, bisous (et ouf j’ai de quoi rattraper, tu as fait une tonne (ou presque) de billets depuis mon dernier passage (encore et toujours des soucis d’ordi, je squatte encore l’ordi de mon fils, inutile de te dire que mon temps est compté ;0), mais là il est parti pour la dernière fois chez le réparateur, la prochaine fois on en achète un autre ;0) Bonne fin de soirée Syl

    • J’ai eu des soucis sur le mien aussi. Mais là, j’ai un gros problème sur ma messagerie. Et je ne sais pas pourquoi ! La maintenance n’arrive pas à dépatouiller le truc.
      Bonne soirée L’Or ! à bientôt

  3. De toute façon c’est toujours casse pieds ces soucis, on voudra bien ne pas avoir à s’énerver avec ça ;0) Là j’en profite, il est en classe et j’ai l’autorisation de l’utiliser alors ;0) Bonne semaine Syl

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