Le jardin blanc

.
le jardin blancLe jardin blanc
Stephanie Barron

.
.
Rodmell, le 28 mars 1941,
Elle vient de terminer « Entre les actes » et Leonard la trouve fatiguée, désenchantée. En effet, Virginia se sent fragilisée, si osseuse, vieille, trop sensible à la folie qui la menace. Après le jardin de Monk’s House, il y a la Ouse qui serpente et qui remue. Le vent de mars culbute les herbes et brouille l’onde. Elle a toujours été attirée par l’eau et cette rivière l’appelle.
Virginia Woolf est morte ce jour.

Kent, Octobre 2008,
Jo Bellamy est une paysagiste américaine. En Angleterre, on dit « jardinière ».
Engagée par un richissime homme d’affaires, Gray Westlake, elle doit reproduire dans sa propriété de New-York, le Jardin Blanc de Vita.
Sissinghurst Castle, aujourd’hui propriété de la National Trust, a appartenu aux Nicolson en 1930. A l’époque, l’ensemble du domaine, maisons, tours, dépendances et jardins, était en ruine et Lady Nicolson, connue sous le nom de Vita Sackville-West, romancière-poétesse, mit tout en œuvre pour le restaurer. Avec son mari, elle a dessiné les plans et a créé le site magnifique qu’on continue à admirer de nos jours.
Le jardin aux roses, le passage des tilleuls, le jardin paysan, le petit canal, la noiseraie, le jardin aux herbes, le verger et… le jardin blanc.
Le blanc pour unique couleur, le jardin enthousiasme Jo. Se perdre dans les roses, les mufliers, les buis, les arums, la glycine, les pivoines… dans leurs fantasques compositions ou leurs ordonnances géométriques… est un enchantement.
Octobre n’a pas une floraison luxuriante, mais, le temps de la fermeture annuelle, le hors-saison a ses privilèges. Jo s’abandonne et se recueille en pensant à son grand-père qui lui a transmis la passion du jardinage.

Le vieil homme, Jock Bellamy, s’est suicidé récemment et n’a laissé à sa petite-fille qu’une lettre écrite à ses parents en 1941, juste avant son départ pour la guerre. Il demandait leur pardon pour son engagement et parlait d’une « Dame » au regard sombre. Une aura de mystères et de secrets incite Jo à consulter les registres d’états civils et paroissiaux. Elle découvre ainsi que dans sa jeunesse, vers ses dix-sept ans, son grand-père avait travaillé à Sissinghurst, pour les Nicolson. Une révélation qui paraît surprenante sur l’instant mais qui perd de son intensité après réflexion… La famille Bellamy vivait à Knole House, un domaine dans la campagne du Kent qui appartenait aux parents de Vita Sackville-West.

Pour réaliser la copie du Jardin Blanc, Jo demande à voir les documents archivés ; plans, mesures, conception… mais c’est dans un cabanon abandonné qu’elle fait une découverte déconcertante. Une boîte ordinaire recèle un cahier sans prétention portant une étiquette : « Le livre de Jock ».
Le récit est un journal qui commence un 29 mars 1941. « Quand un être meurt, on dit que son fantôme nous hante parfois. » Les mots « désespoir, évasion, chant de la vie : Vita ! »… racontent une histoire incroyable. Jo associe le style d’écriture à celui de Virginia Woolf, la célèbre romancière et grande amie de Vita. Mais l’incohérence des dates rend l’évènement impossible. Virginia n’aurait pas pu l’écrire puisqu’elle s’était suicidée le 28 mars 1941.
Une question en fait naître cent autres ! Comment ? Pourquoi ? Qui ? Quel rôle a eu Jock dans ce mensonge ? et « Qui a tué Virginia Woolf ? »

Délaissant le temps de quelques jours le Jardin Blanc, Jo part chercher des réponses auprès des experts de Sotheby’s à Londres. La jardinière en chef de Sissinghurst veut bien lui confier le manuscrit pendant vingt-quatre heures. Les passions vont se déchaîner si l’expertise se révèle authentique…

.
Ce titre figure dans les rentrées littéraires et je le classe dans « enquête policière » ; américaine pour l’auteur, anglaise pour l’ambiance et les décors.
Si je n’ai pas été sensible à l’intrigue, au style et aux personnages contemporains, le livre aura eu le mérite de me faire découvrir deux femmes exceptionnelles ; Vita et Virginia. Partir en quête d’informations a été un véritable plaisir. Côté jardins de rêve, Sissinghurst a une part importante. Lire : digitales, lupins, aubépine, pyramides d’ifs, dédales de buis…, m’emporte autant qu’une aventure passionnante !
A partir de la découverte d’un livre, beaucoup de choses sont remises en question et défraient le monde littéraire. Nous traversons une époque, celle de la Seconde Guerre mondiale, une région, le Kent, et côtoyons un groupe d’artistes et d’intellectuels, le Bloomsbury Group.
Mon appréciation du roman est scindée. Je l’ai aimé pour l’ouverture qu’il offre, je voudrais lire Vita et Virginia, mais je n’ai pas été sensible à l’écriture de Stéphanie Barron. Je pense que la traduction est en grande partie responsable. De plus le scénario est à mon goût un peu trop léger, même si la trame est intéressante, et le soupçon de romance ne m’a pas convaincue.
Je tiens à préciser que cet avis est personnel, car mes copines de lecture sont bien plus clémentes que moi. Heureusement !
.

D’autres billets chez Cryssilda, George, Alice, Titine, Karine, L’Irrégulière,

.
Virginia Woolf, 1917
Virginia par Roger Fry
.
.
.
.
.
.

36 réflexions au sujet de « Le jardin blanc »

  1. Je retrouve quand même beaucoup dans ton avis. C’est un divertissement très léger, l’histoire d’amour ne sert à rien. Mais je suis quand même contente de voir que tu as envie de lire mes deux chères Virginia et Vita. Du coup je me dis que ce livre peut avoir cette vertu. Alors vite précipite-toi sur les livres de mes très chères écrivaines !

    • Titine, je vais t’écouter. Plus pour Vita qui m’attire pour ses jardins. Virginia a vraiment un regard sombre et perdu, sa vie doit être plus trouble. A programmer !

  2. Ce livre ne me disait rien quand j’ai fait mon « marché »^^ mais comme Titine je te conseille vivement la lecture de Vita, Virginia j’ai du mal donc je ne saurais trop quoi te dire mais il est un livre très facile à lire et très intéressant que je te mets de côté : Virginia et Vita de Christine Orban, on en apprend sur un moment de leur vie d’amantes et ça se lit tout seul…
    .

  3. C’est étrange parce que ce roman m’a parfois énervée à cause de plusieurs invraisemblances qui m’ont gênée, toutefois je lui trouve certaines qualités et notamment le fait que Stéphanie Barron maîtrise son sujet, je pense que le problème réside surtout dans un problème de construction comme effectivement le côté romance qui est assez secondaire et comme dit Titine pas très utile mais auquel je ne me suis pas trop attachée. Avis mitigé donc.

    • Je ne connaissais pas la vie de Vita et Virginia. Les invraisemblances ne m’ont donc pas dérangées ! Par contre la traduction et la ponctuation m’ont chagrinée. J’ai un autre livre de l’auteur avec Jane Austen… A lire et à comparer ! Ca sera la deuxième chance !!!
      A bientôt George

  4. Je sens que je vais être attentive à la bibli ! (Malgré tes bémols, les thèmes m’intéressent beaucoup et j’ai visité le jardin blanc l’année dernière.)

    • Non. Bouh ! je n’aime pas donner un avis négatif. Je préfère que tu lises les billets des copines. George, L’irrégulière… lui trouvent des qualités malgré quelques faiblesses. Alice a beaucoup aimé.

  5. J’ai lu en juillet dernier le livre de Vita Sackville-West : « Plus jamais d’invités » et la lecture de sa biographie m’a donné très envie d’en savoir plus sur ses écrits, ses fréquentations et ce fameux jardin. Même si ce roman ne m’attire pas vraiment , vu ce que tu en dis, ton billet, lui, m’a . vivement intéressée!

  6. Je ne crois pas que je me laisserai tentée… J’avais lu une de ses enquêtes avec Jane Austen, et je n’avais pas été emballée du tout !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s