La vie d’un potager, du jardin à la table

logo un_bouquet_des_pivoines_par_pierre_joseph_redoutelogoSyl.2Un livrelogo région reçu par Babelio à l’occasion des Masses Critiques, avec les Editions Sud-Ouest
Challenges « Chlorophylle » , « Livres gourmands » et « Les régions » de Lystig – Midi-Pyrénées

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img166La vie d’un potager, Du jardin à la table
Carol Reid-Gaillard
Préface de JP. Géné
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Ainsi commence ce livre… « – Tu laves les légumes de mon jardin ? »
JP. Géné reste un peu surpris et penaud. Y-aurait-il crime de lèse majesté ?
« – Il suffit de les essuyer, mon jardin est propre. »
La jeune femme qui le surprend est Carol, une Irlandaise blonde aux yeux bleus. Elle vit sa passion, elle la crée, elle la cultive. Elle est une véritable artiste.
Elle conçoit son potager sur une terre vierge de toute trace chimique. Elle va le façonner, il sera généreux, élégant et souriant. A l’image de la jardinière.

Six années composent les chapitres. Ils sont intitulés suivant des sentiments et en fonction des légumes plantés.
La table des matières en début de cette autobiographie potagère, raconte les conseils sur le compost, le poulailler, la terre, les ruches, les semis… les marchés et les paysans qui produisent des mets régionaux de qualité… vin, fromage, canards, cochons pie noir…
En fin de livre, nous retrouvons les recettes qui nous sont proposées au court de notre lecture.

Tout commença en 2006, ou peut-être bien plus loin encore, lorsque Carol regardait son père biner son jardin.

img1672006 se titre : Naïveté.
On peut imaginer toutes les déconvenues qui ponctueront le récit, ainsi que l’innocence un peu secouée du néophyte…
Mailhos en mai, arrivée dans une nouvelle demeure. Si la maison est en sommeil, vieillie, abandonnée, la pelouse garde une certaine distinction. Les fenêtres s’ouvrent sur des hectares de prairies, de forêts, et dans le lointain, ce sont les Pyrénées qui s’offrent au contemplateur.
Les travaux de la maison ponctuent le silence du jardin. Carol profite de ce printemps pour planter des tomates, du basilic, des carottes, des oignons… et quelques légumes qui lui rappellent sa terre natale. La terre est retournée, des tonnes de livres sur le jardin ont été lues, les idées germent en même temps que les semis et les plants, puis arrivent les escargots et les limaces, gastronomes et friands de jeunes pousses.
Les pièges fonctionnent, mais toutes les menaces, ne peuvent pas être contrôlées ! Le vent, les orages et… le mildiou sont des plaies !
A l’automne, d’autres intrus s’installent et font bombance ; les sangliers et les cervidés se régalent. Un autochtone béarnais soumet alors une astuce qui aurait fait ses preuves… J’avoue que mon incrédulité se teinte de méfiance, mais il semblerait que cela réussisse.
« Il suffit de remplir de vieux bas de nylon, épais et bruns, de cheveux (si possible de femmes), et de les suspendre dans les arbres… »
Ce chapitre se clôt sur trois notes. La première observation est légèrement teintée d’ironie… L’image toute romantique de la jeune jardinière vêtue de blanc qui s’en va cueillir ses légumes, est à proscrire ! La seconde, nous inspire et nous encourage… Le jardin prend forme et fait honneur au dévouement qu’on lui accorde. Quant à la troisième… Il est essentiel d’écouter ses voisins qui ont accumulé certaines sagesses !
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Les
recettes du printemps, nous allons cuisiner poireaux, pommes de terre, courgettes, fleurs de sureau, radis. Carol nous convie à préparer du sirop ou des beignets de fleurs de sureau et de courgettes, un velouté,  un parmentier, une spécialité irlandaise, le colcannon aux poireaux, une frittata de poireaux et bourrache, un gratin de pommes de terre aux oignons rouges et des radis confits.
Certes, ces préparations culinaires sont rustiques mais c’est là le charme de les lire et de les faire. Elles s’adressent à notre quotidien.

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L’année 2007 fait place à : Incertitude.
J’ai lu un quart du livre. Carole a préparé ses semis. Ils dorment encore au chaud dans sa cuisine car c’est l’hiver. En février, elle commence à pointer son nez sur l’extérieur.
Il est une affaire importante ; le compost. Elle est tiraillée entre deux versions, la française et la britannique et elle tranchera à l’irlandaise… « Les Français, par exemple, ne mettent jamais de peaux de citron ou d’orange au compost, alors que les Britanniques le font tant qu’elles ne sont pas sèches… ». Sa règle sera donc de mettre tous les déchets organiques de nature végétale dans son enclos.
Les promesses vertes sont belles et elles ne capitulent pas aux frimas, ni devant les pucerons. Le purin d’orties et de prêle est bénéfique…
Au potager s’ajoute un verger, puis des poules. L’espace prend vie avec les gallinacés sous le regard craintif du chat de la maison, Spider.
Le jardinage est une activité sportive, tous les muscles sont sollicités, on les redécouvre, et conviviale, car elle génère des invitations, des échanges et de l’entraide.
Alors ? Incertitude ? Non, il y a une prise de conscience et Carol se permet de dire sans persifler « que les agriculteurs sont vraiment des héros ! ».

Les recettes, comme un goût d’été, à base de fraises, shrotbreads à la fraise et la crème fouettée, de bettes, sautées à l’ail et au piment, de concombre, gaspacho au concombre et à l’aneth, pickles de concombre, de fèves, salade de fèves aux radis rouges ou braisées avec du jambon, de topinambours, avec des Saint-Jacques ou en salade avec des tomates cerise et une sauce aux noix…

L’année 2008 est : Humilité.
Nous apprenons en jardinant et la nature, facétieuse, cruelle, nous fait rester humble. Les péripéties sont nombreuses et variées, elles pimentent l’existence !
Dans le pré, il y a des vaches et cette nouvelle cohabitation se passe en bonne harmonie.

Cassis, carotte, petits légumes nouveaux, chou frisé, courge, petits pois…

L’année 2009, quatrième année, est : Fertilité.
On pourrait penser que janvier est un mois propice aux vacances. Pourtant Carol constate que ce n’est pas le cas ! Et la construction d’une serre vient l’aider dans sa vocation.
Le journal raconte l’état des fruitiers et leur production prodigue, les poules et leur nouvelle génération, les abeilles, toujours vaillantes, la profusion de légumes, les pluies, la neige, et le paysage qui se transforme aux saisons.

Abricot, haricot, oignon, panais, piment…

Année 2010 : Efficacité.
La terre est meilleure d’année en année. Il y a maintenant 700 m2 cultivés. Les conserves s’alignent sur les étagères, les tomates se muent en ketchup et en chutneys, elles font aussi le bonheur des voisins… prodigalité. Les pommes s’emmagasinent, elles seront le jus de l’hiver que Carol passe dans une centrifugeuse. On retravaille le sol des prairies, il s’aère, il devient le logis d’une faune et une flore luxuriante.

Verveine, physalis, betterave, céleri-rave, chou de Bruxelles, tomate…

Année 2011 : Sérénité.
Le livre se termine et nous ressentons toute la joie et la satisfaction des années de labeur.
La météo, de par le fait qu’elle soit capricieuse, a un rôle important. Les récoltes sont affaire de cuisine ! Carol expérimente les recettes, la monotonie, même gustative, ne doit pas survenir à tant de richesse. Le rythme de la vie est bien ancré.
Son univers ne se limite pas au jardin. Elle se donne d’autres « objectifs » qu’elle va chercher en forêt. Le sauvage est aussi comestible et tout aussi intéressant que le cultivé.
Le bucolique est un éden. Carol en devient lyrique, on la sent amoureuse et la nature le lui rend bien.
Une sérénité bien méritée.

Coing, aubergine, chou-fleur, navet, herbes…

carol reid-gaillard.
Chronique d’un jardin annoncé, vous trouverez une multitude de conseils sur la gestion de votre jardin, sa conception, des recettes de cuisines, des anecdotes pleines d’humour, et un voyage dans le Béarn paysan. Ecrit dans un style vivant, énergique, entreprenant, l’apprentissage de Carol, ses observations et sa maturité vous insuffleront des envies de créer ou de retourner dans votre potager.
Elle raconte sa pratique, mais parle aussi de ses voisins et amis, et met à l’honneur des personnalités du cru. Portraits en noir et blanc, sans fioriture, elle vante les producteurs du pays. Authenticité, terroir, rareté qui fait l’excellence, on a envie de s’attabler et de goûter.
Le charme de ce livre est dû aussi aux photographies proposées. Elles sont colorées et alléchantes, témoignent d’une campagne saine et vivifiante, et apportent l’appétit.
Le seul bémol que je pourrais émettre, se porte sur la qualité rendue des photos, un peu terne… elles auraient mérité plus de brillance.

Sur la quatrième de couverture, on précise…
Carol Reid-Gaillard, écrivain et photographe, a gagné deux années de suite, le 1er prix de jardin potager bio de France de l’association SNHF.

Je remercie Babelio et les éditions Sud-Ouest pour ce beau cadeau. Il me motive à rejoindre ma minuscule parcelle jardinée…
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36 réflexions au sujet de « La vie d’un potager, du jardin à la table »

    • Pyrausta ! je me suis trompée ! Je suis entrain de faire mon billet, programmable ce soir ou demain, et il est sorti plus tôt que prévu… sans le texte ! A tout à l’heure pour des conseils qui t’intéresseront…

    • Et moi avec mes pieds de tomates pourris ! mais ça dynamise ! du coup, j’ai regardé d’un autre oeil mes plantations. Hier, j’ai vu le jardin d’une amie… les tuteurs étaient en bambou, artistiquement placés, c’était trooop beau !
      Bonne soirée Jérôme

    • Ca peut être aussi un bon défouloir !
      Tu as une courette pour mettre quelques pots ? Sinon, ça sera pour la prochaine… Tu nous en parleras de cette nouvelle maison ?

  1. Salut Syl
    la photo ressemble à ma campagne, c’est vallonné, verdoyant et boisé il y a aussi les ronds de foin
    sur la photo il manque le chant des oiseaux et les cloches des vaches.
    Mais pour le jardin ça n’a rien à voir! j’ai juste 6 pieds de tomates ( mais pas pourris 🙂 c’est l’avantage d’être loin on n’arrose pas trop) 2 concombres et 2 poivrons, juste de quoi faire une salade!,

    • Avec la chaleur, on les apprécie les salades composées !
      Ce coin de campagne est très beau. Tu dois beaucoup te plaire dans le tien… écrin de douceurs et de paix.

  2. Je reviens lire le billet avec le texte, et quel texte ! C’est très intéressant !Cultiver un jardin est aussi une philosophie, on peut pas maîtriser tout le temps la nature, il faut s’armer de patience et ne jamais baisser les bras ! 😉 Bises

  3. C’est très intéressant mais malheureusement pas pour moi, car petit 1 je n’ai pas la main verte, petit 2 pas la patience non plus ! mais je suis très admirative de celles et ceux qui ont un jardin potager, c’est du boulot tout de même 😉

  4. Je pourrais écrire exactement le même commentaire que Bianca, je trouve ça magnifique à lire et à regarder mais ce n’est pas pour moi… J’ai déjà du mal à faire que mes plantes vertes se portent bien alors un potager ;0) Et puis pas la patience non plus, c’est un peu comme avec la couture… C’est trop loooong ;0) Bises

  5. Mais dis-moi en ayant un esprit mal tourné, on peut avoir une lecture érotique de ton livre…qui est pourtant à la base un précis de jardinage…mais pourquoi n’as-tu pas mis la photo de Carol au lieu de mettre celle d’un laboureur ou d’un faneur dans ses champs??

    • T’es pas un peu torturé ? J’ai relu le billet et rien de grivois ne m’apparaît ! C’est parce que je te parle d’une blonde aux yeux bleus ? Et tu fantasmes ? Aaaah ! les hommes !!! Tu veux une photo de Carol ? Tu n’as pas tort ! Je vais en mettre une.

      • Merci…inconsciemment je me rends compte maintenant que j’ai toujours rêvé d’être un champignon…
        Si si je suis un peu torturé, je l’avoue, beaucoup même pourtant j’ai écrit ce commentaire avant les courgettes du jardin d’Asphodèle…je ne comprends pas ce qui s’est passé…ha les hommes…
        Bises et merci pour la photo…

        • Maintenant courgette ? Ne délirons pas ! Je peux avoir une imagination fertile car les légumes ont des formes appropriées.
          Les courgettes d’Aspho… elle t’a parlé de son paréo ?

            • Naaan mais ho, c’est pas fini tous les deux !!!! Mon paréo est tout ce qu’il y a de plus décent, en coton non transparent, attaché et totu et tout !!! Pas ma faute si les courgettes vous donnent des idées mal placées à toutes les deux hein !!! 😆 Pauvre jardinier ??? C’est ça on va pleurer sur lui en plus !!!! 🙄

                • Parfaitement innocente, j’étais sur MON territoire, il a surgi sans frapper, ce n’est pas comme quand je vais sur le territoire commun, là je me prépare psychologiquement, vous devriez savoir que je suis une petite chose fragile, depuis le temps… 😆

                  • Délicatement, tu déposes ton pipi le long de la clôture de ton chez toi. Il ne s’y risquera plus. Puis si ça ne fonctionne pas, sors tes griffes et crie à l’invasion. Sinon… offre-lui le thé, j’ai des potions magiques.

                    • Mon p… ??? Es-tu folle ? Le soleil tape dans le Berry ??? 😆 Je lui offre le café quand il me dépose ses légumes mais nan nan pas de potion magique, t’es une sorcière !!! 😆

                    • Non, tu comprends, c’est la cohabitation avec Hermès ! Il me rend folle ce chat ! Je lui ai acheté des petits pâtés et il les dédaigne. J’ai tout essayé, même la mie de pain. Il n’y a que lui qui circule dans le jardin, il a fait fuir tous les autres chats. Il doit me déposer ses effluves partout. Donc… j’ai fait un rapide rapprochement avec ton jardinier de voisin et… et puis voilà !

                • Elle est belle cette chanson…
                  « Je Suis Un Homme de Cromagnon
                  Je suis un singe ou un poisson
                  Sur la terre en toute saison
                  Moi je tourne en rond, je tourne en rond… »
                  Bise

            • Ben j’en connais que l’Histoire… accompagnée de son petit panier de courgettes qui éclaboussa les pieds de la donzelle.
              Le jardinier ? Mais… c’est un satyre cornu ! Sous sa carapace, c’est le loup qui offre à Mère Grand son petit pot de confiture… pour mieux la croquer. Nooon… franchement, c’est terrifiant.
              Faut qu’Elle circule en armure et pas en voile arachnéen.

  6. J’adore la photo de ta minuscule parcelle jardinée, ce que j’aime sur ton blog c’est que les lectures sont toujours originales, merci pour ces découvertes.

    • Evalire, je te fais un gros bisou ! C’est gentil et j’apprécie.
      La photo est tirée du livre. Dans le fond du jardin de Carol, c’est certainement son mari qui l’assiste.

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