Histoire d’Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un)

Un livre envoyé par Christelle des Editions Robert Laffont
Merci…

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Histoire-dAlice-qui-ne-pensait-jamais-à-rienHistoire d’Alice qui ne pensait jamais à rien
(et de tous ses maris, plus un)
Francis Dannemark

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Le narrateur, Paul, rencontre pour la première fois sa tante à l’enterrement de sa mère.
Alice était simplement un prénom. Elle était une ombre lointaine qu’il avait oubliée. Aujourd’hui, elle a soixante-treize ans, et son regard, son sourire, sont si doux.

« C’était un jour d’automne comme on en voit plus souvent au cinéma qu’en novembre. Il avait plu la veille et la lumière du soleil, ce matin-là, en traversant l’air chargé d’humidité, n’était pas une abstraction scientifique ou poétique mais quelque chose de somptueux et d’émouvant que l’on aurait pu toucher du bout des doigts, au même titre que les feuilles rouges et rousses qu’elle faisait briller dans les arbres entourant le cimetière du village. Alice est venue vers moi… »

Paul et Alice se donne rendez-vous le lendemain soir pour faire connaissance. Elle commence alors à lui raconter son extraordinaire vie. Les lettres qui donnaient de ses nouvelles étaient rares et particulières, elles avaient le cachet de toutes les contrées qu’elle traversait ou habitait. Avec son accent anglais, elle est beaucoup plus exotique que sa sœur Mady, plus volubile, pétillante… affranchie.
Paul a déjà écrit un livre, elle l’a lu et aimé. Voudrait-il prendre des notes et ainsi entamer un nouveau roman ? Elle est seule, d’un âge qui a peur d’oublier, et elle a tant à dire !
Ses maris, ses amis, les facéties du destin, les terres qu’elle a foulées, les ambiances, les époques, l’amour qu’elle a reçu, qu’elle a donné… elle dévoile avec générosité les richesses de sa vie, car de ses nombreuses peines, il en est toujours ressorti des grâces.
Jour après jour, à l’occasion d’un dîner, Paul écoute, plus admiratif que la veille. Peut-on dire aussi plus aimant ?

Juillet 44, Alice est follement amoureuse de Pierre l’instituteur du village et ils ont décidé de se marier. Un nuit, une explosion anéantie ses rêves…

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Revenir d’un cauchemar, c’est une sorte de résurrection. Alice n’a que dix-sept ans lorsqu’elle s’abandonne à son deuil douloureusement. Elle en prend conscience, un matin, en même temps que le soleil. La lumière pénètre la chambre et éclabousse la pièce.
Ce passage du roman est beau. Simple et chaud. Il commence ainsi l’histoire des vies d’Alice.
J’avais déjà lu Francis Dannemark avec son livre « La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis » et j’ai retrouvé dans ce roman la noblesse des âmes.
La première fois que j’ai lu le titre, j’ai souri, sans ironie mais avec sympathie. Il faut avouer qu’ils sont originaux !
« Histoire d’Alice qui ne pensait jamais à rien »… c’est faux. Alice pense et parfois, elle évite car ça fait trop mal.
Après Pierre, il y a eu Henri et le Canada. La mémoire se meurtrit de nouveau. Et Sydney, un anglais nanti d’une mère merveilleuse Maggie qui sera sa meilleure amie. Et Wilbur, l’Italie, l’Australie, Pietro, retour en Italie, Nick, l’Amérique, le jazz, les années soixante, Londres, La Tamise, une passion avec Ethan, Bill, la méditerranée, retour en Amérique, Vincent, de la France à l’Inde, Swami, de l’Inde à l’Angleterre…
Alice a une force incroyable, elle se construit et évolue dans les drames. On peut alors penser que ses maris sont des anges venus la consoler. Elle le dit à Paul, elle se nourrit de leur amour et leur amitié, car ils sont tendres avec elle, bienveillants, et elle les rend heureux, se dévoue, les aime intensément.
Il y a beaucoup de communion et de partage dans ce roman.
Chaque chapitre est une histoire du nom de celui qui passe. C’est doux, fin, spirituel, coquin, et sans pesanteur. Alice a beaucoup d’élégance, elle est comme le champagne, et lorsqu’elle rougit timidement à quelques souvenirs amoureux, elle est une vraie jeune fille.
Comment ne pas l’aimer ?

Je vous conseille ce petit livre plein de dynamisme et d’optimisme. Vous passerez un doux moment de lecture. Et vous verrez… Alice arrive encore à nous surprendre à la fin…

Je remercie Christelle !

Billet chez Keisha, Cachou, Anne, Lou,

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Tobiasse Théo – La dame du blues
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33 réflexions au sujet de « Histoire d’Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un) »

  1. Que ta chronique est belle et bien écrite ! Je vois ce livre pousser comme un champignon sur tous les blogs alors si j’ai l’occasion de le lire je n’hésiterais pas 😀
    Bonne soirée bises 😀

  2. Ton billet est plein de finesse et de sensibilité, à l’image d’Alice (et de son auteur, très certainement, dont « La véritable vie amoureuse… » m’attend encore !)

    • Merci Anne.
      J’espère que tu aimeras autant « La véritable vie… ». C’est un gros livre, et si au début je ne savais pas trop quoi en penser, perdue dans les nombreuses références cinématographiques, je me suis vite faufilée dans l’histoire en pensant à mes amis, à nos soirées… Je l’ai catalogué « livre doudou ».
      Biz

    • Penserais-tu que c’est mièvre ? Parce que tu aurais tout faux. Tu pourrais l’offrir à ta femme… et puis après lire quelques passages par curiosité… Bonne journée Jérôme

    • C’est vrai que tu lis ce livre avec le sourire. C’était l’autre jour, il pleuvait… comme aujourd’hui… mais tu peux aussi le lire avec un soleil éblouissant !
      Note, Alex, et tu nous diras…

  3. (Alice ne m’a pas surprise à la fin, que veux tu, j’ai des références anciennes ^_^) Mais que j’aime l’écriture de l’auteur! J’ai dévoré ce roman.

  4. Comme Mango, il me faudrait juste un peu de temps en rab, j’ai tant de titres déjà en attente, je n’ai pas été raisonnable en vacances :0) Mais tu en parles très bien et il me semble parfait pour cet été ;0)

  5. J’aime beaucoup la comparaison avec le champagne à la fin de ta chronique. On dirait que ce livre a un coté apaisant, médecine douce…
    Les deux titres sont vraiment originaux et à rallonge, même le nom de l’auteur est particulier…Dannemark, joli pseudo quoi que si ça se trouve c’est son vrai nom à cet homme là…
    Belle journée.

    • Alice a beaucoup souffert mais elle est un phénix. Il y a une phrase qui résume un peu son caractère que j’avais retenue il y a très longtemps. Je ne me souviens plus des mots exacts mais c’était un peu… En nous, il est une force plus vive que 1000 soleils. C’est de Martin Gray.
      Puis pour Dannemark, je pense que c’est son vrai nom.
      Bise MTG et passe une belle soirée.

  6. On entend beaucoup parler de cet auteur depuis quelques semaines, ses titres m’intriguent et comme les avis sont plutôt positifs, notamment le mien, ça me tente bien. Je le note mais ma LAL à rallonge me dit dans l’oreillette que beaucoup d’autres romans attendent déjà leur tour, alors je ne sais pas du tout quand je le lirais 🙂 Bises

    • Dans le premier, comme j’ai pensé à nous ! et Do aussi ! Il faudra que je te le passe pour les vacances. Tu prendras les deux. Pour l’instant Do a passé commande ! Bisou ♥

  7. Merci, Syl, tu m’as redonné envie de lire le livre de Francis Dannemark, La véritable vie… que j’ai acheté en octobre 2012 et qui prend la poussière sur ma table de nuit. Le bonhomme est formidable et terriblement réjouissant !

  8. Je l’ai repéré en librairie pour sa couverture et son résumé alléchants. J’avais lu un avis mitigé qui m’avait un peu refroidi mais le tien va surement faire pencher la balance en sa faveur pour
    me faire une idée. Merci en tout cas.
    Bonne soirée!

    • Mitigé ? Je n’en ai pas encore lu. Ca dépend des personnes. Il ne faut rien attendre. Lire, simplement, se poser et écouter Alice le temps d’une heure.
      Bonne journée Fanny

  9. Celui-ci je l’avais lu et j’avais commenté de mon BB, raté !!! 😦 Bon, je te disais qu ça me tenterait bien mais j’ai trop de SP en retard, alors ça attendra encore un peu !!! 😉 Et puis j’ai des livres de ma PAL anglaise qui me font de l’oeil, notamment les Pitt et autre Monk, ça te dit quelque chose ??? 😀

    • Moi aussi, j’aimerais reprendre mes Monk. Mais j’ai un jardin horrible ! Tout à l’heure, j’ai une ronce qui s’est accrochée à mon pouce et j’ai hurlé !!! Le voisin arrive déjà avec des fleurs à planter et mes parterres ne sont pas prêts !
      Demain, c’est le salon du livre, j’y vais. Je te dis ça sur ce commentaire car j’ai l’impression que tu ne me reçois plus sur Yahoo.
      On verra tout à l’heure…
      Bisou

  10. Ping : Alice… et ce que l’on en dit | Carnet de notes et petites nouvelles

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