Quelle époque !

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Lecture commune organisée par Adalana avec Shelbylee, Adalana, Titine, DenisCamille, Céline, Lecture et cie, Malorie
Challenges « God save the livre » d’Antoni, « Victorien » d’Aymeline et « Classique » de Stéphie

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quelle époqueQuelle époque !
Anthony Trollopoe

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Quatrième de couverture :
« Augustus Melmotte est un financier véreux. De ces capitalistes à la morale douteuse qui lancent de vastes opérations spéculatives pour piéger les investisseurs naïfs. A ses côtés : jeunes gens de bonne famille désargentés et voleurs, romancière sans talent, politiciens malhonnêtes et journalistes menteurs pour qui la triche est une seconde peau. Car dans le Londres victorien, on trompe, séduit et arnaque comme on respire, on s’adonne à la satire et cela prend des airs furieusement contemporains. »
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Je suis ravie d’avoir participé à la lecture commune organisée par Adalana. Sans cette motivation, je pense que je n’aurais jamais ouvert ce livre, ou je l’aurais reposé après avoir lu les premières pages. Même s’il est intéressant et très bien écrit, ce roman n’est pas facile à lire. Ce billet commencera par une présentation des personnages et finira par une petite conlusion.

Aux premières pages, on rencontre lady Carbury. Cette veuve d’une quarantaine d’années, encore belle, souhaite que ses écrits sur les amours d’Henri VIII soient édités. C’est obsessionnel et d’une ambition démesurée. Manipulatrice, elle joue de son petit pouvoir auprès des hommes, peu scrupuleux, qui seraient susceptibles de la publier ; oeillades, frôlements, lettres… elle promet sans donner. Son caractère se dévoile dès les premiers mots. Je sais alors que je n’éprouverai aucune sympathie pour elle, trop stratège et vulgaire dans ses desseins. L’auteur explique, peut-être pour l’excuser, que sa vie ne fut pas facile avec une enfance misérable et un mari odieux. Ce militaire anobli était généreux mais violent, impulsif et tyrannique. Lady Carbury a deux enfants.

La cadette, Henrietta que l’on appelle Hetta, est une jeune fille de vingt-un ans. Moins lumineuse que son frère aîné, elle possède une beauté douce et bonne. Soumise à l’autorité maternelle, elle reste souvent en retrait, cherchant à n’occasionner aucun remous, aucune affliction. Cette jeune fille, image parfaite, est courtisée par son cousin Roger…

L’aîné, le baronnet sir Félix Carbury, est l’héritier. Il dilapide la fortune familiale au jeu, trop gâté par sa mère qui voit en ce fils des promesses qu’il ne tiendra jamais. Beau, on le compare à un Adonis, jeune, plein de suffisance, égoïste, paresseux, stupide, inconscient ou insouciant, il est détestable. Il n’aime pas, il s’aime. Responsable de l’état pitoyable des finances familiales, il est obligé de chercher une héritière. Les familles nobles sont en ce siècle, désargentées. Le travail étant une indignité, ils vendent leurs titres, leur pedigree, en épousant des filles de « boutiquiers ». La finance tient le monde fermement par le collet. Les maîtres de la City sont des hommes d’affaires qui donnent le tempo, et font la pluie et le beau temps. Souverain absolu, Augustus Melmotte, est l’homme à courtiser… sa fille Marie est la proie de tous les coureurs de dot, elle est dans la mire de sir Félix…

Augustus Melmotte est Midas. On le dit si riche ! Mais qui connaît vraiment cet aventurier de la finance ? Les gens le haïssent, le craignent, l’écoutent et s’en méfient. Il oblige la noblesse à courber l’échine. Sans considération, sans estime pour son prochain, il est possédé par l’envie de dominer ; affaires et politique. Son empire est considérable, mais ce qu’il convoite est difficile à acquérir. Si certains désirent l’argent, lui veut la terre, des biens fonciers, un patrimoine et toute l’histoire qui s’en rattache. Il cherche une légitimité. Il propose des actions dans le Grand Chemin de fer du Pacifique Centre et Sud du Mexique. Il distribue les rôles et implique la bonne société dans ses conseils d’administration. Sa fille ? elle est un pion qu’il dispose pour assouvir ses ambitieux projets…

Marie Melmotte, d’après la noblesse, n’est pas une fille « comme il faut ». Au premier coup d’oeil, Sir Félix la trouve sotte, commune et inintéressante. Seule sa fortune la pare d’une aura particulière. Forcé à se montrer galant, il arrive à s’en faire aimer. Rival de son ami de débauche lord Nidderdale, fils de marquis, il triche sur ses sentiments sans effort et même sans conviction. Et Marie, qui aspire à rencontrer l’amour, s’abuse bien tristement.

Lors de son premier bal, Henrietta prend conscience de son attirance pour Paul Montague. Ami de longue date du cousin Roger Carbury, presque un parent, il était parti en Amérique rejoindre son oncle. De retour en Angleterre, ses projets professionnels et financiers sont en affaire avec ceux de Melmotte. Jeune homme intègre et fidèle, il m’a paru naïf et falot (rien de bien séduisant).

Dernier personnage principal, un homme un peu en retrait de l’intrigue financière, c’est le cousin Roger Carbury. Il est une âme loyale, honnête et juste. Proche de sa terre, de ses gens, il a su gérer son capital et bénéficie de belles rentes. A travers ses yeux, l’auteur nous parle de son domaine d’une façon aimante et respectueuse. Les descriptions sont belles, elles m’ont enchantée. Roger est un homme d’âge mûr de quarante ans, hélas trop vieux aux yeux d’une jeune demoiselle dont il est passionnément épris. Ce qui le distingue, c’est sa sincérité et le fait qu’il place l’amour au dessus de tout. Généreux dans ses actions, il l’est aussi dans les sentiments. Par amour, il saura placer le bonheur d’Henrietta hors de sa portée et l’offrir à son ami avec sa bénédiction. Homme d’un seul amour, le lecteur sait tout le mal qu’il peut endurer.

D’autres personnages animent l’histoire. Ils participent avec bassesse aux impostures et manigances. Se vendre paraît être l’élément commun de cette noble assemblée, l’argent étant le carburant vital.
Le roman est une satire sur l’immoralité. Cette époque voit des jeunes gens de l’aristocratie s’endetter sans se formaliser ; le jeu, la paresse, la vanité, les faussetés…
L’auteur met en branle sa mécanique. Le XIXème siècle se transforme, il s’épanouit dans son industrie et les bénéfices sont colossaux pour ceux qui se hasardent à investir. Le pouvoir est donné aux hommes les plus rapaces et les plus corrompus. C’est l’introduction du monde capitaliste actuel.

Ai-je aimé cette lecture ? Oui, certainement. Elle est très intéressante. J’ai pris de nombreuses notes, accordant de l’importance à toutes les trames du scénario, appréciant les histoires de coeur comme celles plus politisées et sociétales. Cependant… là, étant mes bémols… j’ai trouvé certains passages trop longs, trop bavards dans leur analyse, et je n’ai pas eu cet élan admiratif que j’ai à chacune de mes lectures des oeuvres de Jane Austen ou Elizabeth Gaskell. Je suis restée en retrait, j’étais simple spectatrice, alors que j’aime m’impliquer dans mes lectures. 

En ce qui concerne la couverture du J’ai lu, je suis du même avis que certaines lectrices, elle est horrible. Cependant, elle caricature bien les personnages, leur donnant une forme de gnome pour les deux hommes, et de charretière pour la femme. Le ton est grotesque, vulgaire, presque libidineux pour l’un des trois. Sa convoitise est malsaine. Au plus je regarde cette illustration, au plus je lui trouve une vérité. Elle raconte tout l’abject du roman. La concupiscence de l’un, la grossièreté de l’autre…

Je vous laisse découvrir d’autre billets de la lecture commune, ils sont les compléments du mien… Adalana, Shelbylee, Camille, Titine, Céline, Denis, Lecture et cie, Malorie

et d’autres chez Keisha, Dasola,

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James Tissot, Le cercle de la rue Royale

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25 réflexions au sujet de « Quelle époque ! »

  1. Ca y est, tu es délivrée 🙂 C’est un magnifique billet que tu nous livres là. Même si je ne les ai pas aimés non plus, pour la plupart, j’ai aimé la façon dont Trollope nous les présentait. Par contre, je reste persuadée que ceux qui ont choisi la couverture n’ont pas lu le roman…
    Et le Paul, moi je ne le trouve pas fidèle, il va quand même beaucoup fricoter avec la Mrs Hurtle et jouer l’innocent après. Je pense qu’Hetta a fait l’erreur de sa vie (comme toutes les femmes du livre d’ailleurs!). Et Roger, je le comparais à un certain D_ _ _ _ !

    • Seigneur ! j’ai oublié de venir te lire !!! Je suis passé pour voir ton hôtel et je n’ai pas bifurqué sur le Trollope.
      J’imagine un peu. Je ne vois qu’un D…

  2. Merci pour ce billet Syl. je sais qu’il t’as coûté ! 🙂
    Je suis contente de cette lecture, malgré des personnages peu sympathiques et des longueurs et je pense que je lirai encore Trollope avec plaisir !

    • Je préfère lire d’autres auteurs.
      Le billet a été long à écrire car je ne m’y suis pas attelée sérieusement. J’écrivais une phrase et je partais ailleurs. Très constructif !!! Maintenant… je suis heureuse ! c’est fi-ni.

  3. Très intéressant ton billet. Cependant je ne pense pas que je me pencherai sur ce roman… J’en ai d’autres à lire qui vont bien plus me plaire je crois 😉
    Bonne journée Syl bises 😀

    • Ah ! Les encouragements lors de la LC sont essentiels !!! Ce livre en traversée solitaire n’aurait pas eu le même charme.
      Bonne journée…

    • Et en lisant toutes les premières pages des chapitres ? Ou alors tu sélectionnes que les histoires de coeur… ou celle avec les curés (y en a moins).
      Tu sais Philisine, après cette lecture, on se sent beaucoup plus intelligente. Aujourd’hui dans la rue, on m’a arrêtée… « Vous, vous avez lu un Trollope ! »
      800 pages et écrit tout petit-petit…
      Tu le veux ? Il peut partir au mois de mai…
      Bisou

  4. la couv’ est horrible je confirme. A lire ton billet et ceux des autres, votre lecture s’est faite dans la douleur, alors même si le sujet est intéressant, je passe mon tour !

    • Dans la douleur… non ! mais j’ai trouvé très long ! C’est le billet qui m’a torturée ! J’avais écrit tellement de réflexions qu’au final ça m’embrouillait les idée et j’ai tout jeté pour seulement parler des personnages. Ce livre est complexe, il traite de plusieurs sujets.
      Je suis contente de l’avoir lu.

  5. Bravo pour ton billet ! Je crois que j’ai aimé beaucoup que toi ce roman de Trollope. J’ai apprécié sa modernité, la spéculation qui gangrène notre monde y est déjà à l’oeuvre. Et j’aime la non complaisance de Trollope face à ses personnages, il ne tente pas de les rendre sympathiques à tout prix.

    • Il se peut que le temps que je lui ai accordé n’est pas digne de lui. Il aurait fallu le lire comme une chronique ou un journal. Chaque chapitre… un jour, et y penser, le décortiquer… Seulement, il m’a manqué le petit pincement de l’émotion. Loin de moi de le dénigrer ! mais tu vois, j’aurais préféré qu’il unisse Hetta à Roger. Je lui aurais TOUT pardonné… longueurs et extra-longueurs.
      Midinette un jour, midinette toujours !

  6. Bonsoir Syl, j’avais écrit tout le bien que je pensais de ce roman http://dasola.canalblog.com/archives/2010/09/03/18946250.html le 03/09/2010. C’était une découverte concernant cet écrivain. Je peux comprendre certaines de tes réticences. On n’a pas forcément une grande empathie pour certains personnages mais tant pis. Et puis ce que je trouve sympa, c’est que cela se termine bien. Depuis j’ai lu Miss McKenzie. Je recommande. Bonne soirée

  7. Ping : Quelle époque ! : Le bilan de la LC | Adalana's Imaginary World

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