Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot

Un livre offert par Somaja

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les vingt-cinq vies de Sandra BullotLes vingt-cinq vies de Sandra Bullot
Colas Gutman

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Sandra se voit « mollusque ». Elève de seconde, elle vit son adolescence comme un boulet qui leste sa carcasse. Pourtant, elle sait bien que sa paresse et son état larvaire n’a rien d’engageant… mais elle n’y peut rien ! Lorsqu’elle regarde son amie Désirée Rathanavana, parfaite jeune fille et excellente élève, elle s’enfonce un peu plus dans l’indolence… elle se ratatine dans sa coquille et entre en contemplation :
Le chômage de son père et la déprime qui le tétanise au fond de son lit à manger des chips toute la journée, n’a rien pour enthousiasmer l’ambiance familiale. Sa mère, actrice en quête d’un petit rôle, essaie de maintenir un semblant domestique et anime de son exubérance fantasque la maison, tout en maudissant la mollesse de sa progéniture et en louant le génie de Désirée. N’oublions pas le petit frère Ao… envahisseur de chambre, petite peste affectueuse, grand zozoteur devant l’éternel et amoureux de sa petite camarade de maternelle Emilie Lafayette. Côté lycée, il y a Irène Lara sa meilleure amie qui vit très mal son célibat, ses rêves et son béguin pour Benjamin Leroy.

La vie semble apathique, jusqu’au jour où Sandra ne peut empêcher de laisser ses émotions se déverser. Incapable de répondre à Irène lorsqu’elle lui demande « Et toi, t’as rêvé de quoi cette nuit ?… On a tous besoin de rêver. », elle se met à pleurer. Le prétexte ridicule que ses larmes sont dues à une allergie saisonnière, ne dupe personne dans la classe. Et oui, dans ces cas-là, autant faire les choses correctement et se trouver un auditoire bien attentif ! Quoi faire après une telle représentation, se terrer dans un coin ?

Heureusement, il y a Irène…
« – Qu’est-ce qui t’arrive, tu boudes ?
– Non, j’avais besoin d’être seule, c’est tout.
– Ah, moi aussi, ça m’arrive. Je m’enferme dans la salle de bains, je me regarde dans la glace et quand je sors, je sais qui je suis. C’est superprofond comme truc, la solitude. »

Le soir même, elle reçoit un mail d’un mystérieux garçon au pseudo particulier « Endive au jambon » qui lui avoue avoir été ému de son allergie. Le courtisan masqué récidive le lendemain (avec en offrande une photo d’un pied fort joliment galbé), et les autres jours… provoquant quelques malentendus lorsque Sandra se met à soupçonner tous les garçons de son lycée qu’elle croise. Tous ? Non… Endive au jambon est difficile à traquer ! Dans l’imagination de Sandra, il ne peut être que beau, fort, irrésistible… Alors quand elle suspecte Benjamin Leroy, « débile profond » et potentiel amoureux d’Irène, elle panique ! Comme un pêcheur, elle appâte et envoie…

« L’endive,
Ou bien tu as un sérieux strabisme ou bien tu m’as envahie du regard en cours de français.
Je n’aime pas ça. Passe ton chemin, Napoléon. La fourmi n’est pas prêteuse et ne se laisse pas salir par des regards torves et gluants.
P.S. : Peux-tu me renvoyer une photo de tes pieds ? »

Réponse de Benjamin :
« Napoléon t’emmerde.
Dis donc la folle, faudrait savoir : je suis une endive ou bien Napoléon ?
Et puis, c’est quoi cette histoire de fourmi ? Franchement va te faire soigner chez les mabouls !
P.S. : Ci-joint une photo de mon cul, Sandra Bullot ! »

Ouf ! ce n’est pas lui !!! Et si c’était Eugène Labache ? ou…

D’après Irène et ses notions impénétrables, nous avons plusieurs vies dans une vie. Sandra décide donc d’expérimenter les siennes… sa vie de caniche royal, pieuvre multitâche, fourmi neurasthénique, perroquet, tractopelle, gazelle rusée comme un renard, …, haricots verts en boîte, et celle bien plus fantastique de Sandra Bullot, « Mademoiselle mille sourires ».

L’adolescence a ses vies, elles sont tyranniques, difficiles à respirer, mais elles aident à grandir. Et comme le dirait Irènelaphilosophe…
« – Tu sais Sandra, tu n’as rien à craindre. Bien sûr aujourd’hui, tu passes une sale matinée, mais qu’est-ce qu’une matinée dans une journée, et qu’est-ce qu’une journée dans une vie et, même, qu’est-ce qu’une vie dans une vie ?
– T’es rentrée dans une secte ou quoi ?
– Pas du tout, je te parle de réinsertion. De plusieurs vies, tu comprends.
– Tu veux dire de réincarnation ?
– Non, la réincarnation, c’est pour les morts, la réinsertion, pour les vivants. Sandra Bullot, tu as plusieurs vies, crois-moi, et il y en a forcément une de bonne. »

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Plaisir de lecture, ce roman sur l’adolescence est caustique, drôle, fleuri, très espiègle et tendre. L’auteur traduit finement cette phase de l’enfance qui se cherche, passant par différentes étapes, aussi bien physiques que psychologiques. J’ai beaucoup aimé les personnages, ils inspirent la sympathie, les rires et la tendresse. Sandra, même dans sa phase mollassonne-engourdie, paraît spirituelle… enfin, c’est la lectrice qui le dit, et non la mère d’un ado ! Son regard sur le monde qui l’entoure, son humour, ses réparties imagées, son amour pour sa famille, son envie de les protéger, sa cuirasse qui craquelle, son désir de rêves, sa générosité… font de cette adolescente, une jeune fille intelligente et épanouie.
Je vous conseille ce livre, un bonheur de lecture.

Des billets chez Somaja, Leiloona,
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bullotsDes bulots
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22 réflexions au sujet de « Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot »

  1. Syl, je ne pensais pas un jour voir une photo de bulots sur ton blog ! Comme quoi, il faut s’attendre à tout !
    Je ne connais pas mais je sens que j’adorerais. J’adore ce genre de romans, et puis c’est l’école des loisirs !

  2. Je savais que tu aimerais cette Sandra et ses multicouches animalières ! 🙂 Heureuse de t’avoir procuré un moment de lecture sympatique.

    • Mais tu me le prêtes ou tu me le donnes ??? Sinon, différent, j’ai adoré « Oh, boy ! ». Suis entrain d’écrire le billet qui n’est pas évident.
      Gos bisous So et passe une excellente semaine.

  3. Syl, je suis passée à travers les toiles d’araignées, pour arriver jusqu’à cet article et je viens dépoussiérer les commentaires.Le dernier a plus de trois ans!
    Tu as eu bien raison de me parler de ce roman! et par la même occasion je renote Oh boy, toujours pas lu.

    • D’habitude je n’aime pas relire mes anciens billets que je trouve tartignoles. Mais là, j’ai encore ri en lisant les extraits !
      J’ai vu que ma biblio a deux autres livres de l’auteur et je vais les demander.
      Bise…
      Mon grenier n’est pas si mal !

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