Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil



Littérature japonaise d’Adalana
Petit BAC d’Enna
Un livre offert par San-Tooshy

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Au-sud-de-la-frontière-à-l’ouest-du-soleilAu sud de la frontière, à l’ouest du soleil
Haruki Murakami

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Hajime se rappelle ses années en primaire. Il était un enfant unique assez solitaire jusqu’à ce qu’il rencontre Shimamoto-san, une fille de son âge. Avec elle, il découvre la musique et la littérature. Ils parlent beaucoup, se confient, éprouvent les prémices de l’amour sans le témoigner. Handicapée par une poliomyélite, elle souffre en silence, avec le sourire, toujours d’humeur heureuse et confiante. Elle est sa meilleure amie.
A l’âge de douze ans, Hajime doit partir au collège et quitte son quartier. Son amitié avec Shimamoto-san se délie. L’éloignement, la pudeur, la crainte absurde d’importuner son amie, l’adolescence bouillonnante…, il espace leurs rencontres jusqu’à les faire cesser.
L’amour, pur et innocent, cherche une autre plénitude.
Avec Izumi, une camarade de lycée, Hajime découvre les premiers abandons…
Ses souvenirs sont doux et âpres. L’enfance avait ses rêves, elle était entreprenante. Après ses études, durant une dizaine d’années jusqu’à ses trente ans, le vide s’était presque matérialisé ; sensation douloureuse de vivre en marge de sa vie, sans passion, apathique…

Les fantasmes se réveillent avec l’apparition de Shimamota-san.
Hajime, à trente-sept ans, vit à Tokyo, est marié à Yukiko, a deux enfants et est propriétaire de deux clubs de jazz huppés. Sa vie agréable, sereine, se rythme entre les clubs, sa famille et quelques incartades extra-conjugales sans importance. Son portrait d’homme en pleine ascension a fait l’objet d’un article dans un magazine et quelques figures du passé viennent le saluer. Ainsi, on lui reparle d’Izumi, fantôme d’un amour froissé et humilié… ainsi arrive, un soir de pluie, Shimamoto-san, insaisissable, mystérieuse, toujours aussi lumineuse.
Le passé ressurgit et Hajime voudra saisir le temps, oublier son quotidien, peut-être fermer la parenthèse de ses obsessions.
Est-ce que ce premier amour sera aussi le dernier ?

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Le narrateur raconte ses amours à différents âges de sa vie jusqu’à l’aube de sa quarantaine. Shimamoto-san est la première. Elle garde l’image de l’inaccessible, la grâce, les émois encore indéfinis. Elle revient souvent dans son existence par le souvenir. Des jeunes femmes qu’il côtoie, il recherche la complicité, l’émotion intellectuelle, la fusion de l’esprit et du coeur qu’il avait avec elle. Plusieurs fois, Hajime nous dit qu’il n’est pas attiré par la beauté. Une petite étincelle, un charme discret, une authenticité, peut l’émouvoir et le précipiter dans la passion. Adolescent, il rencontre Izumi. Elle est fragile, elle a peur de souffrir. Elle sera le spectre qui le hantera ; une trahison qu’il regrettera et le pardon ne pourra être obtenu. Izumi lui présente sa cousine. Avec elle, le charnel à l’état brut se vit intensément, ce qui provoque une crise de conscience et le plonge dans une torpeur jusqu’à son mariage avec Yukiko. Sa femme le rassure, lui offre la stabilité, la pérennité.
Tout ce passé, Hajime le revit lorsqu’il découvre Shimamoto-san. Son équilibre devient précaire, il est capable de tout abandonner pour la suivre et ne plus la laisser disparaître. L’histoire est étrange, sombre, triste, elle est faite de quêtes, de fugacités, de doutes, d’insatisfactions et l’amour est décliné à toutes les passions, innocentes et destructrices, douces et sauvages.
L’auteur marie deux univers. Si la première partie des souvenirs tient du concret avec sa mélancolique nostalgie, la seconde tient du songe avec les apparitions surprises de Shimamoto-san, la fille qui vient avec la pluie. On ne sait rien d’elle et ce n’est que vers la fin, qu’elle concède des petites révélations, laissant à notre imagination sa part d’histoire.

J’ai aimé ce livre et ses personnages fragiles, mystérieux. Ma préférence va pour l’épouse Yukiko. Elle a la force de tout offrir à son mari, ses enfants, sa vie, son pardon, une deuxième chance. Sa souffrance est pudique, son amour est intense. J’aimerais penser qu’après l’histoire, Hajime grandit de ses amours enfantines, s’arrache des sortilèges, et la redécouvre.

Une très belle histoire que je vous conseille.
Merci San-Tooshy !

Des billets chez Emma, Miss Léo, Bianca,
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estampe.
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50 réflexions au sujet de « Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil »

    • Merci pour avoir programmé cet auteur ! Je suis bien contente d’avoir commencé par une histoire qui m’ait plue. (C’est aussi grâce au petit elfe San-Tooshy qui veille sur mes lectures !)
      Bise Adalana

  1. Je viens de lire 1Q84 et j’ai l’impression qu’il y a des thèmes que Murakami aime bien aborder comme les amours d’enfance ou encore les relations extra conjugales ! Néanmoins il raconte de belles histoires 🙂

    • C’est difficile de raconter ! J’ai passé une bonne soirée à écrire, effacer, me torturer l’esprit… C’est complexe car tu ne sais pas trop à quoi t’attendre. Miss Léo a écrit un billet sur sa lecture qui complète un peu les nôtres.
      Biz Emma

  2. Voilà le titre avec lequel j’aimerais beaucoup découvrir l’auteur… En tout cas c’est celui qui me tente le plus… Je ne suis pas fan de littérature japonaise mais j’adore Yoko Ogawa (je ne me rappelle plus si tu l’as lu ?!!

    • Non pas encore lu Ogawa. Je ne voulais pas trop noter son dernier livre, mais je suis bien curieuse de la lire.
      Commencer par ce titre pour découvrir Murakami, je pense que c’est une bonne idée !
      Biz L’Or…
      (((Pas trop le temps de t’écrire en ce moment, mais je pense bien à toi.)))

  3. J’ai bien aimé cet auteur mais ce qui m’avait dérangé était les scènes de sexe répétitives et ennuyeuses et la longueur parfois des monologues.
    ton article me donne très envie de lire ce titre là, j’en avais déjà eu l’idée en lisant d’autres articles, tu me confirmes ce choix 😀 à moins que c’est pareil que dans la ballade de l’impossible 🙂
    (je suis contente la newsletter fonctionne :D)
    Bonne soirée bises 🙂

    • « Les scènes de sexe », oui, mais dans ce livre, elles sont bien racontées, je ne les ai pas trouvées choquantes ou lassantes. C’est mon premier livre avec Murakami, je verrai pour les autres romans.
      Bonne journée Laure !

      • ouille, excuse-moi pour ma faute de français… j’ai écrit en plusieurs fois ce commentaire avec les enfants dans les jambes, alors j’ai écrit n’importe quoi 😀
        Je vais me laisser tenter par ce roman, merci 🙂

  4. Tu sais trouver les mots justes pour en parler ! J’ai lu ce livre il y a plusieurs années, je n’avais pas de blog mais je ne sais pas si j’aurais pu en parler. J’ai découvert Murakami avec ce roman, et ça a été une révélation pour la littérature japonaise.
    Ce genre d’histoires dans les romans français me déprime habituellement au plus haut point (ça me fait penser « alors ça se réduit à ça la vie ? des attentes d’adolescence oubliées, une vie faite de torpeur et un mariage raté qu’on oublie avec des histoires banales ? »), mais là, j’ai vraiment apprécié, ce mélange de mélancolie et de nostalgie que je n’ai pas trouvé si triste.

    • Mes mots sont incomplets. Les échanges avec vous me rappellent d’autres émotions et ressentis. Non, tu as raison, ce n’est pas si triste, sauf pour les amours délaissées. Les attentes d’adolescence ? Il faut les adapter et s’en créer d’autres, ça permet de rester jeune !
      Bise Touloulou

  5. Je suis bien contente que tu aies apprécié l’univers de Murakami. J’ai lu celui-ci il y a longtemps mais je l’avais beaucoup aimé. Certes Murakami décline toujours un peu les mêmes thèmes, mais c’est tellement beau !

    • Bonjour Shelbylee, Je ne peux pas me prononcer sur son style coutumier ou pas… ce livre étant mon premier. Mais il ne sera pas le dernier ! L’écriture est fluide, elle embarque…

  6. J’ai  » Sommeil » dans ma PAL et ta chronique me donne envie de découvrir cet auteur. Si j’aime sommeil, je me souviendrai de cette chronique.
    Bises et bonne fin de semaine

    • Je ne sais pas si « Sommeil » est un titre facile qui te donnera envie de poursuivre, je ne l’ai pas lu. Si ce n’est pas le cas, tu pourras te rabattre sur celui-ci.
      Biz et bon week-end…

  7. Ravie que tu aies aimé. Maintenant as-tu un peu moins peur de la littérature japonaise ? Heu par contre elle est très conchonne ton estampe… Ouh là là. bon week-end

    • Oui, mais l’estampe va bien à l’histoire !
      Je vais continuer avec Murakami. Par contre, ce mois-ci, je dois lire Ogawa. Quel titre me conseilles-tu ?

      • Je ne suis ni une experte en littérature japonais ni en Ogawa mais je te conseillerai  » Parfum de glace ». Sinon, les critiques sont élogieuses pour  » la marche de mina » mais là je ne peux pas te dire car je ne l’ai pas lu.

  8. Hello Syl,
    Je ne connais pas du tout cet auteur. Je vois souvent ses livres sur les tables des libraires que je fréquente, sans plus.
    Il faudra que je m’y mette alors, ton billet nous invite à lire ce livre et à découvrir Murakami.
    Je le note car j’ai un stock à lire qui me fait peur 😆
    Bonne fin de semaine et bisous d’O.

    • Egalement, je ne connaissais pas. Je vais continuer à le lire…
      Depuis la création de mon blog, j’ai utilisé au moins 5 carnets pour noter les livres tentateurs.
      Bon week-end Soène

    • Oui, Marion !
      Et je profite de ce petit message pour te dire mes félicitations pour ton expo. D’après ce que j’ai vu chez Moka, c’est aérien, léger, fantasmé… Bravos

    • Je n’ai pas été sensible aux passages musicaux. J’avoue honteusement les avoir zappés de mon esprit lorsque je les lisais. De ce fait, ils ne m’ont donc pas dérangé !

    • Je pensais prendre « La marche de Mina ».
      « Parfum de glace »… Je reviens de Babelio… J’ai hésité avec celui-là, mais tu sais ce qui a été le moteur décisif ? La couverture. J’aime l’hippocampe du premier et l’illustration du second m’étouffe. Toi, tu choisirais le second, je sais…
      Donc, je reste sur ma décision (puisque j’ai commandé aujourd’hui mon livre), et si j’aime l’écriture, je lirai « Parfum de glace ». Pour le prêt, je te remercie, mais je vais décliner. J’ai une pile faramineuse de livres voyageurs.
      Bisou San-Tooshy

      • La couverture est en effet très belle. Je ne choisirai pas forcement le second étant donné que je n’ai pas lu la marche de Mina. Mais les avis sont très bons. Je te conseillais Parfum de Glace par rapport aux romans d’Ogawa que j’avais lus. Donc j’attends ton avis car ce roman me tentait bien. Par contre j’ai moyennement accrocher  » le musée du silence ». Très bizarre. Trop peut-être.

  9. Je suis un peu traumatisée par l’écriture et les « métaphores » de Murakami dans le seul livre que j’ai lu de lui…
    J’hésite donc à retenter l’expérience…

    • Ouille ! alors je ne suis pas prête de lire « Les métaphores » !!!
      Tu pourras essayer plus tard avec « Au sud… ». Il n’est pas traumatisant.
      Kiss

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