De Virginie à Indiana

Challenge femmes de lettres du XIXème siècle, challenge proposé par Céline
.
.
.
.
INDIANA

George Sand

.

L’île Bourbon – la Brie – Paris – L’île Bourbon – vers 1830…

« Par une soirée d’automne pluvieuse et fraîche, trois personnes rêveuses étaient gravement occupées, au fond d’un petit castel de la Brie, à regarder brûler les tisons du foyer et cheminer lentement l’aiguille de la pendule ».

Ainsi sont les premiers mots de l’histoire ; tableau charmant, rural, d’une veillée.
En fait, cela pourrait être la première scène du levé de rideau, acte 1, d’une pièce de Monsieur Molière ou de Monsieur Corneille pour la tragédie. On s’attendrait à lire « Le petit chat est mort ».

Acte 1 – Les personnages se présentent. Nous avons le mari Monsieur Delmare. Ancien soldat, titré, un colonel, l’homme est vieux, violent et jaloux. Il a épousé une jeunette. Il a beaucoup d’ambition pour sa maison. Près de la cheminée, sa femme, au doux nom qui fleure l’exotisme, Indiana. Elle a dix-neuf ans, est belle, douce, porte un regard de mélancolie presque éteint. C’est une figurante qui voit la vie s’échapper. A quoi songe-t-elle ? A l’île Bourbon ? Terre qui l’a vu naître. Près d’elle, se tient le baron Rodolph Brown que l’on nomme Ralph. Il est le cousin d’Indiana. Ce jeune homme de dix ans son aîné, a la prestance rigide. Ses traits sont pourtant beaux, mais son sérieux et son flegme le rendent comme inexistant.
Tristesse, désillusion, attente, temps mort, on se languit…
Vient alors comme un diablotin sortant de sa boîte, Raymond de Ramière. Il a la pétulance d’une jeunesse dorée. Son éloquence due à un esprit fin et lettré fait de lui un jeune « héros des salons éclectiques ». Secrètement, il est le doux ami de Noun, servante et soeur de lait d’Indiana. Elle lui abandonne son cœur et sa vertu.
Secouez le pochon, les acteurs vont se livrer à un chassez-croisez amoureux.

Noun aime Raymond, Raymond aime l’amour. Il a envers elle une reconnaissance, un besoin qui le flatte. Sans être libertin, il se ment à lui même et va mener cette innocente vers l’abîme. Monsieur Delmare aurait aimé être aimer. C’est un homme simple, qui malgré son autoritarisme, aurait pu se laisser attendrir. Ralph, figure de l’égoïsme pour la plupart, veille. Présent pour Indiana, il est à la fois son père, son frère, son ami, son médecin. Il est le ténébreux, le grave, le mystérieux. Quant à Indiana, vertueuse et candide, elle se fane, elle se meurt de ne pas avoir aimé.

Acte 2 – Paris et ses salons, ses bals, la vie est pétillante. C’est aussi un lieu de chasse. Indiana rencontre Raymond ; le chasseur va traquer la biche. Les armes sont des regards, des paroles, une onctuosité dans les gestes, un amour courtois. La vie est à portée d’un baiser. Retraite de la proie, persévérance et hypocrisie du traqueur, le jeu se mène.

Acte3 – Il existe plusieurs amours. Avec sincérité, on peut aimer avec ses sens, son âme, et les deux. Chacun se dévoile, même le portrait de Ralph, recouvert d’une fine baptiste, dans la chambre d’Indiana, raconte au lecteur l’hypothèse d’un sentiment refoulé. Les cœurs sont bridés, corsetés et amidonnés, enclos de préjugés et de carcans de l’époque.
Indiana se réveille.

Acte 4 et final – …  Je vais me taire et vous laisser les découvrir.

Chers amis lecteurs, vous avez dans ce livre un concentré de romantisme. Des amours perdus, des larmes de désespérance, des fuites tragiques, des âmes non comprises. On n’aime pas simplement ce roman, on le vit, on compatit, on s’en amourache.
Si j’ai mis « De Virginie à Indiana » en titre, c’est que Ralph aimait lire le livre « Paul et Virginie » à Indiana.

George Sand a écrit ce premier livre, alors qu’elle venait de s’affranchir d’un mari et d’un amant. Femme libre, elle devient celle que l’on connaît.

Préface de George Sand lors de la première parution du roman en 1842 :

« Ceux qui m’ont lu sans prévention comprennent que j’ai écrit Indiana avec le sentiment non raisonné, il est vrai, mais profond et légitime, de l’injustice et de la barbarie des lois qui régissent encore l’existence de la femme dans le mariage, dans la famille et la société… La guerre sera longue et rude ; mais je ne suis pas le premier, ni le seul, ni le dernier champion d’une si belle cause, et je la défendrai tant qu’il me restera un souffle de vie. »

Beau plaidoyer.

.
.
.
.

Une réflexion au sujet de « De Virginie à Indiana »

  1. Commentaires
    Je ne l’ai toujours pas lu !!!!! mais ça viendra ….. un jour …..
    Commentaire n°1 posté par Sandrine(SD49) le 25/10/2010 à 07h43

    Bonjour Sandrine, tu a été matinale ce matin. J’ai mes ados qui dorment encore.
    Pour Indiana, n’hésite pas ! C’est un classique qui a du chien ! A l’image de celle qui l’a écrit.
    Je te souhaite une bonne journée.
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 25/10/2010 à 09h01
    Ton billet est splendide ! J’adore la manière dont tu l’as organisé.
    Et tu me donnes terriblement envie de lire ce roman. J’adore ce genre d’histoire de chassez-croisez amoureux dans des salons du XIXème !
    Commentaire n°2 posté par Céline le 26/10/2010 à 09h38

    Oups ! J’ai fait une grosse faute !! Chassez- croisez…
    Merci Céline, ça m’encourage pour les autres.
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 26/10/2010 à 09h57
    Indiana est dans ma PAL. Il faut juste que je l’en sorte…
    Commentaire n°3 posté par Sharon le 26/10/2010 à 21h59

    Et dépoussière le ! Il en vaut le coup… Bonne nuit…
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 26/10/2010 à 22h47
    J’arrive j’arrive
    Alors voici une belle présentation, et je constate que tu as été bien sensible à ce Ralph que je trouve un peu tristounet !je trouve Raymond bien plus séduisant dans son rôle de mauvais garçon !!! mais c’est ton côté romantique et mon côté décadent !! La photo que tu as mise n’est pas un portrait de Sand mais une représentation d’Indiana ! Elle s’est en effet beaucoup inspiré de sa vie avec ce bon vieux Casimir ! et le roman de Bernardin de Saint-Pierre en fut aussi une source d’inspiration.. il faudrait que je le lise d’ailleurs !!! bref !!! bravo bravo !!!
    Commentaire n°4 posté par George le 06/11/2010 à 09h17

    Alors MERCI.
    Pour Ralph, j’aime les hommes timides. Te rends-tu compte qu’il était prêt à se trucider lorsqu’il pense à tord qu’Indiana est morte ! Et il se suicide pas n’importe comment… Il veut faire hara-kiri à sa gorge. Et puis son côté, je ne te calcule pas mais je bave d’amour pour toi… Ouille, ça parle à mon coeur. Midinette à l’extrême !
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 06/11/2010 à 16h28
    si tu aimes les hommes timides tu devrais aimer aussi « Lucrezia Floriani », le personnage masculin est inspiré par Chopin !!!! j’adore ta sensibilité amoureuse !!!!
    Commentaire n°5 posté par George le 06/11/2010 à 19h05

    Et encore… je ne t’ai pas raconté comment j’ai rencontré mon mari !
    Timides mais pas timorés. Ombrageux plutôt. Je vais aller voir Lucrezia…
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 06/11/2010 à 20h12
    je veux tout savoir maintenant !!! c’est malin ça !!!
    Commentaire n°6 posté par George le 06/11/2010 à 20h19

    Je ferai un billet l’année prochaine pour nos 20 ans de mariage. Tu me le rappelleras…
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 06/11/2010 à 20h28

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s