Quand nous étions orphelins

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Quand nous étions orphelins
Kazuo Ishiguro

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Londres, 1923-1930
Christopher Banks est jeune, beau, brillant, et depuis toujours son ambition a été de devenir détective. Mais à l’âge des introspections, il décèle en lui une cassure qui le ronge. Il retourne alors à Shanghai à l’époque de son enfance…
Il y avait ses parents, Akira son ami japonais, oncle Philippe… Il était Puffin, le petit chéri de sa maman. Et le drame. Un jour, son père disparaît, puis c’est au tour de sa mère. Pris en charge par l’administration, il doit repartir en Angleterre, immédiatement. Le monde bouge, le marché économique, le trafic de l’opium, tout est en équilibre…

Londres, 1937.
Il a adopté Jennifer, une petite orpheline. Il revoit Sarah, une connaissance, une fille un peu secrète qui aux débuts de leur rencontre l’avait snobé. Sarah part à Shanghai avec son mari et il décide de retourner là-bas.

Shanghai, 1937.
Commence alors l’enquête ou plutôt la quête obsédante de retrouver ses parents.

Plus qu’une enquête policière, ce roman retrace un désespoir. L’enfant, devenu grand, cherche la vérité. Le désordre règne, nous sommes à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, les canons crachent, les japonais sont très proches. Christopher sait qu’il reverra sa famille, espère et remue l’indolence bureaucratique.

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Cette très belle histoire semble dire : On est tous orphelins de quelque chose.

Je vous cite un passage du livre. Christopher se rappelle sa mère à travers sept photographies, seuls souvenirs.

 » Que ma mère fût « belle », c’était là un fait que j’acceptais, de manière entièrement dépassionnée, tout au long de mon enfance…Chaque fois que je regarde maintenant les photographies qui me restent d’elle… elle me fait l’effet  d’une beauté dans la tradition ancienne, victorienne. De nos jours, on dirait peut-être d’elle qu’elle a « grande allure »… son maintien est assurément plein d’élégance, presque raide, voire un peu hautain ; mais je retrouve cette douceur dans ses yeux que je me rappelle si bien. »

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Klimt

Avez-vous vu le film « La Comtesse Blanche » de James Ivory ? Cela se passe à Shanghai vers 1930. C’est superbe !
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Une réflexion au sujet de « Quand nous étions orphelins »

  1. Commentaires
    donc si j’ai bien compris il faut que je remette la main sur ce roman très rapidement… as-tu lu « auprès de moi toujours » ??? j’ai beaucoup aimé ce roman futuriste certes mais magique aussi !!!!
    et non je n’ai pas vu ce film de Ivory, je me demande bien pourquoi d’ailleurs !!!
    Commentaire n°1 posté par George le 14/10/2010 à 10h00

    Madame Do me l’a passé. Donc, sa lecture est dans mes objectifs…
    Pour le film, j’ai dû le voir 3 ou 4 fois. Tout est beau, les acteurs, l’histoire, la couleur des images, les cadrages, les silences, les regards…
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 14/10/2010 à 10h29
    Je n’ai pas vu le film non plus, mais je le note tout de suite sur ma liste à voir!
    Je trouve que le titre que tu donnes à ce billet est très beau et très bien choisi. J’ai lu ce livre récemment, et j’ai été assez troublée. Il est effectivement merveilleusement bien écrit, en particulier les passages où il parle de son enfance.
    Mais je n’ai pas du tout aimé le personnage, et sa quête m’a vraiment destabilisée, car je n’arrivais pas à croire à tout, sans me convaincre qu’il ne fallait croire à rien… C’était bizarre…
    Comme George, je te conseille « Auprès de moi toujours », un chef d’oeuvre !
    Commentaire n°2 posté par Céline le 14/10/2010 à 15h28

    Bonsoir Céline,
    C’est incroyable ! J’ai ressenti moi aussi une bizarrerie dans le livre. Je ne l’ai pas spécifiée dans mon billet car je ne trouvais aucune tournure pour l’expliquer. C’est un sentiment que je n’arrive pas à définir. J’ai essayé de décortiquer le livre. Le début, rien à redire, le milieu, aussi, mais vers la fin… Ce n’est pas la quête des parents qui me chagrine, mais plutôt l’enchaînement des évènements ; sa rencontre avec Akira, son départ brusque de Shanghai, pour se retrouver brusquement dans les années 50. Bref, ce que je veux dire c’est comme si on avait misé sur un bon cheval qui termine toquard.
    En résumé, ne pas se fier à mon délire, j’ai beaucoup aimé !
    Bonne nuit…
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 14/10/2010 à 18h54
    Je pense que le narrateur est fou, et qu’on est à l’intérieur de son esprit.
    Quand il est à Shangaï, tout ce qui se passe est complètement improbable, et je pense qu’il s’agit de ses fantasmes.
    Si tu veux, je développe plus dans mon billet: http://leblogbleu.over-blog.net/article-kazuo-ishiguro-quand-nous-etions-orphelins-45807400.html
    Commentaire n°3 posté par Céline le 15/10/2010 à 12h10

    Malheur ! Je n’avais pas envisagé cet angle. J’en parlerai avec des amies qui l’ont lu. Tu sais, je suis assez crédule ! Je crois aux fées, au Père Noël… donc je n’ai été surprise de rien ! Je vais lire ton billet… Merci.

    Après recherches…
    J’ai lu des blogs qui parlent du livre et je t’incite à le faire, si tu as le temps. Personne ne parle d’une éventuelle folie ou d’un voyage mental. Le séjour, la quête de ses parents, les évènements, tout paraît concret.
    Ton analyse est très intéressante, elle suggère une manipulation très fine de l’auteur pour ses lecteurs. Nous sommes peut-être passés à côté de la vraie noirceur de l’histoire. Si c’est le cas… chapeau Mademoiselle !
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 15/10/2010 à 14h40
    Intéressant ce billet, intrigant aussi! Et j’aime beaucoup cette oeuvre de Klimt! Par contre je ne connais pas ce film, il faut que je répare cela…
    Commentaire n°4 posté par Sabbio le 17/10/2010 à 19h27

    Le film est magnifique.
    Réponse de thelecturesetmacarons.over-blog.com le 17/10/2010 à 19h55

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